Ce que j'ai appris sur les enjeux de genre et de représentation en fréquentant les cercles de musique expérimentale à Paris

Tour d'horizon et témoignages de quelques uns de ses représentants.

18.11.2016, par

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Eliane Radigue (Paris 1971 copyright Aman)

Le 18 octobre dernier, lors d’une interview accordée à Libération à l’occasion de la sortie de son nouvel album, la musicienne Weyes Blood / Natalie Mering fustigeait “la niche avant gardiste, élitiste, classiste et excluante, complètement snob et sous la suprématie de nerds mélomano-patriarcaux et d’hommes en général”. En choisissant ces termes, la musicienne a évoqué publiquement un enjeu qui peine selon moi a être problématisé en France : la question de la sous-représentation des femmes et de l’homogénéité sociale, culturelle et raciale dans le secteur de la musique expérimentale - qu’elle soit savante ou populaire, d'ailleurs. 

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DR

Je partage ce constat. Je vis à Paris, et me définis comme femme et cisgenre. Mon parcours académique et professionnel fait que j’appartiens à une élite, blanche et éduquée - tout en étant à la fois précaire, puisqu’employée principalement en freelance. En parallèle, j’ai un engagement associatif et militant au sein du collectif féministe Brigade du Stupre (avec lequel nous avons initié le cercle de soirées aux line-ups exclusivement féminins et queer Stupra Militia). Depuis mon arrivée à Paris en 2012 je fréquente régulièrement des concerts dans des cercles “alternatifs” (un réseau plutôt dense de personnalités, de salles et de soirées : Non_Jazz, French Deposit, Les Instants Chavirés à Montreuil, les soirées CmptrMthmtcs...). Ces scènes reposent sur des engagements et des partis pris artistiques souvent non-conventionnels. Les artistes qui s’expriment dans ces scènes sont souvent auto-produits ou produits selon des critères et une éthique que l’on pourrait qualifier de do it yourself.

Ces mêmes scènes revendiquent une forme de dissidence intellectuelle, une certaine éthique qui recouvre des réalités pratiques : ainsi les instruments de musiques sont souvent bricolés, distordus et détournés de leur usage habituel ; l’idée de “technicité musicale” n’est pas un critère d’entrée et les personnes qui tissent ce réseau se définissent tantôt musiciens, tantôt artistes, tantôt ni l’un ni l’autre. Pourtant dans ce contexte qui paraîtrait propice à la remise en question d’un certain nombre de hiérarchies, j'ai constaté que ces cercles étaient quasiment uniquement composés d’hommes, majoritairement blancs, et souvent issus des mêmes strates sociales. De mes multiples incursions dans différentes soirées, organisées dans différents lieux, par des programmateurs aux lignes directrices diverses, j'en ai retiré un certain sentiment d’une musique faite par et pour les hommes. 

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S’il est appliqué à ce cercle restreint, ce constat n’en reste pas moins généralisable à d’autres, notamment plus exposés. Il conduit poser plusieurs questions : pourquoi croise-t-on si peu de femmes et de personnes LGBTQ (et non binaires) sur scène, et aux postes stratégiques (programmation, technique) - à Paris ? Quels processus, quelles barrières réelles et symboliques conduisent à l’invisibilisation de ces personnes, et comment y remédier ? Comment expliquer le déficit de représentation des femmes et minorités de genre, dans les musique savantes et populaires ?

Parce qu’il est difficile d’apporter des réponses face à des questions qui adressent des enjeux multiples et témoignent de réalités complexes, mais qu’il est néanmoins fondamental d’en parler pour faire bouger le statu quo, j’ai donné la parole à plusieurs actrices et acteurs de ces scènes que je fréquente. Certain.e.s ont accepté d’y répondre, d’autres non (par manque de temps ou d'envie de s’exprimer sur ces sujets).

La musique expé à Paris : un entre-soi de “bites et de geeks” ?

Dans le contexte parisien, tout le monde semble s’accorder sur le fait que cet enjeu soit réel, particulièrement visible - et que ce milieu constitue majoritairement un entre-soi “de bites et de geeks” comme j’ai pu l’entendre dire : "Evidemment, les femmes sont sous représentées. Il n’y a pas besoins d’être engagé ou particulièrement attentif pour s’en rendre compte. J’ai l’impression que le problème se situe plus au niveau des artistes que du public néanmoins." Line, co-programmatrice de Détail, association toujours en activité ayant organisé des concerts entre Juin 2015 et juillet 2016 à Belleville.

