C'était l'autre jour, sur mon feed Facebook: je tombe sur le post d'un confrère qui pose la question, très sérieusement, de la méthode à suivre pour juger un bon DJ et le différencier d'un mauvais, parce que bon, quand même, un disc-jockey "c'est juste un type qui passe des disques, quoi".
Bien sûr, mon coeur n'a fait qu'un tour et je n'ai pas pu m'empêcher de prendre part à l'oripeau de débat qui s'esquissait laborieusement dans les commentaires, y allant de mon indignation, de mes liens wikipedia et de mes harangues un peu méprisantes sur la culture disco, house et techno qu'on n'a de cesse d'assassiner depuis qu'un petit groupe de gays new-yorkais a décidé de se réunir dans un loft pour danser ensemble sur du rock ou de la musique soul.
Mais bon, le confrère en question étant prêt à soutenir mordicus que tel morceau d'U.R. aurait pu être enregistré par son neveu de 5 ans, j'ai rapidement compris que je m'époumonais probablement tout seul dans mon coin.
Mon voeu officiel de ce matin est donc le suivant: que ce garçon, dont je ne doute pas une seule seconde que le rapport à la musique soit passionnel à 97%, tombe par hasard, pourquoi pas à l'anniversaire d'une copine un peu bonne qu'il aimerait bien impressionner, sur ce remix du premier grand groupe vocal garage de la house britannique par le premier grand remixer de l'histoire de la dance music et qu'il voie la lumière, intégralement, tout d'un coup, sur le breakdown de boîte à rythmes qui arrive autour de la onzième minute, et que son épiphanie prenne la forme, dans son esprit, d'une pluie chaude et argentée qui arrose les vieilles croûtes de ses idées arrêtées, les gorge de bonheur et les fasse muter à tout jamais.
Pour info, ce remix inédit sortira en maxi à la fin du mois sur Strut, en annonce d'une formidable compilation thématique sur laquelle on reviendra très bientôt en détails (et en musique).
Bang The Party: Bang Bang You're Mine (Tom Moulton Edit)
Le premier grand groupe vocal garage de la house britannique remixé par le premier grand remixer de l'histoire.
Best Coast : The Only Place
Clément Mathon
Il suffit de passer 24h à Los Angeles pour se rendre compte que la Ca-li-for-nie que nous vend la petite Bethany Cosentino, morceau après morceau, n'est qu'un doux songe auquel elle est peut-être encore la seule à croire.
Un Los Angeles lumineux et bleu azur, dont la route bordant Malibu Beach, qu'elle cruse en décapotable dans ce nouveau clip, offre un point de vue formidable sur le Pacifique Nord, dont le passe-temps préféré est le surf et le squattage de private pools comme en 63, un Los Angeles faiseur et défaiseur de rêves où Kenneth Anger et Dennis Hopper fûment encore des joints sur le strip...
David Byrne & St. Vincent: Love This Giant
Clément Mathon
Coucou Annie! On a vu que tu y étais parvenue! Tu dois en voir du beau monde désormais, et tu dois en rencontrer des stars. Après, je t'avoue qu'on comprend pas vraiment ce que tu fous avec le vieux.
On a lu qu'il avait un groupe indie à l'époque qui avait pas mal buzzé, mais t'as plus besoin de ça toi Annie. Là c'est carrément pas cool.
Et puis c'est quoi ce machin à la machoire? C'est lui qui t'a fait ça?
Que tu bouffes des capodastres pour faire de jolies chansons, ok, mais pour sortir ce Love This Giant, c'est vraiment pas la peine. En plus avec le Brass Band, ça ressemble au rock français qu'on peut lire dans les magazines chez nous et qu'on peut entendre dans les émissions spécialisées sur la musique. Après, c'est vrai que c'est pour un truc de charité (on a toujours su que tu avais un coeur gros comme ça). Enfin bref, les goûts et les couleurs...
En tout cas, on a vu que tu faisais une tournée entière aux states. C'est cool, mais fais attention sur la route. Et dis à David qu'on te quitte pas des yeux, si y te touche, on l'éclate.
xoxoxo
Jean Piché: Heliograms
Olivier Lamm
Longtemps enfoui sous une foultitude d'autres incunables oubliés de la musique synthétique du début des 80s, Heliograms se distingue d'abord par ses attributs techniques (à l'époque) rutilants puisqu'il fut conçu sur quelques-unes des stations de recherche synthétique numérique les plus avancées de son temps: la Samson Box de Peter Samson et le système POD de Barry Truax, deux machines barbares super tricardes à utiliser et boostées au nec plus ultra de l'informatique de l'époque.