Au début t'as trouvé ça louche, dégueu sur les bords. Cette pochette sado-sataniste, ces allusions pédo-porno, ces leads flippants, ce nom étrange. Mais t'y es revenu. C'était malsain mais inévitable. Ça puait la Mosel Bier mais t'as reniflé quand même. Ça sonnait comme un duo glauque entre Alan Vega et Donna Summer, et t'as commencé à aimer ça. T'as fermé les yeux et t'as vu un clip tourné par Gaspard Noé starring Francis Heaulme. T'avais mis un pied chez Scorpion Violente, et c'était trop tard pour revenir. Ce soir, tu peux assouvir tes instincts violents en allant les écouter au Point FMR.
Guillaume Loiret
.Scorpion Violente: Si Satan avait un synthé
Guillaume Loiret
Humanist Records fait son Festival
Guillaume Loiret
Comment s'occuper entre Sonic Protest et Villette Sonique, en attendant que le printemps arrive et que Nadine Morano ne soit plus qu'un mauvais souvenir ?
À Paris et Dijon c'est tout trouvé : se faire une ou plusieurs des 12 dates du Humanist Records Festival. C'est la troisième édition de ce petit festoche indé monté en dehors des heures de boulot et dont The Drone est partenaire.
Crash Course in Science au Point Ephemère
Guillaume Loiret
C'est marrant quand même, l'histoire de la musique. T'as des groupes qui font un album chiant par an depuis 30 ans, d'autres qui n'en finissent plus de devenir chiants à force de vouloir prouver quelque chose, et d'autres encore qui ont sorti un seul disque cultissime qui a fait leur réputation pour l'éternité.
Cette dans cette dernière catégorie – avec évidemment ça, ça et ça - qu'on trouvera Crash Course in Science, expérimentateurs new-wave-indus de génie qui jouent depuis 1979 les mêmes 10 titres répartis
Atelier méditerranée: La bulle du son
Guillaume Loiret
Pêle-mêle sur une table : des synthés et des boîtes à rythmes qui ont bien vécu, des micros, des câbles, des pédales d'effets. Autour: un nuage de gosses qui veulent tout essayer, mais ont du mal à rester concentrés plus de dix minutes. En bout de table, des ordinateurs et une table de mixage. Audrey prend un micro, elle psalmodie le même refrain depuis plusieurs jours, Julien tient une ligne de basse inquiétante au clavier, on ajoute un rythme inventé la veille par Jibril.
Le MOFO a 10 ans
Guillaume Loiret
Il y a déjà 10 ans, les frérots Herman Düne lançaient à Mains d’Oeuvres un petit festoche bien DIY et indé comme on aime. Lou Barlow, Acid Mother Temple, Duchess Says, Antilles… rien de commun entre les 250 groupes qui y ont joué depuis 2002, sinon un esprit “motherfucker” et un majeur bien tendu à l’adresse des majors, d’Hadopi, et des festivals d’été qui programment tous les mêmes groupes.
Cette année, c’est pareil, en pire. Anti-folk, expé, punk psyché, électro, shoegaze cracra, il y en a pour toutes les chapelles. Et comme dans une grande boîte de nuit de province, on peut même choisir son ambiance musicale.
Kim Jong-Il le dictateur pop
Guillaume Loiret
En Corée du Nord, Michaël Jackson est un illustre inconnu, la radio et le métro diffusent en boucle des hymnes révolutionnaires, et il n’y a pas de clubs pour bouger sa graisse (on apprend toutes ces choses, et bien d’autres, sur le blog rigolo du Guardian Pyongyang goes Pop).
Pourtant, ce n’est pas faute d’avoir eu un leader mélomane : feu Kim Jong-Il était une fine oreille doublée d’un compositeur d’opéras. C’est en tout cas ce qu’il faut croire à la lecture de sa notice “Le dirigeant Kim Jong-Il, génie de la littérature et des arts“, disponible en français sur l’excellent site de propagande Naenara. Jong-Il en aurait ainsi écrit et dirigé plusieurs, mais attention pas n’importe lesquels : des opéras révolutionnaires, œuvres lyriques mélangeant des influences de l’opéra classique chinois, des chants traditionnels coréens pangchang (chant hors-scène) et les meilleurs passages de la doctrine socialiste de son paternel Kim Il-Sung (doctrine du juche). Par contre, le site Naenara évite curieusement de parler des ravages de la dynastie Kim, au pouvoir à Pyongyang depuis 1972 : famine, culte du chef, goulag et terreur policière.
The Ballad of Genesis and Lady Jaye
Guillaume Loiret
Au début des années 2000, Genesis P. Orridge s’installe à Brooklyn avec sa femme, Lady Jaye (Jacqueline Breyer), artiste et dominatrice SM de profession.
Ils décident de faire de leur union une performance longue et irréversible : la pandrogynie, ou transformation de l’un en l’autre et inversement, à grands coups de scalpels.
Pour le dire autrement, Genesis et sa compagne débutent une série d’opérations de chirurgie plastique afin de se ressembler trait pour trait.
Ils proposent à la réalisatrice Marie Losier de filmer le processus.
The Dreams: Interview
Guillaume Loiret
Dans la famille de la Grande Triple Alliance (collectif rapiécé de groupes de Strasbourg, de Bruxelles, et d’ailleurs, dont Feeling of Love et Cheveu), je voudrais… Armelle et Nafi, le couple qui se cache derrière la dark-wave sublime et inquiétante de The Dreams.
Leur recette n’est disponible dans aucun bon manuel de cuisine, alors sachez apprécier l’exclusivité : une guitare qui cisaille et des voix désoeuvrées sur des dubs accélérés à la Trojan. Le résultat évoque bien Sonic Youth, Suicide, The Slits, ou un vieux Cure qui serait né en Jamaïque, mais le son de The Dreams est surtout un truc très particulier, du punk bancal, du blues tordu, chaleureux et glacial à la fois.