On connaît tous plus ou moins Don Preston sans le savoir. Présence vitale au sein des Mothers of Invention première période, c'est lui qui joue du Moog et des notes compliqués dans la plupart des disques de Zappa entre 1966 et 1974 et qu'on peut voir, moitié chauve, moitié chevelu plaquer des accords de Rhodes très dissonnants dans la vidéo ci-dessous.
Les fans d'Uncle Meat, The Grand Wazooou Waka Jawaka savent à quel point le gros héritage jazz et free jazz de ce pianiste de formation et dieu du solo de Mini-Moog élevé par Yuseff Lateef, Paul Bley et Charlie Haden fut essentiel dans l'évolution des Mothers et des idées de plus en plus longues de Zappa.
Hors notre moderniste à poils longs n'oeuvrait pas seulement pour la mutation du rock et du jazz. Dès le milieu des années 60, il bricolait sur un synthétiseur modulaire de sa conception des pièces minimales et évolutives sous l'influence de Berio, Stockhausen ou Tod Dockstader. A peu près à ce moment, il devint ami intime et collaborateur officieux de Robert Moog.
Son oeuvre purement électronique demeure pourtant minoritaire et méconnue dans une carrière principalement consacrée à l'avant-garde post hippie (il fut notamment directeur musical pour l'Ensemble de Meredith Monk). Spécialiste des coups inattendus, le label belge Sub Rosa exhume plusieurs de ces pièces de l'oubli et les publie pour la première fois en disque et c'est pour ainsi dire un choc: le gars manipulait les matières encore incandescentes de la musique concrète (grincements, bourdons, frottements, appel d'air) avec une verdeur et une dextérité étonnante, même pour un hippie installé à 10 km de Berkeley et du laboratoire de Don Buchla.
On vous fait écouter un extrait de la première de 1967, sobrement intitulée Electronic Music.
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En attendant leur concert à la Villette Sonique, leur nouvel album très compliqué en écoute.
16.04.2012, Clément Mathon
Nous n'attendons pas que le hip hop soit sauvé, et encore moins par une major. Leur absence totale de capacité à sentir les bons coups, et c'est pas nous qui le disons, c'est Diplo dans notre interview, a fait les choux gras par exemple de Mad Decent, mais aussi de l'industrie indépendante ces 20 dernières années. A se demander ce qu'a pris le D.A. chez Epic ( qu'on salue au passage) qui a décidé de sortir mardi prochain la nouvelle mélasse imbitable de Death Grips, The Money Store.
Le premier album du projet salace de Steve Moore sort enfin. Ecoute intégrale.
16.04.2012, Olivier Lamm
Lovelock, c'est un peu l'exutoire salace de Steve Moore, le coup de zoom sur cet endroit longtemps secret de son cerveau où notre prog head notoire pour son fétichisme aigu pour John Carpenter, Goblin et les synthétiseurs analogiques américains caresse des culs de déesse en même temps que les souvenirs les moins avouables de sa jeunesse sonique: l'italo disco vraiment crado, le disco funk qu'écoutait votre cousin de Caen et les génériques metal FM synthétiques de séries télé signés Jan Hammer ou Mike Post. J'espère que les allergiques au Grand Revival Permanent incrustré dans toutes les fibres de notre temps ont déjà quitté la pièce, parce que la nostalgie de Moore est, à l'instar de celles d'Ed DMX de DMX Krew ou Alden Tyrell, du genre coriace et concentré.
Un docu sur le DIY et l'indie à tendance sombre et heavy, à découvrir par exemple une bière à la main.
13.04.2012, Olivier Lamm
Esprit éternel du DIY, dans quel repli caché est-tu parti te nicher à l'ère de l'omniscient MP3?
C'est à cette question épineuse que s'est frotté le réalisateur Kenneth Thomas, fan d'indie à tendance sombre et heavy et de barbouilleries post-hardcore arty pour son documentaire Blood, Sweat and Vinyl.
Fruit de 5 années d'enquêtes, de shoots de concerts et de soirées arrosées à la bière, le film se concentre sur trois labels hyper emblématiques du circuit rock souterrain (Neurot, Constellation et Hydra Head) et les groupes engagés jusqu'au cou qui leur servent de tête de proue (Neurosis, Godspeed You Black Emperor!, Isis, Oxbow...)
Partie prenante de leur art et de leurs méthodes, le tourneur français Kongfuzi organise une série de petits raouts aux quatre coins de la France pour mater le film dans les meilleurs conditions possible, c'est-à-dire avec du bon son et une tireuse de bière à proximité.
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