Pour autant ce qui semble être entendu comme une évidence ne semble pas constituer un objet de débat particulièrement controversé : "Je viens de Vancouver où les gens impliqués dans la vie culturelle sont hyper conscients du multiculturalisme, du féminisme et du post-colonialisme. Beaucoup des choix esthétiques y sont liés aux politiques identitaires. Ca peut prendre des proportions assez extrêmes , mais c'est aussi un facteur de progrès. Quand je suis arrivé à Paris j'ai été surpris par le manque absolu de polémique autour de ces sujets". Max, programmateur des soirées Cmptr Mthmtcs.

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collectif Discwoman (NYC)

Et quand le problème est clairement identifié, les interprétations ne sont pas unanimes : "Cette question reflète surtout une situation bien réelle, objectivable : il y a simplement plus de mecs que de “meufs” qui font de la musique, tout court. Si les "meufs" sont sous-représentées c'est que, simplement, elles sont “sous- présentes”. JZ, programmateur des soirées Le Non_Jazz / “En ce qui concerne les femmes artistes, Female Pressure édite sa base de données sur leur site, consultable par tous. Encore faut-il que les femmes artistes se manifestent un peu plus”. Nina Kardec, compositrice de musiques électroniques et DJ.

Poser cette question fait donc rapidement émerger plusieurs présupposés :
- Il y a moins d’artistes femmes, et c’est un donc décalage d’ordre numéraire qui explique leur déficit de représentation.
- Les artistes femmes sont présentes, néanmoins elles sont moins promptes à valoriser leur travail et à revendiquer leur place (donc à se produire et à faire des concerts) - ce qui explique le manque de visibilité, et donc de représentation.

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Réseau FemDex (Vienne) 

Néanmoins, je pense que s’arrêter à ces deux considérations revient à faire l’impasse sur l’ensemble des conditions socio-historiques non favorables à la création féminine. Et il est important de les souligner pour mieux cerner le problème. Concrètement, et pour n’en citer que quelques unes :
- La quasi absence de modèle féminins référents, auxquels s’identifier dans ces scènes (ce qui participe donc de la construction de “mythologies” et des imaginaires très androcentrés).
- L’intériorisation de l’idée de non-légitimité (elle même très genrée) qui fait qu’a priori il est plus difficile pour une fille de se lancer dans la création artistique, surtout en dehors de certains répertoires et registres “consacrés”.
- Le fait que l’usage récurrent de “technologies” dans la création musicale agit parfois comme une barrière à l’entrée.

Au delà de ces considérations, il y a un argument qui émerge plutôt rapidement : “Si il y avaient plus de femmes à des postes décisionnaires (gérantes de club/patronnes de labels/rédactrices musique etc) les choses bougeraient plus je pense”. Nina Kardec. Et pour aller plus loin, “C’est en cet endroit que la responsabilité d’un.e programmateur.rice se situe : en créant un appel d’air, je pense qu’il est possible de rééquilibrer la tendance. Choisir de donner la parole, le micro ou un lieu d’exposition à quelqu’un, c’est ouvrir ou fermer des tribunes, c’est avoir un impact direct avec ce qui est connu et reconnu, c’est donc éminemment politique. Dans le bon sens du terme.” Line (Détail).

Et la réflexion ne s’arrête pas à la seule variable du genre : “Si la foule est principalement mâle, elle est aussi majoritairement blanche, donc il y a vraiment encore pas mal de problème « d’inclusivité » sur lesquels se pencher”. Line (Détail)

 

‘Fuck the boys’ club’ : quelle stratégies pour faire bouger le statu quo ?
 
Soulever ce problème pour questionner un minimum le statu quo est fondamental. Mais ensuite ?
"Dépenser plus d'énergie à trouver des performers appartenant à des minorités serait progressiste. J'essaie de mettre cette idée en pratique, et cette volonté occupe une part de plus en plus importante de ma programmation". Max (cmptr mthmtcs).

