Fraichement parachuté à la première place des 100 meilleurs DJs de l'année 2011, l'anglais Jamie Jones vient de labourer pendant plus de 3 ans tout ce que la planète compte de clubs, plages privées, croisières et salles polyvalentes.
Si les mauvaises langues diront qu'il tient encore debout grâce à des bouts de gaffer scotchés aux platines, nous ici, on sait bien qu'il s'est retenu de faire la sieste depuis tout ce temps rien que pour la sortie de son deuxième LP chez Crosstown Rebels.
Très attendu, ce disque compile des soit disant "Lost Classics From The Vaults" de 2007 à 2012 (comprenez "j'ai produit 2 tracks et le reste sort des fonds de tiroir") et reconnaissons le : si le nom de Jamie Jones était sur toutes les lèvres l'année dernière, ce disque laisse un arrière goût de pouet pouet difficile à digérer. Bien en dessous de ce qu'on aurait pu attendre de Super Jamie.
Tracks From The Crypt sort le 25 juin et est en écoute exclusive sur Resident Advisor.
Blog
Jamie Jones : Tracks From The Crypt
David Pais
Todd Terje : Inspector Norse
David Pais
Il est de notoriété publique que les Norvègiens s'emmerdent comme pas permis et c'est d'ailleurs ce qui explique leur passion pour la disco. Rappelons nous qu'il n'y a pas si longtemps, les gars adoraient Satan et mettaient le feu aux églises.
Todd Terje suit les petits cailloux posés dans la forêt par Lindstrøm et Prins Thomas en signant ce potentiel tube de l'été, entièrement dédié au ARP 2600 et avec en sus un clip qui nous en dit plus sur l'état d'esprit actuel de ses compatriotes.
Inspector Norse est le pseudo internet de Marius Solem Johanson, un musicien raté dont la morne existence dans la campagne Norvègienne n'est égayée que par son penchant pour la drogue et les vidéos de danse qu'il publie sur Youtube (tout cela sent le fake à un plein nez mais l'idée est plutot astucieuse).
Ce clip est en fait tiré d'un (faux?) documentaire de 15mn, Whateverest, réalisé par Kristoffer Borgli. Un bijou de médiocrité héroique situé à mi-chemin entre Ari Kaurismäki et Harmony Korine.
Japandroids : Celebration Rock
Clément Mathon
Bon, puisqu'on est à la bourre là-dessus (merci à toi, bien aimable PR.), autant regarder ce qu'il s'est déjà dit sur ce deuxième album de nos petits soldats de Vancouver, chez nos voisins outre-Atlantique. Voilà ce que dit la chronique Pitchfork : "à l'inverse des groupes indie qui ont percé en 2009, Japandroids ne s'accrochent pas à leur jeunesse par nostalgie". Pour la chronique de The Drone, ce sera l'exact inverse.
Amateurs de nouveautés, fatigués de ritournelles qui sentent la garçonnière, abstenez-vous. Ce disque a bien été fait In The Garage. Et c'est bien la raison pour laquelle il est cool. Pour sa bétise profonde, sa naïveté crasse, pour la tendresse que nous inspire ses deux auteurs, et voici pourquoi :
Lee Noble, Ensemble Economique: Motion Forever
Olivier Lamm
Encore une fois, nous nous faisons l'écho (c'est-le-cas-de-le-dire) d'une sortie Hands in the Dark mais c'est vraiment pour la bonne cause. Ancré jusqu'au cou dans l'habitus du label drone noise US, le label de Besançon sort des cassettes et des split LP comme ceux qu'on vend au cul des tour vans qui sentent la chaussette en Nouvelle-Angleterre et pousse le rêve jusqu'à inviter deux petites sommités ricaines de la scène à collaborer ensemble. Il a bien raison de le faire.
Untold: Change In A Dynamic Environment Pt. 2
Olivier Lamm
Je préviens tout de suite, ce post est dans ses grandes lignes un resucé éhonté d'un autre que j'avais écrit le 22 mars dernier, plus ou moins au coeur de cette époque où l'expression "les internets" faisait encore rire des gens (dont mes collègues). Le seul truc qui change, c'est la musique. Au cas où vous connaîtriez l'original sur le bout des doigts, vous pouvez toujours jouer au jeu des différences.
