La dabkeh ("دبكة"), c'est cette musique de danse protéiforme et ancestrale particulièrement populaire dans les mariages et les fêtes de village dont le riddim implacable résonne dans toutes les provinces du Levant, du Liban jusqu'à la Jordanie.
On connaît un peu le genre dans sa version moderne grâce à Omar Souleyman, sommité du nord de la Syrie dont Sublime Frequencies s'est improvisé le promoteur en Occident et qui fait encore le bonheur d'à peu près tout les gens chics qui aiment se distinguer en faisant mine de fricoter avec l'Axe du Mal (on pense à Björk, pas à toi, pimpant camarade mélomane). On se doutait que Souleyman était un arbre qui cachait une forêt; on pouvait heureusement compter sur Mark Gergis, collaborateur régulier de Sublime Frequencies aux manettes de Sham Palace, pour éclairer plus avant notre lanterne.
Blog
Dabke: Sounds of the Syrian Houran
Olivier Lamm
Dipers : Shit House 7"
Clément Mathon
Il y a toujours eu dans le punk hardcore une frange cabotine et potache, à la limite du ridicule, et qui n'intéressant que peu les têtes penseuses du genre, reste cantonnée dans ses/ces caves de campagne où la bière coule à flôt, et où (pour la France du moins) les Berger Allemands trouvent toujours preneurs à l'ASPA.
Malheureusement, ou heureusement, c'est toujours dans ces bataillons que l'on trouve les meilleurs fantassins, toujours prêts à lever l'étendard sanglant de groupes comme feu-I Spy (ex-progagandhi, au début des 90's) destinant à la papauté tout ce que le corps humain compte de sécrétions.
Exemple parfait ajourd'hui avec cette belle bande de bretelles new yorkaise nommées Dipers, emmené par ce qui semble être une petite gloire locale du hardcore, Reed Dunlea, notamment maître des clefs de Shit Hawk Records, et animateur radio sur WFMU.
Bref, sur leur premier 45t, ils nous comptent notamment l'histoire d'un chien de punk crust qui décide de fabriquer sa propre fosse septique... et le pape dans tout ça?
Dizzee Rascal Presents: DirteeTv.com
Olivier Lamm
On avait un peu perdu Dizzee Rascal ces dernières années, et on a comme l'impression qu'on était pas les seuls. La faute au grime, bien sûr, que le gamin a sans cesse annoncé vouloir laisser à son sort hardcore dans un caniveau de l'East End. Le souci, c'est que ça s'est traduit par une série de bons pétages de plombs esthétiques encore plus durs à avaler que les 17 albums sortis par Wiley ces 4 derniers mois: une collab débile avec Shakira, un album semi-foireux où il se faisait produire par Tiësto ou Armand van Helden et une floppée de numéro un en Angleterre dont on a jamais entendu parler dans nos vertes vallées.
The Disco Exorcist
Marie Hamoneau
L'Exorciste versus Saturday Night Fever, vous n'en réviez peut-être pas, mais quelqu'un l'a fait. On doit cet éclair de génie à Richard Griffin et son film The Disco Exorcist, qui vient de sortir en DVD.
A 40 ans, ce réalisateur du Rhode Island a déjà commis une dizaine de films de série Z à budgets ultra-riquiquis et aux pitchs pas piqués des hannetons. Pour que vous voyiez un peu le genre, il sort en 2009 Nun Of That, une comédie d'action qui suit une bonne-soeur qui devient une terrible tueuse de méchants gangsters après avoir suivi un entraînement de choc au paradis, en compagnie de Jésus, Moïse et Gandhi. Aujourd'hui, il revient avec une nouvelle merveille à 20 000 $,The Disco Exorcist, qui, aussi étonnant que cela puisse paraître, n'est pas un direct-to-video et a tourné dans une poignée de salles l'année dernière.
Saul Bass: Phase IV
Olivier Lamm
De Saul Bass (1920 - 1996), l'histoire du cinéma a surtout retenu les mirifiques génériques et affiches pour Hitchcock, Preminger ou Stanley Kramer - si mirifiques en fait que les docus qui existent sur lui ne parlent quasiment que de ça, et de la collec de logos totémiques qu'il a dessiné pour Minolta, Warner ou Kleenex.
