LHF : Keepers of the Light

Un collectif londonien qui ravive la flamme du dubstep pour les garçons.

09.02.2012, par

Dans le petit monde de la Bass Music britannique, recevoir l’aval du blogger Martin Clark revient un peu à être adoubé par le Pape ou à faire un clef de bras au Final Boss de l’Internet.

Soutenus à 100% par Monsieur Blackdown et signés sur son excellent label Keysound (qui a peu ou prou sorti les trois meilleurs albums siglés dubstep en 2012, ceux de LV & Josh Idehen, Damu et Sully), les petits gars encagoulés du collectif LHF sont passés en deux maxis de l’ombre au hashtag #dubstep’sgreatesthope. Ils viennent d’annoncer la sortie de leur premier (double) album au printemps et c’est comme si le Messie avait écrit son 06 en lettres de feu dans le ciel.

La question qui vous brûle potentiellement les lèvres est donc: est-ce que ça vaut le coup? Et on a envie de vous répondre: on a envie d’y croire.

Signés Amen Ra, Low Density Matter ou Double Helix, les odyssées en étages des maxis Enter in Silence et The Line Path nous ont limite sortis de l’aphasie post-dubstep et de la dépression post dubstep mainstream US pour nous ramener en douceur à l’excitation des premiers jours du genre, quand les lads en hoodie du South London hésitaient encore entre two-step pupute et charpentages futuristes darkos.

Ni trop nouveau, ni trop rétro, le syncrétisme de la bande LHF ressemble à une sorte de back to basics malin, pas intégriste pour autant, teinté d’une belle envie d’en découdre avec la tradition: intégration de samples à la Horsepower Productions, riffs de trompettes synthétiques badass, basses terminator comme dans les maxis de Rufige Kru, clins d’oeil en cascade à l’acid house (le désormais célèbre “Low Density Matter” de Blue Steel contient même un sample de “Hallelujah“, l’hymne Madchester des Happy Mondays) et surtout, surtout, polyrythmies impeccables…

Partout, de Fact à The Quietus, on loue la “pureté” esthétique du projet, tombé tout net du creuset des radios pirate, et pour une fois le fumet fleure vraiment l’authentique, limite label rouge “élevé en plein air dans les ruelles de Croydon”.

Autant vous dire, donc, que la street cred du collectif caracole à pas loin de 100% (comme celles de Burial, Alex Reece ou Oxide & Neutrino en leur temps) et qu’elle sera sans doute moisie dans 6 mois. En attendant, c’est un régal à écouter. Surtout dans le métro.

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