On en a déjà raconté des caisses sur ce magnifique The Lost Tapes de Can, dont nous avons eu en plus l'honneur d'héberger quelques extraits en écoute.
Un coffret d'inédits, et je cite Olivier Lamm "du plus grand groupe de rock allemand de tous les temps".
Blog
CAN : Dead Pigeon Suite
Clément Mathon
Lil B: The 848 Song Based Freestyle Mixtape
Olivier Lamm
La dernière fois qu'on écrivait un truc sur Lil B, c'était pour le principe et la postérité: on tenait surtout à avoir notre notule sur le garçon dans la database. Depuis, on a vu passer une bonne demi-dizaine de mixtapes (dont une la semaine dernière) et un demi millier de ses détournements de memes sur les réseaux sociaux en baillant, et rien n'indiquait qu'on réécrirait un truc à son sujet de sitôt. Mais là, il nous force un peu la main, et quelque me chose me dit que c'est sa manière à lui d'exister dans le post-internet rap game.
Baio: Sunburn Modern
Olivier Lamm
C'est housey, c'est baléarique, c'est estival et ça fait jaser les Parisiens: c'est le premier maxi du bassiste de Vampire Weekend et si vous n'en avez pas encore entendu parler c'est soit que vous êtes vraiment en vacances (donc intégralement et providentiellement AFK), soit que vous vous tenez volontairement à distance des morceaux de musique dès lors qu'ils sont publiés en moyenne 5 fois par semaine par 11,8% de vos contacts Facebook. C'est la raison principale pour laquelle je n'avais jamais jeté une oreille à "Sunburn Modern" jusqu'à ce matin. Et ça explique sans doute en partie pourquoi en ce jour, en cette heure, je ne sais absolument pas quoi en penser.
The Orb ft. Lee Scratch Perry: Hold Me Upsetter
Olivier Lamm

Bien sûr tout le monde a déjà bossé avec Lee "Scratch" Perry, y compris Andrew WK, les Beastie Boys ou Sasha Grey, et on ne peut pas vraiment dire que la musique moderne en soit jamais vraiment sortie grandie. En même temps, c'est comme pour les clips à la Die Antwoord, personne l'oblige.
Dans le cas de The Orb (et au contraire de, disons, Peaking Lights), il ne viendrait à l'esprit d'aucun mélomane d'accuser Alex Paterson et Thomas Fehlmann de céder aux sirènes de la mode: le dub fait partie au moins pour un tiers du code génétique du groupe de Paterson depuis la première milliseconde de sa création, et l'on sait les sublimes mutations que Fehlmann a fait subir au genre sur ses disques solo (tous formidables, dude). Surtout, on parle de plus qu'un featuring en passant pour faire joli sur MTV puisqueThe Observer in the Star House, qui sort en septembre dans tous les formats possibles et imaginables, est un album entier chanté par l'Upsetter dans son intégralité.
Barker & Baumecker: Analogical
Olivier Lamm
Du fossé toujours mystérieux qui sépare les bons disques techno et les triviaux, ceux dont chaque placement de cymbale vous prend aux tripes et ceux dont chaque coup de kick a l'air un peu plus banal que le précédent.
Pour une raison qui nous échappe plutôt, les albums qui paraissent sur Ostgut Ton nous semblent par exemple tous émerger d'un endroit de soif et de passion plutôt que de ce lounge d'aéroport vulgaire et mal décoré où les DJs pressés bricolent à la va-vite des kilomètres de tech-house sans vie pour vendre leurs services un peu plus cher aux boîtes de nuit. La faute au Berghain et au Panorama Bar, ce double haut-lieu devenu iconique de la dance qu'on prend au sérieux et dont le label est une émanation? Ou serait-ce que ses moines-soldats Marcel Dettmann et Ben Klock prennent effectivement tellement à coeur l'objet techno que leurs disques nous mettent à terre jusque dans leur dogme et leur sévérité? Une chose est sûre, le fabuleux One de Ben Klock rend tous les disques qui sortent sur Ostgut Ton un peu meilleurs qu'ils ne le sont en vérité. Mais du moment qu'un maxi fait battre le coeur un peu plus vite, on se fiche bien de savoir s'il faut mettre en cause la joliesse des nappes ou la couleur du macaron.
