What's new du côté de chez Sensate Focus ? On vous à déjà parlé de ce sous-label de Mego qui, avec Mark Fell comme seul vrai maître à bord, continue son avancée dans la house music chirurgicale découpée au scalpel. Le projet n'était pas une réelle suprise: Mego et Mark Fell en particulier n'ont jamais cachés leur attache quasi-religieuse pour une production musicale algorithmico-scientifique guindée (je vous laisse aller lire les descriptions des albums de Mark Fell sur le site de Mego, les non-initiés passeront rapidement leur chemin). Le neuf donc, c'est un nouvel EP et un nouveau compagnon de jeux: Sasu Ripatti, qui lui aussi de son côté, mêle depuis longtemps la house à ses ambiances sonores bizarroïdes (voir son audacieux et précurseur Vocalcity sous le nom de Luomo sortie en 2000).
Blog
Sensate Focus: 1.6
Clément Ibagne
Patrick Vian: Oreknock
Olivier Lamm
De la difficulté de trouver sa voie quand on est fils d'un grand Monsieur, blah blah blah. Comme son patronyme l'indique, Patrick Vian est le fils de Boris, écrivain adoré, songwriter essentiel, chroniqueur-trompettiste-passeur de jazz swing et Dieu jamais oublié de Saint-Germain-des-Prés.
Né au milieu de la Guerre, orphelin de son père dès 1959, Patrick est le contraire d'un enfant de la balle même si Jean-Paul Sartre, via l'affection qu'il portait à sa mère Michelle, le soutint en poussant Red Noise, son premier groupe (catalogué "pre-punk" par internet) dans les revues de l'époque. Ainsi quand il parle aux médias français aujourd'hui, c'est pour évoquer les plats préférés de Papa, Jacques Prévert qui picole à la fenêtre, Sartre qui signe des pa
KFMH: Crushed
Olivier Lamm
Que les connaisseurs nous pardonnent, on a été très long à la détente pour vous parler de ce vrai beau événement qu'est le premier album officiel de Kyle Hall.
La raison en est à la fois simple et compliquée: on aime plutôt bien la musique de ce wonder kid de Detroit, on suit volontiers ses activités de musicien et les actualités de son label Wild Oats; mais vie-sur-internet oblige, on est aussi passablement saoulés par les cotes délirantes des artisans house de Detroit dès qu'ils sont sociopathes (=ils sont encore sur myspace), qu'ils font des maxis lo-fi (=ils enregistrent leurs morceaux comme des cochons) et qu'ils sont adoubés soit par Omar S, soit Theo Parrish, soit les deux.
Ty Segall: Sleeper
Clément Mathon
Vous ne l'aviez pas vu venir celle-là! Ben nous non plus. La maison mère de Ty Segall, Drag City, nous annonce pourtant la suite de Twins sorti en septembre dernier, pour le 20 août 2013. Teaser Serge:
Holden: Renata (Daphni Remix)
Olivier Lamm
"Holden remixé par Daphni": on a même pas honte de l'écrire, on a fretillé à plusieurs extrémités à la simple lecture des deux noms dans la même phrase.
Rappelons rapidement les faits pour nous justifier de cette fan-béatitude: James Holden est actuellement en pleine prépa préliminaire de la sortie de son très attendu deuxième album, le grandiose The Inheritors (qu'on dit grandiose en connaissance de cause, on l'a grâce à une bonne amie) quand le Canadien Dan Snaith continuer de cruiser tranquillement au-dessus des nuages, en état de grâce mérité depuis la sortie de l'album plus ou moins définitif de Daphni.
Lucy & Speedy J : Zeitgeber
Clément Ibagne
Souvenez vous, il y a quelque mois on vous parlait de cette collaboration technoïde entre le jeune pousse Blawan et le vénérable Surgeon avec Trade, où l'apprenti rencontrait le maître dans un obscur maelstrom de beats tapageurs et de distinction. Eh bien, Zeitgeber c'est un peu la même chose et en high level: Lucy, boss de Stroboscopic Artefact, qui s'acoquine avec Speedy J, vétéran des années 90.
