Gros vent de cold chez nos amis belges avec ce nouveau disque "sain comme un week-end à Fukushima", dixit la bio.
Il est signé Le Prince Harry, s'appelle It's Getting Worse, et célèbre la troisième saleté phonographique de Teenage Menopause, label toxique comme un mouton italien, assurant la liaison Liège/Paris aux côtés de Catholic Spray et de Jack Of Heart, avec comme tronc commun un amour sans limite pour les musiques franches du collier.
Pas étonnant que Le Prince Harry en tienne les comptes côté belge avec leur synthése post-punk / cold, bien évidemment affublée de cette voix caractéristique, un tantinet clicheton, posture de TOUS les fanatiques du genre, mais bien heuresement bardées de synthés à la limite d'une autre chapelle, celles des musiques électroniques. Franch'ment, bien.
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Le Prince Harry : It's getting Worse
Clément Mathon
Guido Möbius: Godhead Appears
Olivier Lamm
Le vrai freak underground allemand, celui qui survit loin des cabinets d'achitecture et du Berghain, est trop méconnu. Trop bricolo, trop provincial, trop allemand peut-être, ce vivier vivace de mecs attifés en kway/birkenstock 350 jours par an pond ses merveilles sans faire de vagues pendant que le reste du monde n'a d'yeux que pour les ancêtres Kraut ou les soldats de la minimal. Bien sûr, il y a toujours le long et lent succès d'estime de Mouse on Mars, qui ont trouvé leur petit équilibre commercial en bourrinant dans les festivals. Mais en dépit de leurs efforts prosélytes via Sonig, la forêt qui vivote toujours derrière sur les catalogues Staubgold, A-Musik, Karaoke Kalk, Monika Entreprise ou Bureau B peine à faire valoir ce qu'elle est: la seule vraie héritière des communautés intoxiquées
L'Internet Underground Music Archive ressuscite
Marie Hamoneau
Si vous vous souvenez de l'Internet Underground Music Archive, c'est que vous avez au moins la trentaine bien entamée et que vous avez été parmi les premiers chanceux (?) à disposer d'un accès à Internet à la maison. Pour les autres, petits jeunes ou geeks tardifs, le sigle IUMA ne doit pas vous évouer grand chose si ce n'est la retranscription phonétique du prénom d'Uma Turman qui pourrit nos débuts de séance de cinéma avec sa publicité pour Schweppes. Pourtant, the Internet Underground Music Archive peut être considéré comme l'ancêtre du déjà très, très vieux Myspace ou du bientôt vieux Bandcamp.
Créé en 1993 par trois étudiants de l'université de Santa Cruz en Californie, le site avait pour but d'offrir aux artistes non signés une plateforme où ils pourraient poster leur musique, la diffuser en ligne, et communiquer avec cette race très rare de riches geeks indolents qu'on appelait les internautes. C'est une évidence d'évidence en 2012 mais rappelons qu'à l'époque, Internet ne comptait que 20 millions d'utilisateurs, que le CD-ROM était encore l'avenir et qu'aucun fichier sonore ne pouvait se targuer d'être une norme ailleurs que dans les studios professionnels: ça se battait donc à coup de .MP2, de .WAV ou de .AIFF : en chronologie du multimédia, les amibes sont encore les reines des océans.
Father Murphy : Anyway, Your Children Will Deny It
Marie Hamoneau
Non, Father Murphy n'est pas un groupe de christian rock. Ce trio italien, protégé de Greg Saunier de Deerhoof qui les mixe, a développé une fascination complexe pour la religion.
Le nom du groupe pourrait bien venir de cette série américaine des années 80 où un homme au coeur pur se déguisait en prêtre pour aider des orphelins à retrouver le chemin du bonheur, du foyer et de la famille. De son côté, le groupe s'est inventé une histoire à peu près aussi intéressante : un frère et une soeur, tous deux enfants de révérend, qui se seraient perdus de vue pendant des années pour finalement se retrouver à Venise et se faire baptiser par le vicaire Vittorio Demarin (qui joue la batterie). Yeah right.
Dan Deacon : Lots
Clément Mathon

C'est sans grande surprise, mais non sans joie que l'on relaie la sortie imminente de America, et de ce premier titre offert cette semaine en pature aux pauvres fermiers du web que nous sommes.