John D'Agata: Yucca Mountain
Olivier Lamm
John D'Agata est journaliste. John D'Agata est écrivain. John D'Agata est essayiste. Ses livres font déborder trois disciplines à la fois, l'essai, l'enquête et le récit de fiction. Sa zone de confort, on la trouve pliée en 24 à la jonction qui unit et sépare les trois; son sujet de prédilection est le Fait, mais il n'aime rien tant d'autre que de le disséquer en tranches fines pour remonter les restes dans le désordre, lui faire subir toutes les greffes possibles et imaginables, salir son honneur et saccager le socle sur lequel il se tient habituellement dans toute sa suffisance et toute son arrogance.
En tant que grouillots glâneurs d'Internet, filmeurs et monteurs d'images et, par intermittence, journalistes, on doit dire que ça nous intéresse beaucoup: qui ose encore, dix-huit après la mort de Debord, des décennies de dissipation de l'éthique des cultural studies et le recours systématique au storytelling dans la prise de parole politique, interroger encore ce que l'on fait aux faits quand on prétend les livrer en l'état malgré l'écriture, le montage, l'anglage, la réflexion?
Sfv Acid: Album 2
Olivier Lamm
Dans les milieux autorisés (= sur le site de Boomkat) on qualifie la musique de Sfv Acid de "post anything". Ce qui peut vouloir dire deux chose: a) qu'avant, elle ne ressemblait à rien et qu'aujourd'hui elle ressemble à ce qui suit ce rien sur le chemin du néant ou que b) elle se définit en relation avec un informe dont elle serait un succédané dialectique. Il est vrai qu'à l'écoute, la musique du Californien Zane Reynolds ressemble moins à la somme des détails qu'on peut y reconnaître (un pattern de boîte à rythmes célèbre, une bassline sympa) qu'à une grosse soupe trop cuite dont les différents ingrédients ont depuis longtemps abandonné leur dignité de légume.
Postes de stage pour la rentrée
The Drone
L'été n'est pas encore tout à fait commencé qu'on pense déjà à la rentrée. And so should you. Nous sommes à la recherche de petites têtes blondes pour animer nos nouveaux bureaux, faire chauffer les turbines, et remplir les tiroirs de matière grise.
Autrement dit, nous sommes à la recherche à partir du début du mois de septembre (et pour toute la saison à venir) d'un assistant monteur et d'un journaliste.
Disappears : Love Drug
Marie Hamoneau
Eh, mais vous saviez que Steve Shelley jouait dans Disappears ? On suppute que oui, vu que c'est l'argument massue que les attachés de presse, les fans, limite les membres de Disappears eux-mêmes nous ressortent automatiquement pour que l'on se penche sur leur cas compliqué de groupe-qui-n'a-pas-inventé-l'eau-tiède-mais-qui-fait-très-bien-le job. En fait, Disappears existait sur le marché concurrentiel de l'indie rock bien avant que le batteur de feu Sonic Youth ne les rejoigne, et même que c'était déjà pas mal.
Richard Sen presents: This Ain't Chicago
Olivier Lamm
Histoire de la dance music, chapitre 9, alinéa 12, paragraphe 7.
Depuis que des zazous de Chicago ont débarqué dans les charts à la rentrée 1986, rien ne va plus dans la jeunesse anglaise. Ils s'appellent Farley "Jackmaster" Funk, Raze ou Steve "Silk Hurley", ils sont noirs, personne ne les connaît dans leur propre pays passé le Lac Michigan mais leur disco on a budget fait immédiatement un malheur. Il faut dire que le terreau est pile-poil mature pour l'ensemencement: les Anglaises et les Anglais ont cinq ans de synth pop, d'europop et d'italo dans les pattes et Trevor Fung et Ian St Paul viennent d'ouvrir leur premier club à Ibiza d'où revient justement Paul Oakenfold, la valise remplie de disques et d'ecstasy, une molécule découverte en 1912 mais dont on commence tout juste à découvrir les vertus particulières quand elle est dissoute dans des rythmes répétitifs.