Rappelez-vous 2004, 2005, Brooklyn en haut de l'affiche, les piles de Casio dégueulasses à la place des guitares, Animal Collective qui fait rêver jusqu'aux plus intransigeants des harsh noiseux des capitales autour du monde. Et puis Black Dice, groupe dada, groupe noise fringué en fluo tellement hypé par deux, trois leaders d'opinion du rock (suivez mon regard), qui intrigue jusqu'au public des Strokes et des Yeah Yeah Yeahs. Huit ans plus tard, on est un peu perdu et on pleure souvent, dans ces pages y compris, l'éclectisme forcené qui mine toutes les scènes, de l'indie rock qui se pare de disco funk jusqu'à la techno qui vrombit de bruit. Mais à chaque fois que Black Dice ressort un disque, on frémit devant tant d'intelligence du chaos, de prescience surdouée de l'idiotie, de singularité plastique. Il y a du Paul McCarthy chez ces gens-là.
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Doldrums vs. Black Dice: She is the Wave
Olivier Lamm
The Berg Sans Nipple: Convert The Measurement
Ophélie Livert
Ça peut paraître bizarre à l'époque de Punk'd et des spinoffs indénombrables de Jersey Shore, mais l'un des premiers effets de MTV dans les années qui ont suivi sa création fut de faire muter le statut du clip musical de média promotionnel à celui de tentative éventuellement, ponctuellement/pourquoi pas artistique de proposition audiovisuelle. La définition du terme anglais "music video" sur Urban Dictionary pose bien la paradoxale dualité de l'objet selon qu'il vibrionne devant les yeux des artistes ou des moneymakers: "Usually used as a visual marketing tool to further push sales of an artists song. Also considered mini-movies or short films driven by a musical track."
Dj Dunwich & Renato Lopes : Edit Service 9
Frédéric Gendarme
Après avoir invité tous les artistes de la maison à participer, I'm a Cliché a adressé pour ce neuvième épisode de sa série d'edits mystère une missive en direction du Brésil, à l'intention de Xavier Fabre alias DJ Dunwich. Exilé à Sao Paulo depuis quelques années, cet ex résident au Batofar et organisateur de soirées-jeunes-talents en profite pour s'associer avec Renato Lopes, vieux baron de la scène électronique brésilienne (si l'on en croit les commentaires de sa page Discogs-.
KH: The Track I've Been Playing...
Louis Vial
The Track I've Been Playing That People Keep Asking About and That Joy Used in His RA Mix and Daphni Played on Boiler Room. Ca, c'est le titre entier du nouveau morceau de Four Tet, ou KH pour Kleran Hebden. Après avoir partagé sur son Soundcloud une poignée de morceaux datant de sa carrière de bidouilleur de samples au sein d'un groupe de post-rock, le producteur anglais s'est de nouveau montré généreux en mettant à la disposition de ses fans ce morceau qu'ils lui réclamaient tant, comme son nom l'indique de manière très drôle et explicite (c'était sur son Twitter, mais le lien est mort, pas la peine de se jeter dessus).
TM404: 303 303 303 606
Louis Vial
Le producteur suédois Andreas Tilliander (Lowfour, Mokira...) développe depuis quelques temps un projet qui pourrait paraître particulièrement tête-à-claques à priori: exhiber ses jolis synthés vintage Roland qu'il possède tous en double ou en triple, et faire des morceaux qui en portent les différents noms. A priori seulement, parce qu'une fois qu'on a appuyé sur play, on oublie très vite la tendance très "synth porn" de la démarche du Scandinave.
Kirk Degiorgio: Prelude to Berghain
Olivier Lamm
Parmi la grosse bande de vétérans house que les réseaux ont remis sur le devant de la branchitude, Kirk Degiorgio (aka As One aka Elegy aka etc.) est loin d'être le choix le plus évident. C'est dommage mais un peu prévisible. Dans les années 90 déjà, ce Londonien très classe la jouait largement plus low-profile que ses camarades Detroit freaks (y compris ceux qui faisaient monter les enchères en jouant systématiquement la carte guerrillero anonyme). Surtout, il revendiquait volontiers l'infâmant statut de musicien crossover, jouant sans fard pour les médias frileux l'amoureux de l'art (ses deux labels s'appellent A.R.T. et Op-Art) et du jazz à papa.
Frustration: Uncivilized
Louis Vial
"Ok, soyons clairs : le deuxième album de Frustration sera un des disques français les plus importants de l’année à venir." Merci Born Bad pour cet incipit de communiqué de presse fort enthousiasmant, mais, au risque d'être attendu à la sortie du bureau par un service d'ordre en bottes de moto, on se permet de relever un petit bémol.
En effet, on doute qu'une bande de mecs qui n'ont jamais su choisir entre les Damned et Edith Nylon, et qui rêveraient que les banlieues françaises ressemblent à une chanson de Tai-Luc ou à une BD des Humanoïdes Associés, ne puissent un jour fédérer assez de gens pour être qualifiés de "groupe important". La vérité, c'est que le "rock banlieusard" est mort depuis que la Air Max a remplacé le perfecto, et s'est retourné dans sa tombe à l'arrivée de l'autotune.
Marc Romboy & Ken Ishii: Taiyo
Louis Vial
Pour refaire brièvement les présentations, Ken Ishii est une sorte de taulier de la techno nippone. Il a sorti une flopée de maxis dans les années 90, en très grande partie sur R&S, avant de se concentrer sur le format album et les commandes grandiloquentes comme le thème des Jeux olympiques d'hiver de Nagano. Marc Romboy, lui, a tranquillement fait son chemin dans la dance music depuis son imprononçable fief de Mönchengladbach, en montant plusieurs labels dont Systematic en 2004, qu'il dirige toujours actuellement, et sur lequel sort très bientôt Taiyo, fruit de la collaboration des deux producteurs.
Hip Hop Family Tree, Wild Style part 1
Louis Vial
Avec un touchant sens du détail, Ed Piksor alias Brain Rot continue de publier ses épisodes de Hip Hop Family Tree sur le site Boing Boing. On rappelle brièvement le principe pour ceux qui ne lisent The Drone que depuis qu'ils ont pris quelques bonnes résolutions pour 2013: chaque semaine, une planche de BD retrace l'histoire du hip-hop à travers ses protagonistes et événements majeurs.
Papier jauni au préalable, style élégamment vieillot façon Fat Albert... On ne vous refait pas le topo, mais tout est bien fagoté pour vous mettre dans l'ambiance du uptown New York de l'aube des 80s.
Unknown Mortal Orchestra: II
Louis Vial
Avec un raisonnement qui n'appartient qu'à lui, un pigiste de Pitchfork (ouais, on le lit encore, mais toi aussi) a tenté un rapprochement entre ce "mouvement" communément appelé indie R&B et le premier extrait à tomber deuxième Unknown Mortal Orchestra. Hors comme on a des oreilles, les seuls points communs qu'on a réussi à déceler entre la musique du trio de Portland et les digressions hypo-balbutiantes de la néo-soupe à bonnets Supreme sont les sweats larges et le lunettes de nerd en bois précieux (cf. photo ci-contre).
UMO, dont on vous parle ici pour la première fois avec un peu de culpabilité, est plus simplement une très bonne formation guitare/basse/batterie qui, très loin d'embarasser qui que ce soit devant le difficile exercice du songwriting à ambition érudite et originale, s'est trouvée d'emblée placée dans le haut de ce panier à linge sale qu'on appelle l'indie-pop.