Les stratégies pour compenser ce décalage de représentation sont au fond multiples, et difficilement systématisables. Des outils, qui s’inscrivent dans le registre de "l'affirmative action" existent, ils consistent à proposer des objectifs chiffrés en vue d’obtenir une égalité numérique. "Je pense que la parité est un point d’horizon à considérer et que les chiffres permettent de se fixer des objectifs simples, même si le ratio 50- 50 ne veut pas dire grand chose ! Je travaille dans un centre d’art et ce sont des outils qu’on utilise. Après je pense aussi que c’est un travail que chacun doit mener, avec ses propres stratégies.” Line (Détail) / "Je pense que là-dessus les choses ne sont pas encore équilibrées et qu'il faut continuer à faire des soirées à programmation exclusivement meuf. Pour que tout le monde capte que l'équilibre n'est pas inné et que le jour où on ne se posera plus la question c'est qu'elle sera dépassée". Chloé Cholot-Louis (technicienne lumière et vidéo, l’Embobineuse, Marseille).

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Poser la question de la parité, et donc par extension de l’imposition de “quotas” comme c’est le cas dans certaines structures, est une solution ambigüe. Elle rentre en conflit avec beaucoup de démarches de programmation : celles qui visent à privilégier la spontanéité et l’aléatoire des pratiques (donner la chance à tel ou telle artiste de faire son premier concert), ou celles qui prennent en compte les demandes “entrantes” (un.e artiste en tournée qui s’insère dans le calendrier de programmation). "La question de parité est pour moi un faux débat. (...) Imposer une artiste dans une programmation juste parce que c'est une femme - et non pas à cause de la qualité de son travail serait une aberration ridicule. Pour autant, La liste d'artistes- femmes ayant joué / ou susceptibles de jouer dans le cadre de mes programmations est quand même assez vaste et éloquente”. JZ (Le Non_Jazz). La question des stratégies est donc ramenée à celle des prises de conscience et des démarches individuelles.

Dès lors les démarches d’ “auto-émancipation” prennent tout leur sens : si les lieux/structures laissent à désirer, il devient intéressant - voire indispensable - de contourner ces barrières pour créer de nouveaux espaces de diffusion et de production. “Depuis 4 ans je constate cet élan venant de tous les continents, d'artistes femmes décidées à prendre leur vie artistique en main en créant des collectifs, des blogs pour être VISIBLES ! Moi même en tant que rédactrice en chef du blog WMN! j'ai pu soutenir des artistes en les interviewant et diffusant un podcast exclusif”. Alice, créatrice de Women Multimedia Network, organisation parisienne d'évènements.

S’organiser en réseau, créer de nouvelles communautés me semble être une approche fondamentale, à l’image des nombreuses initiatives comme HerNoise (UK), female:pressure (UE), FemDex (UE), OpenSignal (USA), DiscWoman (USA), Women Experimental Music, SanturiSafari (Ouganda)....Souvent non-mixtes, ces collectifs et initiatives permettent de stimuler les échanges de point de vue, de savoir-faire et d’expérience : le réseau female:pressure est un catalogue très riche qui regroupe des centaines d’artistes féminines (plus récemment, le réseau FemDex s’est construit sur le même principe). L’agence de booking new yorkaise DiscWoman s’engage quant à elle à représenter et booker des artistes cis, trans et genderqueer - notamment dans le cadre des soirées aux line-up non mixtes “TechnoFeminism”. Au même titre que la parité, la non-mixité est un outil politique d’émancipation : elle n’est pas dirigée contre quiconque, mais bien pour les individu.e.s qui constituent ces cercles - et permet par ailleurs de créer des appels d’air qui nourrissent la qualité des échanges en mixité.



Prendre la peine de poser ces enjeux et de les discuter c’est aussi considérer que ces scènes proposent des possibilités d’affranchissement réelles et puissantes. Que ce sont des lieux propices aux remises en question et aux alternatives : "Pour moi, dans ces milieux à petite échelle les mecs sont plutôt nos alliés, j'espère que les soirée permettent petit à petit que les habitudes de respect se diffusent dans des réseaux plus grands. J'ai plusieurs souvenir de mecs citant après coup des discussions/débats complètement informels autour de questions féministes” . Chloé (L’Embobineuse). Pour faire des mecs des alliés, encore faudrait-il que ceux-ci aient conscience de leurs privilèges. "Choisir la marge comme espace d’ouverture radical” (bell hooks) c’est prendre en compte les relations de pouvoir et de domination qui s’y étendent ; les questions de représentation et d’inclusivité sont donc des enjeux importants si l’on veut réellement proposer des formes esthétiques réellement dissonnantes. Petit à petit il semble que l’idée fait son chemin : en témoigne cette initiative particulièrement bienvenue du label parisien de musiques électroniques expérimentales Hylé Tapes. Le label sortira en début d’année prochaine une compilation rassemblant des artistes femmes cis, trans, et genderqueer - et lance dès à présent un appel à contributions.