Grand trublion techno, contemporain d'Unit Moebius, depuis le début des années 90 et ses premières sortie chez Plus 8 ou Warp, le Hollandais n'a jamais quitté son petit bonhomme de chemin, précédé pas mal de modes et surtout bousculé plusieurs fois ses propres petites habitudes. La première fois, c'était en 1997, avec Public Energy No
Issakidis: Karezza
Olivier Lamm
Combien sont-ils, dans la house française, à avoir fait muter la French Touch sans la renier? Ici, on les compte sur les doigts de la main: I:Cube, Jackson, Krikor, Pépé Bradock... Et puis le grand Georges Issakidis. Affilié à la scène par ses amitiés (les gens du Pulp et de Kill the DJ) et sa collaboration dans The Micronauts avec Christophe Monnier, auto-posté sur sur la touche pour son amour du matos rare et des logiciels de pointe, "le plus grand excentrique de la scène électronique française" (dixit cette bio) fait surtout partie des plus farouches inventeurs de formes de notre exception culturelle électronique. A la fois savant, virilement indus et irresistiblement lascif, plein de funk et de matières instables, son midtempo gris-coloré parade exactement à mi-chemin de Moroder et Autechre. La seule rançon de cette merveilleuse singularité musicale élaborée loin des modes et des banquets, c'est sa rareté.
Dirty Beaches: Drifters / Love is the Devil
Olivier Lamm
On pourrait dire que toute la musique de Dirty Beaches tient dans une moue. Pour aller tout de suite à la carte postale, disons que ça serait celle boudeuse, distante et ambiguë de Masatoshi Nagase dans le Mystery Train de Jim Jarmusch, fondation involontaire avec la trogne de Lux Interior des Cramps d'une bonne part de l'imagerie rockabilly contemporaine. Ça a l'air superficiel comme ça (oui, Alex Zhang Hungtai est né à Taipei, oui il a les yeux bridés et les cheveux gominés) mais il se trouve que cette moue est une incarnation idéale du paradoxe esthétique au travail dans la musique du Canadien - et plus si affinités.
Mammane Sani et son orgue: La musique électronique du Niger
Olivier Lamm
Niger + musique folklorique + 70s + musique électronique? Si on a pas là la réédition digger du printemps, je me coupe un doigt. Ressuscité par Christopher Kirkley du blog/label Sahel Sounds, le seul et unique album de Mammane Sanni Abdoulaye est une rareté folle émergée d'un des creusets musicaux les moins connus d'Afrique de l'Ouest.
Enregistré en 1978 dans les locaux de la Radio nationale, "Vol. No. 1" était supposé vanter la vitalité de la musique nigérienne, entre engouement moderniste pour le son synthétique et étendard de la tradition. Derrière leur étrangeté formelle, la plupart des morceaux sont en effet des relectures à l'orgue de divers standards fokloriques des dizaines d'ethnies du pays, des "hymnes pastoraux des gardiens de troupeaux sahéliens" aux "ballades polyphoniques des Wodaabes". La cassette fut repiquée à très peu d'exemplaires mais la musique de Mammane Sanni est vite devenue un trésor national par les airs puisqu'utilisée en jingles ou accompagnements sonores, elle est connue de tous les Nigériens élevés pendant 80. Pendant une courte période, "le grand pianiste" Mammane eut même sa propre émission de télévision, "Mammane Sani et son orgue électronique", qu'on payerait assez cher pour voir un extrait.
12 Years of DFA: Too Old To Be New, Too New To Be Classic.
Clément Ibagne
Ah tiens, c'est l'anniversaire de DFA. Ça tombe bien, ça faisait un moment qu'on avait pas pensé à eux. Ça nous fait nous dire que le label de James Murphy et Jonathan Galkin, si essentiel pour le monde entier il y a quelques années, a fini par devenir cette petite maison dans le paysage qu'on ne voit presque plus mais dont on est heureux de savoir qu'elle s'en ira jamais. Tant pis, tant mieux, le label fête ses 12 ans et a réalisé un chouette documentaire un peu WTF pour l'occasion sur son "Martin Scorsese" de leader, James Murphy. N'attendez pas de ce document une réflexion musicologique, un pitch problématisé ou un travail d'investigation journalistique, le travail de Max Joseph commandité par la RBMA (dont l'énorme party orgiaque se déroule à New-York alors que j'écris ses lignes) se situe plus du côté de l'hagiographie bon enfant et c'est presque une bonne nouvelle. Rapellons simplement que l'histoire retiendra de DFA une armée de nerds faisant s'accoupler les boules à facettes et les guitares, l'hédonisme pour étendard.