John Maus, notre lecteur de French Theory favori, s'apprête à sortir une compilation de seize morceaux inédits ou rares sur le label Ribbon Music. Cette petite anthologie se pose comme la conclusion de ses onze dernières années passées à peaufiner sa vision synthétique et idiosyncrasique de la pop, devenue particulièrement fameuse après le succès d'estime émouvant de We Must Become The Pitiless Censors Of Ourselves. Depuis, l'Américain a souvent déclaré tourner le dos à ses tentatives de pacification pop pour ouvrir les bras à l'héritage des avant-gardes académiques du 20ème siècle (de l'Ecole de Vienne à Stockhausen) et retourner sereinement à ses premières amours expérimentales.
La plupart des titres d'A Collection of Rarities and Previously Unreleased Material sont déjà apparus sur des compilations ou ont été postés par John Maus lui-même sous le titre "Demos 2011", mais tous ont été remasterisés pour l'occasion.
En attendant la sortie du disque en juillet, deux titres sont d'ores et déjà en écoute : "Mental Breakdown" et "No Title (Molly)", qu'on avait pu découvrir à l'occasion du Record Store Day dans un FlexiDisc Zine. On pourrait bien sûr supposer que la Molly dont il est question est Molly Nilsson, charmante chanteuse qui accompagnait Maus sur son joli "Hey Moon"; vu l'agitation du garçon, il y a de fortes chances qu'il s'agisse plutôt d'un leurre, ou d'un palimpseste dont la couche élémentaire serait la Molly Bloom de l'Ulysse de Joyce (vous savez, celle qui se masturbe pendant 40 pages à la fin, là).
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John Maus
Mental Breakdown (2004)
00:04:52
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John Maus
No Title (Molly) (2008)
00:03:17
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Retour au DIY pour le mignon Dntel. Deux morceaux en écoute.
18.05.2012,
Olivier Lamm
De la dure condition de l'indie kid au coeur pur arraché à l'obscurité malgré lui.
Le pauvre Jimmy Tamborello n'avait pourtant pas choisi la musique la plus fastoche pour prendre le pouvoir dans les jardins secrets de nuées de gamins sensibles aux quatre coins de la suburbia américaine: une electronica poppy et grésillante, chargée en belles matières mais volontiers mollassonne, seulement dopée aux ascensions pastelles de la première génération shoegaze pour faire pousser l'émotion de gré ou de force chez les lecteurs de Dave Eggers. Bref, l'Amérique hip et mélancolique dans toute sa splendeur, à qui on en veut un peu, beaucoup, passionnément d'avoir dilué la violence esthétique des premiers soldats der la rupture lo-fi (en gros, tout ce qui sortait sur Drag City ou K entre 1990 et 1998) pour en faire le nouvel establishment sentimental.
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Dntel
Jitters
00:04:11
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Dntel
Bright Night
00:04:18
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Le faiseur le plus doué de la bass music US fait un mix plutôt finaud.
17.05.2012,
Olivier Lamm
Machinedrum est-il un escroc? Comme quelques-un de ses collègues de la Branche américaine de la bass music, ce petit vétéran de ce qu'on appellait autrefois l'electronica a retourné sa veste tellement de fois qu'on lui a longtemps prêté l'apparat d'un faiseur: parcours trop éclectique pour être honnête, disques par dizaines, déménagement tardif à Berlin... Et pour ce qui concerne précisément cet ensemble de particularismes esthétiques britannique que l'on range sous le chapiteau du garage continuum, on avoue froncer encore plus fort les sourcils dès qu'un citoyen né hors du Commonwealth fait semblant de prendre l'accent.
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Chuck Brown vient de mourir, on se réédite.
17.05.2012,
Olivier Lamm
Né au coeur des 70s dans un maelstrom de corps, d'idées et de contradictions pas si éloigné de ceux qui ont vu naître le disco et le hip-hop à New York et la house à Chicago, le Go Go est avec le hardcore école Minor Threat ou Bad Brains la deuxième fierté pop locale de Washington DC.
Intronisé par une poignée de soul brothers particulièrement chauds du slip (Black Heat, le guitariste Chuck Brown et ses Soul Searchers, The Young Senators, Trouble Band/Trouble Funk), ce sous-genre bientôt transformé en Ecole du funk à part en entière s'est distingué au fil des décennies par un petit ensemble d'idiosyncrasies formelles difficile à repérer au premier coup d'oreille: rythmes riches, usage extensif des percussions du type bébé congas, incorporation progressive des boîtes à rythmes et des basslines synthétiques bientôt omniprésentes dans le hip-hop et l'électro...
Chris Blackwell s'est penché très tôt sur le cas des groupes les plus incandescents de la scène (Trouble Funk, Experience Unlimited, Hot Cold & Sweat...) pour les signer sur Island et 4th & Broadway et le destin du genre s'est vu lié de manière de plus en plus inextricable avec celui du hip-hop, des premiers jours (Trouble Funk en feat. avec Afrika Bambaataa) jusqu'au cas d'école Dj Kool.
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