Quand on vous dit que Bordeaux est une ville qui pète, faut se l'imaginer de l'intérieur. On vous parle d'un village avec une densité d'acheteurs de disque, de caves et de têtes blondes prêtes à claquer ses euros le samedi soir pas loin d'être exceptionnelle. Fatalement, il faut bien les nourrir avec de la musique et des événements. Fatalement, il faut des groupes pour cuisiner la soupe. C'est peut-être pour ça que Bordeaux est la seule ville de France qui a une Rock School (Barbey) comme dans School of Rock.
Avec son éternelle Mairie de droite (coucou Juppé) et son budget culturel presque intégralement consacré à l'entretien du Grand Theâtre, Bordeaux est aussi un terreau idéal pour le chiendent DIY: les orga de concert en herbe, ils ont la rage. Niveau lieux, pensez le Jimmy, le Zoobizarre devenu l'Heretic, le 4Sans récemment réduit en poussière, le Sonart, une Athénée Libertaire toujours active (si, si), le BT59, l'I-Boat, le Café Pompier, et j'en oublie; niveaux labels, c'est en vrac Vicious Circle, Platinum, les Potagers Natures, Wwilko et on en passe des dizaines. Mais le pire, c'est les groupes, qui pullulent comme la peste: on pense en vrac à Tender Forever, Calc, Kim, Friction, Mars Red Sky, Pull et Calc, Gangpol und Mit, Déjà Mort ,Year Of No Light et donc Aerôflôt, dont il est question aujourd'hui.
Dans les parages depuis une petite éternité, ce quatuor guitare-batterie-synthé-synthé aime Suicide, les échos à bande et les langues étrangères. Nommé d'après la seule compagnie aérienne du monde à vendre des billets Paris-Tôkyô pour le prix d'un dîner chez Isami, Aerôflôt enchaîne depuis un petit moment les mastodontes post punk-post-hardcore-doom-noise-garage-truc avec une classe internationale et a dépassé depuis des lustres le statut de gloire locale (leur album précédent leur a fait faire le tour du monde).
Sur le nouveau Santa Muerte qui sort sur l'excellent Head Records (le label de Pneu, Morse ou Verdun), ils pensent très fort aux Mexique (un peu comme NLF3 il y a deux ans, mais en plus concon) et ils nous font penser à notre tour à Wire, Fugazi, Gang of Four et Oneida, c'est dire si c'est riche, c'est dire si c'est bien.
S'il y a un truc qu'on sait faire en France, c'est soigner nos vétérans. Laurent Garnier signe sur Ed Banger, Jean-Michel Jarre est adoubé par la bande Dirty et
Commençons avec un peu de vie de bureau, si vous voulez bien. Il se trouve que Clément Mathon vient de mater le
Je ne sais pas vous, mais pour ma part, écouter Daniel Johnston a toujours été l'occasion de jouer à un jeu fantastique, qui m'a souvent permis de dessiner une frontière entre le bon disque et le disque anececdotique. Caché en effet derrière une plastique souvent grossière et un trai tremblant, Johnston a pourtant écrit des chansons à fendre votre petit coeur de dur-à-cuir, et acouché d'une lecture hantée des symboles de la culture mainstream américaine (superhéros, personnages de cartoon...).