Cankun: Culture of Pink

Cankun nous fait voyager des endroits qui n'existent pas. Ecoute intégrale.

25.02.2013, par

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De manière étrange, les paysages de Culture of Pink nous évoquent ainsi plus un rêve des Tropiques noyé dans une pinte de Paulaner qu'une excursion dans les hauteurs de Wallis-et-Futuna. En toute liberté, le Français semble vouloir rejouer le jeu originel de l'exotica, qui parle moins des endroits dont il rêve que de l'endroit d'où il parle; comme une bonne vieille chinoiserie de Martin Denny ou un Blue Lagoon accoudé au comptoir du Harry's Bar, Culture of Pink fait voyager dans des endroits qui n'existent pas.

Dans la mesure où Cankun a jadis sorti une cassette sur Not Not Fun, j'imagine qu'il serait plus pertinent d'aller chercher des explications du côté des oeuvres de 2010 et de leurs exégèses (pop hypnagogique, digimodernisme, tout ça) mais comme Caylet ne fait plus vraiment dans le lo-fi et dans les auras sépias, on assume:  des grooves de batterie (piqués à Tortoise) aux éruptions de synthés, Culture of Pink sent surtout très fort la marijuana allemande. On le dit comme un compliment. Et pour le skater sur la pochette, on donne notre langue au chat.

.1
Cankun
Agave Sticks
00:05:54
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Cankun
Science Can Help You
00:05:41
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.3
Cankun
Empty Now
00:04:16
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Cankun
Acinom
00:04:53
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Cankun
Save My Day
00:03:45
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Cankun
Why Do You Laugh
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Cankun
Soul Brothers
00:04:50
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Cankun
Swirls, Swirls And Die
00:05:43
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Cankun
Mechanics
00:05:05
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Commentaires
3
25.02.2013 par Exoticon :
Ils l'ont enregistré en 3 jours apres s'être branlés sur les délires noisy exotica de l OST de Max Payne 3 , du groupe Health? c'est drôle comme tout est cyclique de nos jours. A la poubelle direct. ( Et pourtant j'aime l'exotica, j 'aime le noise , j'aime le drone mais la...non . je trouve ça plat et désagréable, prétentieux et approximatif voire brouillon ) Quant à votre lien anachronique avec l'exotica c'est la plus belle connerie qu'on peut lire ici , l'exotica était faite pour être facile à écouter , pour faire fantasmer la ménagère WASP américaine et montrer la qualité de la toute nouvelle stéréo des amplis américains des années 50 dans les showrooms audiophiles... Je ne vois pas tout à fait quel lien on peut trouver avec cette production pseudo expérimentale et pompeuse. La simple idée du " voyage " géographique ne me parraît d'ailleur pas très pertinente et conceptuellement d'une grande pauvreté. C'est comme vouloir faire de la world pour hipster, c'est terrifiant de vanité.
25.02.2013 par Olivier :
C'est un angle, Exoticon, rien de plus. Ce n'est pas "la même chose", l'Histoire ne se répète pas, on y lit seulement une manière similaire d'assumer la rêverie, la reconstitution "naïve" d'un ailleurs sans prendre la peine d'aller voir en détails en quoi il ressemble.
27.03.2013 par totov :
chez exoticon, les 5 premieres lettres sont inutiles...
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Rassurez-vous, ce truc qu'on appelle "deep house" est entre de bonnes mains.
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Leurs noms? Anthony Parasole, Joey Anderson, DJ QU, DJ Jus-Ed (le boss du label Underground Quality) et Fred P, aka Black Jazz Consortium, sorte de parrain de cette house très urbaine typique de la Big Apple du XXIe siècle.

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Non, toutes les porn stars américaines ne sont pas des blanches blondes à forte poitrine. La preuve en graphiques.
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Que vous soyez un consommateur assidu, régulier ou très ponctuel de porno, il y a 98% de chance que la première image qui vous vienne en tête quand on vous demande de visualiser une actrice lambda dans un film soit "une blonde, blanche avec des gros seins".

Titillé par le fond factuel de ce sentiment, le "détective d'idées" compulsif Jon Millward a sorti la grosse artillerie: 10,000 profils démographique et filmographies d'acteurs et actrices (7000 dames, 3000 monsieurs) pêchés sur l'IAFD, IMDB du porn US qui tient à jour les fiches et critiques de plus de 120,000 films et 115,000 profils d'acteurs et actrices. Consciencieusement, il en a extrait data démographiques divers (mensurations, corpulences, origines ethniques et sociales, pratiques) pour en recouper la substantifique moelle et établir en quelques grands traits un portrait plus approchant du porno américain. Vous allez voir, c'est surprenant.

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