Ce que je disais, donc, c'est qu'il y a un peu plus d'un an et demi, Untold était le producteur post-dubstep préféré de tout le monde. A juste titre d'ailleurs puisque sur ses torpilles les plus excentriques (Yukon, Stop What You're Doing, Anaconda) le Londonien touchait du bout du doigt une sorte d'état de grâce formel qui dépassait très largement du cadre du tout venant des familles bass mu
Downwards presents So Click Heels
Olivier Lamm
Un des trucs qui rend tout de suite la bande Downwards/Sandwell District chic et désirable aux yeux de l'aficionado rock ailleurs allergique à la chose techno (qu'il ne méprise pas, hein, c'est juste que c'est pas vraiment de la musique), c'est ses liens incestueux avec le post-punk des Pères et l'indus working class des Cités du nord. On se rappelle par exemple de ces deux mixes émouvants signés Regis & The Black Dog, plein de classics plus ou moins oubliés qui en disaient long sur la compositition du terreau d'où a poussé la techno butée et cagneuse du collectif. Mais le parallèle ne s'arrête pas là.
Bien installé dans la quarantaine et une gloriole post Sandwell District bien méritée, Regis use désormais de Downwards comme d'un prolongement de ses circonvolutions intimes et de ses propres expériences synth pop caverneuses sous le nom de Sandra Electronics. Depuis sa création en 1993, le label a ainsi muté de bastion hard techno très pur en hâvre d'agitation sans frontières; c'est par lui qu'on a découvert avec bonheur la coldwave très cold et très fuzz de Klaus Von Barrel alias The KVB. Sans suivre aucun ligne éditoriale précise, la sous-division DO ressemble de plus en plus à Some Bizzare ou au Factory circa 1979 et de moins en moins à un cousin janséniste de Transmat.
Julio Bashmore : Troglodytes
David Pais
Entre deux sorties pas piquées des hannetons sur Twitter et ses élucubrations chaque semaine sur Radio One, le producteur de Bristol vient de lancer son propre label : Boardwalk Records.
Le communiqué de presse est d'une modestie sans égal :
"Grosses bagnoles, pognon, mais aucun label à mon nom? Tout cela s'arrête aujourd'hui.
Salut, je suis Julio Bashmore.
Entre ma vie de jet-setter à travers le monde, mon activité de voix du peuple sur Radio One et plus généralement ma vie de rêve, j'ai trouvé le temps de vous amener un nouveau label, Boardwalk Records.
Aujourd'hui s'annonce une nouvèle ère dans l'histoire de Julio Bachmore, avec un son qui fera écho à travers les âges..."
Après Au Seve, Julio vient de balancer un nouveau track maison qui vaut le coup d'oreille : Troglodytes.
Les Disques des Brocantes : Toulouse (31)
Les Disques Brocantes
Retour chez les Anglais il y a 3 semaines. (voir Les disques des brocantes, Acte XXVII). Ils sont presque toujours là, samedi matin et dimanche matin autour de la basilique St-Sernin à Toulouse, avec leurs boîtes de 33t. Certains de leurs disques ne sont pas donnés mais on arrive à trouver des trucs pas trop cher et en super état.
J’ai envie de prendre une trentaine de disques ! Mais mon choix s’arrête sur Black Celebration (1986 - Mute) de Depeche Mode à 8€. J’aime beaucoup la chanson A Question Of Time. La pochette a des motifs gaufrés.
Sox: Birth Etcetera
Camille Larbey
Julien Sens, dit Sox, est apparu en marge des radars musico-médiatiques il y a 3 ans environ : quelques remixes histoire de se faire un nom et un premier E.P. autoproduit qui s'écoute toujours ici. Le signal lumineux n'était pas vraiment persistant, mais suffisamment puissant pour que le label Mental Groove l'appelle à lui pour le faire rentrer dans son giron.
Aujourd'hui, il livre enfin sa copie, fruit de deux années de boulot : un premier album de jolies petites capsules nostalgiques ou mélancoliques, c'est selon l'humeur de chacun (et la météo aussi).
Biosphere: L'incoronazione di Poppea
Olivier Lamm
Aucun critique censé ne le répétera jamais assez, la rencontre de la musique classique (canal historique, 1567 - 1920) et de la musique électronique est une très mauvaise idée. Sur l'échelle des mauvaises idées motivées par les mirifiques avancées techniques de ces trente dernières années, il est même très possible que ça soit la pire de toutes. On ne parle pas des expériences plus ou moins foireuses, plus ou moins fantastiques qui ont lieu toutes les semaines dans les sous-sols de l'IRCAM à la suite de Varèse et Stockhausen, ni des adaptations fantasques de Walter Carlos ou Isao Tomita pour synthés modulaires. Non, on pense plutôt à toutes ces vilaines tentatives symphoniques qui éludent kitschement un demi-siècle d'avant-gardes et remontent direct à la Grande Musique pour tenter le casse chez les officiels de la culture: sans même compter tous ces moments embarrassants ou des cordes se sont tapé l'incruste dans des mauvais disque d'electropop, on pense aux tentatives poucraves de Jeff Mills avec un orchestre philarmonique, aux collages précieux - chichiteux du Mexicain Murcof, au Best Of de Carl Craig re-arrangé par l'enfant prodige Francesco Tristano.