Zappa au panthéon des Great American Composers entre John Cage et Charles Ives, c'est une plaisanterie à laquelle même les Residents n'auraient pas osé penser. Le Papa du Grand Wazoo est bien sûr tombé dedans la musique savante tout petit en achetant des greatest hits de Varèse et Webern et considérait sans doute sa collaboration avec Boulez et l'Ensemble Intercontemporain comme un petit pinacle personnel, mais de là à le canoniser comme le fait le zappaophile chilien Carlos Hagen pionnier de la Modernité américaine, il y a un seuil franchi qui aurait sans doute déclenché une belle hilarité et un torrent de punchlines chez l'ami Frankie.
Il faut préciser que le Hagen dont on parle a croisé la route de Zappa en 63, des lustres avant la moustache et les Mothers of Invention. Tout frais émoulu du lycée, Zappa galèrait alors à devenir un petit Phil Spector et finançait lui-même des recitals pour faire jouer les partitions qu'il grattait le soir sous l'influence des pontes de l'avant-garde qui faisait battre son petit coeur (les Kagel, Stockhausen & co.) en parallèle des 45 tours de Johnny Guitar Watson. Bon, en fait, il en organisa un seul et c'est ce moment pas tout à fait charnière mais d'autant plus exceptionnel de rareté de sa carrière qu'on vous propose d'écouter aujourd'hui: Carlos Hagen était dans les parages pour enregistrer le concert pour une diffusion en primetime sur KPFK, une radio underground locale, et il n'en a pas manqué une miette. Dixit un entretien de Zappa de 1992:
"Actually, the first time I had any of it [“serious” music] performed was at Mount St. Mary’s College in 1962. I spent $300 and got together a college orchestra, and I put on this little concert. Maybe less than a hundred people showed up for it, but the thing was actually taped and broadcast by KPFK. (...) By the time I graduated from high school in ‘58, I still hadn’t written any rock and roll songs, although I had a little rock and roll band in my senior year. I didn’t write any rock and roll stuff until I was in my 20s. All the music writing that I was doing was either chamber music or orchestral, and none of it ever got played until this concert at Mount St. Mary’s."
Le (long) blabla introductif est signé Hagen, qui a retrouvé la bande de son enregistrement en 1999 et en a fait cadeau au Zappa Family Trust.
A signaler pour les amateurs (et les acharnés): le disque se télécharge ici.
Et le programme, à imaginer imprimé sur une petite feuille de papier beige:
The Original Concert Program
MOUNT ST. MARY'S COLLEGE DEPARTMENT OF MUSIC
presents
THE EXPERIMENTAL MUSIC OF FRANK ZAPPA
Sunday, May 19, 1963 8:30 p.m.
Little Theater, Mount St. Mary's College
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Program
I. Variables II for Orchestra II. Variables I for Any Five Instruments
Intermission
III. Opus 5, for Four Orchestras IV. Rehearsalism V. Three Pieces of Visual Music with Jazz Group
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Tu peux trembler, Hydre Disney, un gars a samplé tes dessins animés.
30.05.2012, Olivier Lamm
On retourne dans les bas-fonds petit bourgeois de L.A. pour vous parler de Jonwayne, beatmaker-rappeur roux-poilu affilié à la scène abletongeek'n'beats'n'weed locale (eh, on espère qu'elle sera reprise celle-là) dont on n'avait jusqu'ici jamais écouté la moindre prod ni la moindre mixtape (le gars est pourtant pas avare en liens mediafire).
Et si on doit être complètement honnête, la raison de notre passage à l'acte est moins due à la musique (sympa) qu'on peut entendre sur cette petite crotte gratos qu'à son emballage qui, en d'autres temps, d'autres lieux auraient sans doute faite plus de bruit que la minuscule onde de choc qu'il ne manquera pas de provoquer dans les 12 heures qui suivent sur 17 walls Facebook et 9 forums plus ou moins spécialisés.
Une Aude à la K7 dans la broc de la semaine avec Rosemary’s Babies, Judas Priest, Eddie And The Hot Rods.
30.05.2012, Les Disques Brocantes
Il fait chaud, très chaud, trop chaud. La brocante est longue, très longue, trop longue. C’est au Vergeroux (17), 500 exposants, le mode Bear Grylls est lancé. Je fais souvent des survival brocantes le dimanche, luttant contre la gueule de bois. Là je lutte contre les conditions climatiques, la foule et le fameux slalom de gens en brocante, une compétition qui n’est pas reconnue à sa juste valeur.
Première rangée, un couple anglophone et trois piles de vinyles avec du Sigue Sigue Sputnik, du Dexys Midnight Runners et du Roxy Music. A 2€ et en excellent état conrtairement aux deux autres, je réserve Flesh And Blood et le récupèrerais au retour.
La suite de la brocante sera une ode au old school, la K7. Je me suis remis à en acheter depuis une visite à Emmaüs qui m’a conduit à acheter pour 1€ deux Nick Cave & The Bad Seeds, la bande originale d’Indiana Jones et la Dernière Croisade, Les Rosemary’s Babies, Judas Priest… Je continue à fouiller les stands et à l’un d’eux une K7 retient mon attention : Welcome To The Beautiful Southde The Beautiful South. 50cts ? Deal.
Charmant petit nom pour ces Napolitains qui chantent la Camorra.
29.05.2012, Marie Hamoneau
Entre trois-quatre menaces de mort et un Grand prix du jury à Cannes en 2008 pour l'adaptation de son best seller Gomorra par Matteo Garonne (également primé cette année), l'écrivain et journaliste Roberto Saviano continue de s'intéresser à la Camorra d'aussi près que sa protection policière le permet. Dans un récent article paru dans la Repubblica, il nous fait découvrir ces artistes napolitains qui chantent la vie de leur principal public : les camorristes. Trois heures passées sur Youtube plus tard, on vous a dégoté de jolis clips, et regretté de ne pas avoir choisi Italien en LV3.
On les appelle les chanteurs néomélodiques (neomelodici en italien). Sous la coquille italo-variétoche, leurs textes décrivent le quotidien de la mafia. A la limite de l'apologie, ces chansons se portent témoins de la vie à Naples, entre violence et misère. Les membres de la pègre, hommes en cavale et femmes de fugitifs y sont sacralisés et les valeurs de la Camorra sont vant&e
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