Sans grande surprise car le soldat Deacon nous a habitué depuis son premier disque en 2003 à une constance quasi-militaire dont nombre de choupettes androgynes en T-shirt loup-garous ferraient bien de s'inspirer.
Alors quand bien même trois ans nous séparent de son précédent Bromst, America pouvait bien attendre.
Sortie prévue fin août sur Domino.
One Night with Daniel Clowes in Los Angeles
Olivier Lamm
Vous avez lu le titre, vous avez cliqué sur la photo, vous avez peut-être frémi une seconde en vous disant qu'on allait vous servir sur un plateau d'argent un docu magistral sur la vie, l'oeuvre, l'âme de Daniel Clowes.
En fait non, il en existe déjà plus ou moins un réalisé en 2002 mais c'est pas de ça qu'il s'agit aujourd'hui.
One Night with Daniel Clowes n'est ni plus ni moins qu'une vidéo promo bricolée par la librairie de comics Meltdown, à Los Angeles, à l'occasion d'une lecture organisée pour la sortie d'une monographie et qui passe un peu de temps avec un couple de fans un peu plus fanatiques que la moyenne (à la limite de l'inquiétant quand le gars regarde la caméra dans les yeux en comparant Clowes à Elvis Presley).
Matthew Dear: Her Fantasy
Olivier Lamm
Toujours plus chic, toujours plus suave, encore un chouilla plus loin de la techno, Matthew Dear revient vers la fin de l'été avec un Beams que Ghostly nous promet ressembler à un matin ensoleillé après la "longue et sombre nuit de Black City".
On attend d'entendre pour comparer mais c'est vrai que Her City exhale quelque chose du bonheur timide de voir un rayon de soleil trancher deux masses de nuage saumâtres après un gros orage. Calée sur un tempo léthargique, limite baggy, la boucle qui lui sert de beat est tellement dense qu'on a l'impression d'y entendre la vie.
El-P: The Full Retard
Olivier Lamm
Déjà, (presque) personne ne nous avait prévenu que le nouveau El-P était mieux que pas-déshonorant, voire aussi bien que le retour de son ex buddy Bigg Jus, voire carrément mortel aux encoignures.
En fait, Cancer for Cure fait partie de la minuscule famille des disques de rap de noir faits par un blanc à pouvoir disser directement le monde du rap contemporain sans jouer une seconde sur le même terrain musical que lui. Il va nous falloir quelques mois pour le digérer mais en attendant, le clip superbement con de "The Full Retard" nous met la patate et nous donnerait (presque) envie de ressortir nos t-shirts Def Jux (moches) du placard.
Hip Hop Family Tree
Marie Hamoneau
Ed Piksor est un contributeur régulier du site boingboing.net. Depuis le début de l'année, il publie chaque semaine sous le nom de Brain Rot un nouvel épisode du Hip Hop Family Tree, une bande dessinée jaunie à l'avance qui retrace l'histoire du hip hop des premières block parties de Kool Herc à la sortie de The Message de Grandmaster Flash.
Ce qui est chouette avec cet arbre généalogique du hip hop, c'est que ça allie le joli à la pédagogie, parce que c'est toujours plus marrant d'apprendre avec des images. Histoire de nous plonger dans les coloris et les odeurs de l'époque, Ed Piksor va même jusqu'à calquer l'esthétique des BD de l'époque (couleurs fades, trame d'impression sur papier cheap et typo désuette comme dans un vieux comics de Marvel) et ça marche pas mal.
Frank Zappa: Mount St. Mary’s College Recital, 1963
Olivier Lamm
Zappa au panthéon des Great American Composers entre John Cage et Charles Ives, c'est une plaisanterie à laquelle même les Residents n'auraient pas osé penser. Le Papa du Grand Wazoo est bien sûr tombé dedans la musique savante tout petit en achetant des greatest hits de Varèse et Webern et considérait sans doute sa collaboration avec Boulez et l'Ensemble Intercontemporain comme un petit pinacle personnel, mais de là à le canoniser comme le fait le zappaophile chilien Carlos Hagen pionnier de la Modernité américaine, il y a un seuil franchi qui aurait sans doute déclenché une belle hilarité et un torrent de punchlines chez l'ami Frankie.