Mais l'Américain a aussi tenté quelques fois sa chance derrière la caméra. Adoubé par un Oscar pour le documentaire d'animation Why Man Creates, il s'est même lancé en 1974 dans l'aventure du long métrage de grand studio avec Phase IV, fantaisie SF rapidement sanctionnée par un gros bide au box-office mais jamais oubliée par les nerds malgré tous les efforts de la Paramount pour l'enterrer plus profond que l'Enfer.
TV Sound and Image: British Television, Film and Library Composers 1955 - 78
Olivier Lamm
Ce qui est bien avec les musiques de radio ou de télé des pays dans lesquels on a pas grandi, c'est qu'on peut les apprécier presque en sérénité, sans avoir à passer par le filtre épais et filandreux de nos souvenirs d'enfance. Pour les génériques de la télévision britannique en particulier, c'est une bénédiction dont on a déjà largement pu apprécier les bienfaits grâce aux multiples anthologies du BBC Radiophonic Workshop: pas un bruitage, un jingle ou une mélopée de John Baker, Malcolm Clarke ou Delia Derbyshire qui n'ait l'odeur de l'or pur pour le petit Français quand la plupart évoquent plutôt les interminables après-midi chez Granny dans le coeur du Brittons traumatisé.
Om: State of Non-Return
Olivier Lamm
Des fois, la magie, ça tient vraiment qu'à un fil. Prenez le doom: vous enlevez les infra-graves, vous accélerez un peu le tempo, vous remplacez le beugleur par Shakira et la weed par du fromage de tête et à la fin ça ressemblera plus à rien - ou si avez de la chance, à du stoner tout pourri genre Pride & Glory.
Aussi, la raison pour laquelle on a longtemps été très enthousiastes (puis plutôt cléments) au sujet du duo post Sleep d'Al Cisneros, c'est que joués en boucle pendant 23 minutes sur une seule Rickenbacker branchée dans un mur de Matamps, ses riffs ont tendance à muter en rumeur divine ou pestilence lovecraftienne (selon votre sensibilité cosmologique).
Jamie Jones : Tracks From The Crypt
David Pais
Fraichement parachuté à la première place des 100 meilleurs DJs de l'année 2011, l'anglais Jamie Jones vient de labourer pendant plus de 3 ans tout ce que la planète compte de clubs, plages privées, croisières et salles polyvalentes.
Si les mauvaises langues diront qu'il tient encore debout grâce à des bouts de gaffer scotchés aux platines, nous ici, on sait bien qu'il s'est retenu de faire la sieste depuis tout ce temps rien que pour la sortie de son deuxième LP chez Crosstown Rebels.
Très attendu, ce disque compile des soit disant "Lost Classics From The Vaults" de 2007 à 2012 (comprenez "j'ai produit 2 tracks et le reste sort des fonds de tiroir") et reconnaissons le : si le nom de Jamie Jones était sur toutes les lèvres l'année dernière, ce disque laisse un arrière goût de pouet pouet difficile à digérer. Bien en dessous de ce qu'on aurait pu attendre de Super Jamie.
Tracks From The Crypt sort le 25 juin et est en écoute exclusive sur Resident Advisor.
Todd Terje : Inspector Norse
David Pais
Il est de notoriété publique que les Norvègiens s'emmerdent comme pas permis et c'est d'ailleurs ce qui explique leur passion pour la disco. Rappelons nous qu'il n'y a pas si longtemps, les gars adoraient Satan et mettaient le feu aux églises.
Todd Terje suit les petits cailloux posés dans la forêt par Lindstrøm et Prins Thomas en signant ce potentiel tube de l'été, entièrement dédié au ARP 2600 et avec en sus un clip qui nous en dit plus sur l'état d'esprit actuel de ses compatriotes.
Inspector Norse est le pseudo internet de Marius Solem Johanson, un musicien raté dont la morne existence dans la campagne Norvègienne n'est égayée que par son penchant pour la drogue et les vidéos de danse qu'il publie sur Youtube (tout cela sent le fake à un plein nez mais l'idée est plutot astucieuse).
Ce clip est en fait tiré d'un (faux?) documentaire de 15mn, Whateverest, réalisé par Kristoffer Borgli. Un bijou de médiocrité héroique situé à mi-chemin entre Ari Kaurismäki et Harmony Korine.