Baio: Sunburn Modern

De la musique qui ressemble beaucoup à 2012.

02.07.2012, par

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Je vous poste toujours le clip, parce que je trouve qu'il ressemble beaucoup à 2012, aux filles qui lisent Grazia et aux garçons qui lisent GQ, aux bars de Stockholm, à la terrasse du Wanderlust dont on interdit l'accès au Parisien moyen et dont on a pas le droit de filmer les murs sans autorisation signée de l'architecte quand bien même on en impose la vue aux gens qui passent tous les jours devant, en métro, à pattes ou en voiture. On y voit un mannequin en plastique enfiler un short en jean, se badigeonner le corps de crème solaire et allumer un musicien new-yorkais mais personne dans les commentaires de la page youtube du clip ne trouve ça louche, personne sur internet ne pense à Kraftwerk et aux choses terribles qu'ils annonçaient quand ils chantaient The Model et Showroom Dummies. Il me semblait pourtant que Vampire Weekend invoquaient beaucoup la satire sociale dans leurs chansons? Qu'ils se moquaient volontiers des enfants de petits-bourgeois new-yorkais qui s'exhilent à Long Island les weekends au milieu de l'été? Y aurait-il une bonne âme pour m'expliquer l'usage du mot "modern" dans le titre du morceau?



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Commentaires
1
02.07.2012 par Jean Calin :
Non mais le morceau est efficace, et dans le bon sens du terme. Le problème c'est que résider à Paris en ce moment n'aide pas à l'apprécier. Il faudrait pouvoir l'écouter sur une plage du sud de la France soleil couchant complétement pété avec tout ses copains, en tapant dans ses mains collantes de mojito et de transpiration festive. Même si aujourd'hui ça va, trop de gris dans ce putain de nord, trop de graphistes en fixie, trop de terrasse wanderlustienne (enfin quelqu'un qui chie dessus merci ce lieu est une honte plus jamais ça), trop d'uniformité vestimentaire, trop de faces de pains sucés, trop de superficialité estivale, trop de sudiste dépressif (coucou) , trop de trop. Tout ça pour dire que j'adhère à la neutralité déceptive de cette chronique. Et le clip = beurkbeurk.
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Il y a de l'ouragan tropical dans l'air.
02.07.2012,
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Bien sûr tout le monde a déjà bossé avec Lee "Scratch" Perry, y compris Andrew WK, les Beastie Boys ou Sasha Grey, et on ne peut pas vraiment dire que la musique moderne en soit jamais vraiment sortie grandie. En même temps, c'est comme pour les clips à la Die Antwoord, personne l'oblige.

Dans le cas de The Orb (et au contraire de, disons, Peaking Lights), il ne viendrait à l'esprit d'aucun mélomane d'accuser Alex Paterson et Thomas Fehlmann de céder aux sirènes de la mode: le dub fait partie au moins pour un tiers du code génétique du groupe de Paterson depuis la première milliseconde de sa création, et l'on sait les sublimes mutations que Fehlmann a fait subir au genre sur ses disques solo (tous formidables, dude).  Surtout, on parle de plus qu'un featuring en passant pour faire joli sur MTV puisqueThe Observer in the Star House, qui sort en septembre dans tous les formats possibles et imaginables, est un album entier chanté par l'Upsetter dans son intégralité.

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The Orb ft. Lee Scratch Perry
Hold Me Upsetter
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De la techno premier de la classe mais super belle et super incarnée.
02.07.2012,
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Pour une raison qui nous échappe plutôt, les albums qui paraissent sur Ostgut Ton nous semblent par exemple tous émerger d'un endroit de soif et de passion plutôt que de ce lounge d'aéroport vulgaire et mal décoré où les DJs pressés bricolent à la va-vite des kilomètres de tech-house sans vie pour vendre leurs services un peu plus cher aux boîtes de nuit. La faute au Berghain et au Panorama Bar, ce double haut-lieu devenu iconique de la dance qu'on prend au sérieux et dont le label est une émanation? Ou serait-ce que ses moines-soldats Marcel Dettmann et Ben Klock prennent effectivement tellement à coeur l'objet techno que leurs disques nous mettent à terre jusque dans leur dogme et leur sévérité? Une chose est sûre, le fabuleux One de Ben Klock rend tous les disques qui sortent sur Ostgut Ton un peu meilleurs qu'ils ne le sont en vérité. Mais du moment qu'un maxi fait battre le coeur un peu plus vite, on se fiche bien de savoir s'il faut mettre en cause la joliesse des nappes ou la couleur du macaron.

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Barker & Baumecker
Analogical
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Où il est question de Las Vegas, de déchets radioactifs et de l'essence compliquée de la vérité.
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En tant que grouillots glâneurs d'Internet, filmeurs et monteurs d'images et, par intermittence, journalistes, on doit dire que ça nous intéresse beaucoup: qui ose encore, dix-huit après la mort de Debord, des décennies de dissipation de l'éthique des cultural studies et le recours systématique au storytelling dans la prise de parole politique, interroger encore ce que l'on fait aux faits quand on prétend les livrer en l'état malgré l'écriture, le montage, l'anglage, la réflexion?

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