+ LECTURES : ARTICLES / ETUDES
* Etude Female : Pressure (2015) sur la représentation homme-femme dans le champ des musiques électronique : lien
+ Cécile Prévost-Thomas et Hyacinthe Ravet, « Musique et genre en sociologie », Clio. Histoire‚ femmes et sociétés [En ligne], 25 | 2007, 25 | 2007, 175-198.

Commentaires
16
18.11.2016 par dodo :
Pas lu, chiant.
18.11.2016 par momo :
Lu, pas chiant.
18.11.2016 par lolo :
Lu, pas chiant. (x2)
18.11.2016 par popo :
Lu, chiant.
18.11.2016 par gogo :
Lu, chiant. (x2)
18.11.2016 par fofo :
Pas lu, pas chiant.
19.11.2016 par The Woman With No Head :
Lu, pas chiant une seule seconde. Sombre petite minorité invisible et actuellement désespérée, cet article m'a vraiment redonné confiance. Merci. Vraiment !
19.11.2016 par lili :
Lu, pas chiant du tout.
20.11.2016 par Toto :
Lu, chiant.
20.11.2016 par POUSSE-TOI !!! :
Parce que tu es dominé, tu ne te domineras pas. Parce que tu es dominé, tu joueras le rôle prévu. Parce que tu es dominé, tu te sentiras libre en cage. Parce que tu es dominé, tu avaleras sans macher. Parce que tu es dominé, tu ne voleras que le nécessaire. Parce que tu es dominé, tu riras pour manger. Parce que tu es dominé, tu donneras ta méfiance. Parce que tu es dominé, les apparences te suffiront. Parce que tu es dominé, tu profiteras de tout. Parce que tu es dominé, rien ne te sera rendu. Parce que tu es dominé, le chapeau t'ira à ravir Parce que tu es dominé, une image vaudra 1000 maux. Parce que tu es dominé, tu ne feras pas de ton mieux. Parce que tu es dominé, tu pourras toujours rêver.
23.11.2016 par Coco :
Merci pour cet article ! Le sujet me tient à coeur, étant aussi une femme (cis-genre et blanche) amatrice de ces concerts. Je voulais ajouter quelques impressions. J'ai été au Non_Jazz avant que ça porte ce nom, j'ai fréquenté des tas de salles qui n'existent plus (générale de Belleville, Miroiterie, et même Moonstar love), bref ça fait 13 ans que je fréquente la scène expérimentale. Et je trouve qu'il y a du mieux ! Certes, on est encore loin d'une grande mixité. Mais quand il y a beaucoup de monde, il y a beaucoup de femmes (je pense qu'il y avait 60/40% dans le public du dernier Non_Jazz). Et les stéréotypes féminins tendent à s'estomper. Il y a 10 ans, il y avait seulement des copines des mecs du public et des musiciens: toutes très mignonnes, jeunes, avec un look faussement négligé très travaillé, maquillage "naturel", pas un cheveu blanc, surcils épilés, etc. Il n'y avait pas que la couleur de peau qui manquait de diversité. Je fréquente aussi les concerts de métal, et c'est le même genre d'évolution. Il y a 10 ans, c'étaient 100% de filles très maquillées, gothiques, sexy, en noir. Ça passait à 99 % quand j'y allais… Maintenant il y a toujours moins de femmes que d'hommes mais ça augmente ! Et il y a toujours une forte majorité qui se ressemble, mais on n'est plus à 100% et c'est déjà bien ! On peut s'habiller dans un concert de métal ou du Non_Jazz à peu près n'importe comment sans que ce soit un événement. Mais ce n'est pas tout ! On voit quelques hommes et femmes pas blancs du tout trainer dans le public. Maintenant, aux Instants Chavirés, je pense qu'il y a toujours trois non caucasiens (soit environ 4% du public, tout de même !) Il y a quelques années, c'était tellement rare que je me souviens d'un lourdeau bourré qui essayait de draguer LA femme noire qui avait passé la porte, en lui demandant ce qu'elle faisait là (puisque manifestement c'était extrêmement étrange). Elle n'est jamais revenue. Mais heureusement, d'autres sont venu-e-s, avec des potes… Maintenant c'est passé de "événement sans précédent" à "minoritaire". On