Ekoplekz : Dromilly Vale

Ekoplekz aime autant Delia Derbyshire que 808 State et on vous fait écouter ce que ça donne.

21.02.2012, par

Dans la forêt des petites maisons de disques zarbies qui ont émergé des provinces britanniques ces deux, trois dernières années, Public Information est à la fois l’une des plus insaisissables et des plus précises.

Clairement dans l’air du temps, le label (vaguement affilié à Warp, il nous semble) hésite entre synth underground contemporain (ADR ou la moitié de Gatekeeper, No UFO’s) et early electronics hanté (l’anthologie indispensable de F.C. Judd, le Michel Chevalet de la musique concrète britannique), à tel point qu’on ne sait plus vraiment s’il regarde encore vers le futur ou s’il est obnubilé par le passé. Enfin bref, Public Information erre dans le même trou de ver que Trunk ou Mordant Music, et sans être aussi indispensable, il fait le job plutôt très bien.

Droit dans ses bottes hantologiques, le label débauche aujourd’hui Ekoplekz, électronicien old-school adepte du bidouillage à la mano et pierre angulaire de Mordant, et ça tombe tellement sous le sens qu’on applaudit des deux mains.

Edité à 300 petits exemplaires, Dromilly Vale est un bon gros gloubigoulga analogique bien gras qui s’éloigne encore un peu plus de la scène dubstep locale (sans faire vraiment partie de la bande Punch Drunk, Ekoplekz ne lui tourne pas non plus le dos et joue à l’occasion avec Bassclef sous le nom d’Ekoclef) pour se rapprocher un peu plus des ancêtres du BBC Radiophonic Workshop: le premier morceau du maxi est un hommage explicite à Dick Mills.

On vous propose un écoute exclusive du gros morceau de la face B, une belle folie synthétique sans âge qui semble autant tombée d’une bande inédite de Delia Derbyshire que d’un vieux jam de 808 State.

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Ekoplekz
Jugglin' Fer Jesus
00:04:17
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La moitié cachée de Hype Williams sort un truc.
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J’avoue direct être pas mal circonspect quant au cas Hype Williams (le duo de musique électronique super lo-fi et super spliffée qui a sorti trois maxis pas mal controversés, pas la star actuelle du clip rap).

Dean Blunt et Inga Copeland ont beau jouer le mystère hypanogico-slacker mieux que 95% de leurs contemporains (le torchon sur la tête, respect éternel) et avoir pondu le plus chouette rond central de maxi de ces trois dernières années, leur musique jusqu’ici volontairement pauvre, brumeuse et désincarnée nous semble plus ressembler à un vieux relent early Tricky-esque squelettique (le swag de branleur en plus) qu’au futur de la bass music.

Mais Kode9 n’est apparemment pas du même avis que nous et sort bientôt leur premier LP sur Hyperdub, le joliment titré/artworké/emballé Black is Beautiful.

En attendant la mi-avri, Dean Blunt vient de lâcher 30 minutes de musique inédite via soundcloud, dont le contenu insondable et stressant va du collage incertain au songwriting caverneux à la R. Stevie Moore, avec ce je-ne-sais-quoi de soul en plus. Un peu incrédules, un peu curieux, on relaie la chose et on attend l’album.

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Chad VanGaalen & Xiu Xiu: Green Corridor Series #2

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A l’initiative du label allemand Altin Village, les Green Corridor Series sont des split EP censés réunir des génies musicaux contemporains pour former une oeuvre finale en quatre parties, à la fois sonore et graphique.

Le premier volume était sorti il y a deux ans avec Oneida et Pterodactil et le second réunissant Chad VanGaalen et Xiu Xiu sortira le 17 mars. L’intégralité du EP est en écoute ici.

Il y a 9 inédits de Chadou, soit un nouvel album balancé comme ça en douce l’air de rien, enregistré dans sa cave à Calgary. Le titre Weighed Sin, en écoute plus bas, nous a tellement mis la chialerie que nous étions au bord de la fugue irraisonnée vers les grandes plaines pour vivre de chasse et de pêche. Mais le titre de Xiu Xiu nous a tellement interloqué qu’on a laissé tomber la location du camping-car.

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Klaus Nomi : The Nomi Song

Un excellent documentaire sur le freak le plus énigmatique de la new-wave.
17.02.2012,
Olivier Lamm

Si dans votre esprit, Klaus Nomi se limite à la formule “Lower East Side + Purcell + tenue de cosmonaute + mort du SIDA” et qu’il a un gros point d’interrogation en noir et blanc qui lévite au-dessus de la tête, alors ce documentaire est fait pour vous.

Petit gnome passionné par Dada et l’opéra qu’aucun professeur de chant lyrique ne prit jamais au sérieux, l’Allemand reste à la fois comme l’épitomé esthétique de la new-wave, sa figure la plus stylisée, la plus ambiguë et la plus deadly serious.

Il était si étrange, en fait, que même ses camarades de jeu (dont Bowie, qui a été jusqu’à lui piquer sa tenue de scène) le tenaient pour un irrécupérable freak.

Réalisé en 2004 par Andrew Horn, ce documentaire bourré à craquer d’archives incroyables est passionnant.

Il n’était plus visible online depuis un moment mais une bonne âme vient de le re-téleverser. Ruez vous donc tant qu’il est dispo.

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