Je n’avais plus fait la brocante de ma ville depuis une éternité, dans mes souvenirs on y vendait surtout des jouets Happy Meal et des bibelots dignes du musée des horreurs. C’était peut-être le premier dimanche ensoleillé du printemps, j’avais découché, et ma gueule de bois que je tentais de dissimuler derrière mes solaires me donnait l’impression d’être l’objet le plus crasseux de la brocante. J’étais en retard, la remballe n’était pas loin, il fallait faire vite : pas le temps de vérifier l’état des galettes ni de vérifier qu’elles correspondent bien aux pochettes. C’est donc peu dire que je n’en attendais pas grand-chose, tout au plus quelques kitscheries populaires françaises. Les premiers stands confirment mes craintes : la chanson française la plus innommable côtoie les vieilleries les plus invendables dans des cartons de vinyles entassés en plein soleil aux pochettes déchirés où les dizaines de 45 tours de Ghostbusters sont les seules réjouissances.
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Les Disques des Brocantes: Verrières le Buisson (91)
Les Disques Brocantes
Trigoney : Liberty EP
Camille Larbey
En ré-écoutant The Man With The Red Face de Laurent Garnier ou Gemini de Marek Hemman, on se dit que le sax est peut-être, finalement, l'instrument le plus cool du monde. Et donc que le producteur anglais Markus Trigoney a bien raison de suçoter la anche boisée d'un saxophone sur son nouveau morceau, Liberty.
Holograms : Chasing My Mind
David Pais
On y voit de plus en plus clair au sujet de Holograms, groupe de bons à rien probablement dénichés sur un parking de centre commercial en banlieue de Stockholm.
On vous a déjà fait part de notre vive émotion à l'écoute de ABC City et Hidden Structures, deux mini hymnes post-adolescents en puissance qui nous redonnent foi en la jeunesse qui s'ennuie, boit de la mauvaise bière en canettes et qui - épaules hautes, mains dans les poches - met un grand coup de tatane dans un petit cailloux.
GULL : Fast Enough
Clément Mathon
Il est seul, porte le masque en carton et en plumes de pigeon presque aussi bien que Lightning Bolt, voici Nathaniel Rappole AKA Gull.
Gull, c'est un one man band qui se démerde plutôt bien avec une pédale sampler (entre Civil Civic, Pneu et Vampire Weekend), mais c'est surtout de la "street music".
On apprend en effet sur son site que basé à Philadelphie, Nathaniel a décidé de partir avec un copain au Kenya interviewer des street musiciens, qui, comme lui, partagent l'amour de jouer au chapeau, nus pieds dans les rues de Nairobi, avant de se filmer courir le cul à l'air dans les bois et de se nourrir de lait de soja et de pouces de bambou.
Un projet, le Street Muse Project, qu'on ne peut s'empêcher d'imaginer bercé d'un certain angélisme, et qui nous mènera sans nul doute à un magnifique Kickstarter, puisque comme annoncé dans son petit teaser, Nathaniel compte une fois revenu d'Afrique, partir à la rencontre des street musiciens du monde entier.
Bref, en attendant son retour de vacances qu'il rende sa copie, ce n'est pas dans la rue qu'il a réussi à faire cette vidéo, mais entre les quatre murs d'un music space à Brooklyn appelé WreckRoom, et c'est déjà pas mal.
John Maus : A Collection of Rarities and Previously Unreleased Material
Marie Hamoneau
John Maus, notre lecteur de French Theory favori, s'apprête à sortir une compilation de seize morceaux inédits ou rares sur le label Ribbon Music. Cette petite anthologie se pose comme la conclusion de ses onze dernières années passées à peaufiner sa vision synthétique et idiosyncrasique de la pop, devenue particulièrement fameuse après le succès d'estime émouvant de We Must Become The Pitiless Censors Of Ourselves. Depuis, l'Américain a souvent déclaré tourner le dos à ses tentatives de pacification pop pour ouvrir les bras à l'héritage des avant-gardes académiques du 20ème siècle (de l'Ecole de Vienne à Stockhausen) et retourner sereinement à ses premières amours expérimentales.
Dntel: Aimlessness
Olivier Lamm
De la dure condition de l'indie kid au coeur pur arraché à l'obscurité malgré lui.
