Un générique de série B 70s, du sang qui dégouline sur une paire de seins, un règlement de compte à la batte de baseball comme dans les Pusher de Nicolas Winding Refn... Le nouveau clip d'A Place To Bury Strangers, qu'on vous projette en exlusivité européenne parce qu'on vous sait avant tout cinéphiles, dégueule de violence, de cul et de références vintage - gros grain 16mm, variations de couleurs comme dans un Argento, scènes de sex shop captées en contreplongée... Réalisé par le duo Matt Moroz & Tracy Maurice, "You Are the One" concentre évidemment la sainte trinité imagesque du cool clip de 2012 : du cul, des bagnoles et de la baston. Et c'est plutôt pas mal.
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A Place To Bury Strangers : "You Are The One"
Marie Hamoneau
Brian Eno: Imaginary Landscapes
Olivier Lamm
Eno en 1989 n'est pas exactement Eno à l'acmé de la créativité: il zone dans les disques d'ambient de seconde zone avec les éternels buddies Daniel Lanois et Harold Budd, il a accouché deux ans avant The Joshua Tree dans un étonnant confort esthétique et The Orb ou The KLF n'ont pas encore lancé la vague chillout qui le re-sacrera une nouvelle fois, deux trois ans plus tard, pape des gobeurs de pilules et de patchouli.
Mais le monde est ainsi fait qu'il y a toujours quelque part dans le monde un réalisateur ou un rock critic pour écrire, interroger ou s'extasier sur Brian Eno, et que Brian Eno a toujours quelque chose d'intéressant à dire.
Nathan Fake: Iceni Strings
Olivier Lamm
Un beat clapotant de bruit blanc qui lézarde tout droit vers l'inconnu, une séquence qui vit sa vie et éclabousse, une mélodie naïve comme sur une vieille réf. d'IDM italienne perdue dans le bris de l'histoire: pas de doute, on est chez Border Community; pas de faux plan, c'est signé Nathan Fake, son deuxième plus auguste lieutenant.
Yugo Solo: Adagio for Moog
Olivier Lamm
Vu les réseaux dans lesquels vous traînez vous autres, lecteurs assidus de The Drone, vous êtes certainement déjà au courant: on fête les 78 ans de la naissance de feu Bob Moog et même Google s'est mis au diapason du synth porn en remplaçant son doodle par un minimoog jouable et un magnéto 4 pistes pour toute la journée.
Yugo Solo du super groupe super kraut pop Câlin, qui a sûrement trois modèles différents de la firme de l'inventeur de l'oscillateur contrôlé en tension à la maison, se fend de son côté d'une version synthétique de l'Adagio for Strings de Samuel Barber (popularisé par la b.o. de Platoon) qui renvoie bien sûr au Switched on Bach de Wendy Carlos (et aux millards de succédanés novelty qui se sont engouffrés dans la brèche de son succès).
Carls Davis: Last Decade EP
Olivier Lamm
Dans la vraie vie, ce vieil emmerdeur de Carl Craig nous a rabroué et déçu tellement de fois qu'on préfèrerait presque le voir se planter que de continuer à épaissir la pile de chefs d'oeuvres qu'il a entamé en 1991.
Mais le gars a beau ne plus rentrer dans ses chaussettes, se rééditer en boucle et haranguer la foule en s'auto-canonisant légende vivante quand il joue ses live acts tout pourris, il n'est pas du genre à râcler les fonds de tiroir pour alimenter sa page discogs en nouveautés. C'est même pire que ça: il ne sort jamais de caca. Les deux derniers machins s'apparentant vaguement des albums qu'il a sortis sont respectivement une compilation de remixes et une relecture de Ravel et Moussorgsky mais ils sont bien moins dispensables que 90% des sorties estampillées musique électroniques de ces cinq dernières années.
