Faust: Ist Faust Schön?

Documentaire sur l'étrange et culte groupe krautrock amateur de bétonnières.

le 15 décembre 2010, par Thomas Rozec

Sacré chantier que le groupe Faust.

Outre la vanne facile (les bétonnières, tronçonneuses et autres marteaux-piqueurs font depuis longtemps partie de son arsenal), la complexité et l’importance de Faust en font définitivement un sujet lourd à porter. Aussi, on ne peut que saluer le courage de Julien Perrin, documentariste français, collaborateur de nos collègues de Gonzaï et auteur de la remarquée série Single Collection. Il y a deux ans, il a en effet décidé de suivre le groupe et d’en illustrer la persistance, 30 ans après ses débuts, au travers de son film Ist Faust Schön?, qui sort en DVD en février prochain chez Acid Cobra Records.

Avant toute chose, un peu d’histoire, parce que tout ça n’est pas simple.

Faust, ce sont d’abord trois personnes: Werner Diermaier, Hans Joachim Irmler et Jean-Hervé Péron. En 1971, à Wümme, en Allemagne de l’Ouest, avec Rudolf Sosna, Gunther Wüsthoff et Arnulf Meifert, ils forment Faust. Sorti en pleine vague krautrock, leurs premiers albums, Faust et Faust So Far, en font immédiatement des pointures du genre.

Cela dit, le groupe se démarque d’emblée par un positionnement intellectuel dadaïste et des aspirations bruitistes qui l’amènent à être plus facilement classé du côté des expériences d’avant-garde que des simples formations rock.

On vous passe les détails, que les plus curieux trouveront par eux-même, et l’on se contentera de pointer deux éléments incontournables. Tout d’abord, l’album essentiel du groupe: Faust IV. Un monument.

Ensuite, l’embrouillamini qui a fini de perdre définitivement tous les fans: il y a eu deux Faust. Au gré des incompatibilités d’humeurs, Irmler, Diermaier et Péron se sont séparés et reformés à de nombreuses reprises. Peu enclins à abandonner le projet dont ils étaient tous les géniteurs, ils ont trouvé le moyen de faire vivre deux groupes en parallèle: l’un mené par Diermaier et Irmler, l’autre par Péron, aidé des membres d’Ulan Bator, puis rejoint par Diermaier. Irmler a, de son côté, mis fin à son Faust courant 2010. Vous avez saisi le truc ?

D’où des concerts concomitants, des albums quasi simultanés et surtout une grosse prise de tête pour tous ceux qui découvraient Faust à l’aube des 00′s. D’ailleurs, toute cette histoire, Julien Perrin la raconte très bien sur son blog, alors si vous n’avez rien compris, n’hésitez pas à aller y prendre des cours de ratrappage.

Pour en revenir au film, il en existe un trailer, visible ci-dessous. Notez, enfin, que le DVD sera accompagné de la captation d’un live où Faust (lequel, on ne sait plus très bien) joue l’intégralité de ses trois premiers albums pour la première et dernière fois.

Commentaires
2
le 15 décembre 2010 par vandenbussche :
Ils sont tellement inventifs .En plus il y en a pour tous les goûts ? Krafwerk, Neü,Faust ,Can ,Guru ,Popol Vuh ect ....
le 08 février 2011 par Nom Julien :
Bien le merci pour cette annonce! Pour infos, un extrait du live fourni avec le film "Ist FAUST Schön?" est visible ici: http://www.dailymotion.com/video/xca8ys_faust-live-a-lyon_music Krautrockement votre.
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Agent Side Grinder

Jamais Cold Wave n'a aussi bien porté son nom.
le 15 décembre 2010,
Clément Mathon

Allez, je vous les fais toutes juste pour rire: “une vague de froid venue de Suède”, “un chanteur charismatique au dessus duquel plane le fantôme de Ian Curtis”, “le chainon manquant entre Suicide et Cabaret Voltaire”, “un vent de poésie nihiliste dans ce monde de brutes”, “comme si la voix mélancolique de Dave Gahan embrassait les synthés givrés des Cure de la grande époque”.

Plus sérieusement: formés en 2008 à Stockholm, on doit à ces cinq Suédois, très largement on le devine imprégnés des références sus-citées, deux albums sortis sur le label néerlandais Enfants Terribles. Les voici de retour avec un nouvel opus qui sort en février prochain, Irish Recording Tape. Et on aura le temps d’en reparler.

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Radius System: Feed Feed Connect

Un extrait du prochain - et toujours aussi joyeux - album du duo französich post-hardcore.
le 15 décembre 2010,
Adrien Gaboulaud

Grégory Hoepffner est un touche à tout. Graphiste dans la vie, il enregistre des disques (L’Homme Puma, RQTN, Jin Baker, entre autres), joue de la basse dans un groupe de post-hardcore très méchant (Time To Burn), tape sur une batterie façon math-rock dans un autre (Dawnshape) ou encore chante un hommage au rock des 90′s dans un troisième (Brighton). Dans Radius System, il fait tout ça à la fois.

Radius System, c’est le triomphe absolu du bricolage.  Accompagné d’Axel Dallou, Grégory a commencé en bidouillant des sons chez lui, avec peu de matériel et beaucoup de contraintes. Ainsi est né, en 2005, Work In Progress, album au titre on ne peut plus explicite. Radius System est un temps devenu un vrai groupe, histoire de se frotter à la scène. L’aventure a tourné court, faute de moyens scéniques et d’ambitions un peu larges. C’est que Radius System se veut aussi un projet visuel. Ainsi Escape/Restart, sorti en 2008 et toujours disponible gratuitement, a-t-il été accompagné de plusieurs teasers vidéo, basés sur les huit visuels qui accompagnent les huit morceaux de l’album.

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Radius System
Feed Feed Connect
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Pan European Recording: Mort Pour La France

Le label psyché français fait sa compile qui sent la sapin... de noël. Ecoute!
le 14 décembre 2010,
Clément Mathon

Mort Pour la France: c’est le nom qu’a choisi le label psyché parisien, Pan European Recording (également organisateur des soirées du même nom), pour le deuxième volet de sa compilation Voyage. Autant dire un pitch plutôt réjouissant, et pour le moins ambitieux, pour cette sortie très bleu/blanc/rouge, dont nous avons réussi à obtenir 8 des 14 morceaux en écoute.

Dans la bouche du co-fondateur du label, Arthur Peschaud, également bassiste de Turzi, ça donne ça: “Si j’ai choisi une image guerrière (Mort pour la France) pour illustrer Voyage 2, parallèle aux monuments aux morts qui parsèment notre territoire, c’est que je considère tous ces musiciens comme des héros modernes. Ce disque est un monument qui leur est dédié car c’est dans notre société un véritable combat que de vouer sa vie, sans retour possible, à son art, à sa musique. Et si bien sûr, les artistes de Voyage 2 ne sont pas morts -loin de là, cette notion de non-retour, de non-conformisme, fait de la plupart des artistes des gens en marge, hors société, « morts » pour le système. Ce sont à mes yeux les nouveaux romantiques, des personnages de romans, des exemples d’abnégation et de courage.”

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