voit quelques couples gay, quelques genres ambigus, quelques mecs qui, s'ils sont cis-genre, font tout pour ne pas en avoir l'air. Là encore, c'est rare mais ça arrive. Sur scène, quand il y a des femmes ce n'est pas un événement. Dans un groupe comme Headwar, par exemple, il y a deux hommes et deux femmes qui jouent tous comme des bourrins, se mettent à poil (indifféremment selon leur sexe), s'aspergent de bière et rigolent bien. On est tout aussi loin des groupes de punk exclusivement masculins que des riot girls, on est heureusement passés à autre chose. J'ai vu quelques artistes français non-blancs, beaucoup d'américain-e-s not-white mais aussi plein de japonais-e-s, notamment grâce à l'influence de Bimbo Tower. J'ai pu découvrir en concert une artiste femme, noire et lesbienne (Petra Pied de Biche à l'espace B pour Chanson Française Dégénérée). Ah, et aussi une trans singapourienne qui jouait de la noise (Mecanation au Centre Barbara pour Sonic Protest). Bon, là j'ai pas mieux. Tous ces exemples mis bout à bout, ça commence quand même à ressembler de moins en moins à une réunion du Ku Klux Klan. Je pense que pour toute évolution progressiste, il faut deux types de mouvements. • L'un, assez radical, qui permet de prendre conscience des problèmes par un choc, de faire des avancées ponctuelles importantes, etc. Les exemples que vous avancez entrent dans cette catégorie (parité parfaite, non-mixité, etc). Ils se situent à la marge et n'intéressent pas toujours le reste du monde. Je n'insinue pas qu'ils ne sont pas importants, évidemment. • L'autre, que vous n'avez pas mentionné et qui est moins spectaculaire, est constitué de milliers de petites avancées. C'est un milieu assez homogène mais qui évolue. Et les organisateurs de concert, s'ils ne sont pas volontaristes, ne sont pas hermétiques non plus. Ils se fichent que l'artiste soit un homme blanc, ils programment volontiers des personnes différentes quand ils entendent un son qui leur plaît. Et petit à petit le public évolue aussi. En gros, en parallèle du droit à l'égalité il y a le droit à n'en avoir rien à foutre qui avance... ce qui fait du bien aussi puisqu'on n'est pas dans une situation d'injustice flagrante, puisqu'il n'y a pas de refus à l'entrée des salles ou de sélection du son au faciès.
25.11.2016 par turlututu :
prout prout l'article
29.11.2016 par Dragon polaire :
Hommage des épargné(e)s aux monstres : ils-elles se fardent le mieux possible pour être appétissant(e)s dans la fosse.
26.12.2016 par moesgaard :
Merci à coco qui remonte le niveau pitoyable des commentaires postés ici
26.12.2016 par turlututu :
A la bonne heure, avec Stephane Bern.
28.12.2016 par LaCouilleEtLePâté :
Sérieusement, ça me dégoutterai presque de voir ce genre d'article. Je pensais la musique loin de tout ces problèmes et considérations à la con, et puis je me rend compte que même jusqu'à ma passion on vient me faire chier avec ça, c'est quand même hallucinant. Si y a pas de femmes qui font de la musique, c'est pas une question de discrimination bon sang, elles prennent leur guitare et elles se bougent le cul, point. C'est vraiment ridicule d'accuser quiconque, si vous faites de la bonne musique, vous serez représentées, si c'est pas le cas et que vous vous contentez de dire "c'est pas notre faute c'est les autres" sans bouger votre cul, les choses vont pas changer. Je prendrai l'exemple de Puce Mary, qui fait de l'expérimentation et qui est hautement reconnu dans ce milieu, et peu importe sa chatte bon sang. Arrêté de vouloir genrer tout et n'importe quoi, la musique n'a pas de sexe, encore moins celle là.
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