Reel Bad Arabs: How Hollywood Vilifies a People
Marie Hamoneau
Ce n'est pas que l'on suive avec attention l'actualité de Mickaël Youn, mais le pitch de son prochain film nous a rappelé un super documentaire paru il y a quelques années et on ne peut pas s'empêcher de sortir les gros yeux moralisateurs pour l'occasion. Car le sacré amuseur a eu une sacré idée de scénar : deux terroristes du Taboulistan, le pays du taboulé, vont en France pour faire exploser la Tour Eiffel. Le premier trailer est d'un racisme tellement primaire que ça nous a donné envie de remater Reel Bad Arabs: How Hollywood Vilifies a People et de vous proposer d'en faire autant.
Harmony, Melody and Style: Lovers Rock in the UK 1975 - 1992
Olivier Lamm
Pas la peine de nous écrire pour vous plaindre du fait que c'est la deuxième fois qu'on parle de reggae en moins d'un mois. On en est les premiers surpris en fait. Mais là, on a pour ainsi dire pas le choix: cette énième anthologie thématique de Stuart Baker est même tellement insidieusement magnifique de par son contenu et par son action prosélyte que ça fait une semaine qu'on tourne autour du pot et des notes dans le cahier pour arriver à gribouiller quelque chose digne des papillons qu'elle nous fout dans le ventre. Ca doit être la faute à toutes ces gamines qui chantent un peu faux.
Biggie ft Jay-Z : "Get Money"
Marie Hamoneau
En 1996, Ralph McDaniels fête, comme tous les ans, son anniversaire. Créateur de Video Music Box, l'émission culte qui depuis 1983 voit défiler les plus grands de la scène hip hop sur le plateau d'une chaîne publique new yorkaise en carton, il fête également ce soir-là les treize bougies de sa petite star du cathodique.
Parmi les invités, Ralph a convié pour l'occasion Christopher Wallace aka Notorious B.I.G., à partager des cheesecakes au citron. Uncle Ralph a très envie que Biggie lui chante Happy Birthday, mais ce dernier n'a pas l'air très emballé. Malin comme un singe, McDaniels demande discretos au DJ de passer "Get Money". Gros piège, Biggie entend son tube et se voit obligé de monter sur scène. Le voilà qu'il prend le micro, jolie parka orange sur le dos et bouteille à la main, épaulé par Jay-Z et toute la crew de Rock-A-Fella Records.
The Death Set: Is it the end again?
Clément Mathon
Nous n'avons pas manqué une miette de l'aventure du groupe australien The Death Set. De leur départ de Sydney pour New York en 2005, de la mort minable quatre ans plus tard de Beau Velasco, guitariste et auteur prémonitoire du nom du groupe. De leur reprises de Nirvana foireuses, de leurs tournées interminables et leurs concerts mal filmés, de leur occupation du web-terrain sans relâche, et bien sûr, d'une production intarissable d'albums et de EP à la qualité discutable.
Bref, un vrai bon groupe de punk au sens 80's du terme, et qui comme dans les 80's, va finir par s'acheter sa place au panthéon du rock'n'roll avec pertes et fracas. Malheureusement nous ne sommes pas en 1980, et The Death Set ne seront jamais les Ramones, et fort à parier que peu de plumes bankables feront cas de leurs péripéties dans des ouvrages qui feront date.
Les Disques des Brocantes: Verrières le Buisson (91)
Les Disques Brocantes
Je n’avais plus fait la brocante de ma ville depuis une éternité, dans mes souvenirs on y vendait surtout des jouets Happy Meal et des bibelots dignes du musée des horreurs. C’était peut-être le premier dimanche ensoleillé du printemps, j’avais découché, et ma gueule de bois que je tentais de dissimuler derrière mes solaires me donnait l’impression d’être l’objet le plus crasseux de la brocante. J’étais en retard, la remballe n’était pas loin, il fallait faire vite : pas le temps de vérifier l’état des galettes ni de vérifier qu’elles correspondent bien aux pochettes. C’est donc peu dire que je n’en attendais pas grand-chose, tout au plus quelques kitscheries populaires françaises. Les premiers stands confirment mes craintes : la chanson française la plus innommable côtoie les vieilleries les plus invendables dans des cartons de vinyles entassés en plein soleil aux pochettes déchirés où les dizaines de 45 tours de Ghostbusters sont les seules réjouissances.