Le pauvre Jimmy Tamborello n'avait pourtant pas choisi la musique la plus fastoche pour prendre le pouvoir dans les jardins secrets de nuées de gamins sensibles aux quatre coins de la suburbia américaine: une electronica poppy et grésillante, chargée en belles matières mais volontiers mollassonne, seulement dopée aux ascensions pastelles de la première génération shoegaze pour faire pousser l'émotion de gré ou de force chez les lecteurs de Dave Eggers. Bref, l'Amérique hip et mélancolique dans toute sa splendeur, à qui on en veut un peu, beaucoup, passionnément d'avoir dilué la violence esthétique des premiers soldats der la rupture lo-fi (en gros, tout ce qui sortait sur Drag City ou K entre 1990 et 1998) pour en faire le nouvel establishment sentimental.
Machinedrum: Dummy Mix
Olivier Lamm
Machinedrum est-il un escroc? Comme quelques-un de ses collègues de la Branche américaine de la bass music, ce petit vétéran de ce qu'on appellait autrefois l'electronica a retourné sa veste tellement de fois qu'on lui a longtemps prêté l'apparat d'un faiseur: parcours trop éclectique pour être honnête, disques par dizaines, déménagement tardif à Berlin... Et pour ce qui concerne précisément cet ensemble de particularismes esthétiques britannique que l'on range sous le chapiteau du garage continuum, on avoue froncer encore plus fort les sourcils dès qu'un citoyen né hors du Commonwealth fait semblant de prendre l'accent.
RIP Chuck Brown, Welcome to the Go Go
Olivier Lamm
Né au coeur des 70s dans un maelstrom de corps, d'idées et de contradictions pas si éloigné de ceux qui ont vu naître le disco et le hip-hop à New York et la house à Chicago, le Go Go est avec le hardcore école Minor Threat ou Bad Brains la deuxième fierté pop locale de Washington DC.
Intronisé par une poignée de soul brothers particulièrement chauds du slip (Black Heat, le guitariste Chuck Brown et ses Soul Searchers, The Young Senators, Trouble Band/Trouble Funk), ce sous-genre bientôt transformé en Ecole du funk à part en entière s'est distingué au fil des décennies par un petit ensemble d'idiosyncrasies formelles difficile à repérer au premier coup d'oreille: rythmes riches, usage extensif des percussions du type bébé congas, incorporation progressive des boîtes à rythmes et des basslines synthétiques bientôt omniprésentes dans le hip-hop et l'électro...
Chris Blackwell s'est penché très tôt sur le cas des groupes les plus incandescents de la scène (Trouble Funk, Experience Unlimited, Hot Cold & Sweat...) pour les signer sur Island et 4th & Broadway et le destin du genre s'est vu lié de manière de plus en plus inextricable avec celui du hip-hop, des premiers jours (Trouble Funk en feat. avec Afrika Bambaataa) jusqu'au cas d'école Dj Kool.
UPDATE: The Pirate Bay encore attaqué
Marie Hamoneau
Pris de panique comme la moitié d'internet, on vous signalait hier qu'une attaque DDoS rendait l'accès (direct) à The Pirate Bay impossible. Les administrateurs du site disaient avoir une petite idée de l'identité des auteurs du méfait, et certains geeks spéculaient sur une éventuelle revanche des Anonymous, dont TPB avait comparé les récentes attaques de ce type à de la censure. D'autres envisageaient un coup de rideau pour le plus fameux des sites d'échanges de fichiers illicites et pleuraient à grands coups de "RIP The Pirate Bay" sur Twitter.
Mais ce matin, le site est de nouveau sur pied. Par ailleurs, les administrateurs ont précisé dans la nuit qu'Anonymous n'avait rien à voir avec l'attaque.
Alors que jusqu'à il n'y a pas si longtemps, Lire la suite...
Andy Kaufman: Midnight Special
Olivier Lamm
C'était ce matin sur Dangerous Minds et ça nous a fait bondir de bonheur parce qu'elles sont pas faciles à voir dans leur intégralité, les émissions d'Andy Kaufman. Apparemment, l'occasion est officielle puisqu'on fête aujourd'hui les 26 ans de la triste mort toujours controversée de ce vrai génie cosmique et du mindfuck mélancolique de l'hoax qui dure, qui dure, qui dure.