Evidemment, les albums de remixes ne sont jamais, jamais (jamais) des bons albums, parce que les musiciens électroniques sont des gros flemmards et qu'ils savent pertinemment qu'ils n'arriveront jamais à la cheville de Walter Gibbons, Larry Levan ou Aphex Twin. Les pires d'ailleurs, ce sont les albums "amitié entre les générations" où des jeunes chiens fous revisitent des incunables de vieux loups, parce que ce sont toujours les vieux loups qui gagnent (je pense souvent au Sacrilege de Can et à toutes ces nuits d'insomnie que les pauvres bougres responsables du désastre ont dû subir par la suite). C'est vous dire si cet album de remixes de Bruce Haack est une mauvaise idée.
Blog
Bruce Haack vs. Prince Language: Party Machine
Olivier Lamm
Squarepusher: XFM Mix
Olivier Lamm
On vous parlait récemment du nouveau Squarepush' qui pointait le bout de son nez, de son vernis 100% certifié sans solo de basse active et de l'état de dubitation un peu hébété dans lequel son premier extrait nous plongeait in fine sans qu'on comprenne vraiment de quoi il en retournait.
Quelques semaines plus tard, on a bien eu le temps de bien sonder Ufabulum de long en large et on est au regret d'écrire que Tom Jenkinson a beau s'agiter farouchement pour nous provoquer des sensations fortes dignes de Skrillex dans le cortex adolescent, le pincement au coeur est sans appel: on réécoute Big Loada et on chiale notre race. Rien de grave, c'est le temps qui passe et les idoles qui prennent de la brioche.
Gold Panda: Mountain, Financial District
Olivier Lamm
Archétype de l'électronicien slacker qui compose ses déclarations d'amour en calbute, un oeil sur Ableton et l'autre sur des inédits d'Evangelion, Derwin Schlecker n'en a pas moins un nombre impressionnant de followers et followeuses pour un bricoleur de beats instrumentaux à la Flying Lotus & co. La preuve, même The Drone en parle souvent, parfois même en version longue.
Animal Collective: Centipede Hz
Marie Hamoneau
La semaine dernière, on vous évoquait la sortie inopinée d'un nouveau 45 tours d'Animal Collective intitulé "Honeycomb"/"Gotham", et on se mouillait même à émettre l'hypothèse que le groupe n'allait pas en rester là. Bingo, titre et date de sortie d'un nouvel album viennent de fuiter sur les internets.
Pour annoncer l'heureux évenement, le groupe vient de poster un trailer très coloré et très sci-fi eighties qui ne surprendra pas beaucoup ceux qui bouffent du Oneohtrix Point Never et consorts au quotidien.
Adamski: I Like It
Olivier Lamm
A brûle-pourpoint, on a d'abord été tentés d'écrire qu'I Like It était une grosse bourrinade, du genre à faire passer les trucs les plus déconnants de Switch ou les horreurs de Rusko pour le summum de la dance de salon élégante et feutrée.
Et puis on a mieux écouté. On parle d'un vrai Ancien, là, qui a lancé la carrière de Seal et qui faisait semblant de jouer du DX7 habillé en manteau en fourrure tard la nuit dans Boulevard des clips entre les Shamen et EMF, qui nous a intronisé aux sons de tom de la TR-909 et aux références cryptiques à l'ecstasy. A l'aune de cette donnée essentielle et d'un riff de piano vraiment malin, I Like It a tout de suite l'air beaucoup plus charmant et beaucoup plus aimable, quand bien même Adam Tinley fraye à l'occasion avec Kitsuné.
Kira Kira: Cutthroat Roundabout
Olivier Lamm
Du mystère des nations de son. Depuis ce jour heureux mais glacial où l'Australien Ben Frost a eu l'idée de s'exiler en République d'Islande pour y prendre possession des Greenhouse Studios, tous les musiciens du coin (et Odin sait qu'ils sont nombreux) se sont mis au diapason de son ambiant orchestral assombri et mysticisé au metal arty, à la musique industrielle et à Arvo Pärt. Aujourd'hui, c'est à la semi-vétérante Kristin Björk Kristjansdottir de plonger dans le précicipe.
Beak>: Yatton
Olivier Lamm
On vous prévient, c'est pas encore aujourd'hui qu'on va bitcher sur Geoff Barrow.
Le gars a beau enregistrer comme il transpire (rappelons qu'après le petit carton Anika, le Portishead en chef a lâché un disque de rap de quarantenaire de 40 morceaux et une b.o. imaginaire à l'Oberheim en moins de trois mois) tout ce qu'il sort continue à cumuler la classe et l'étrangeté. Ce qui, à l'ère d'Internet, est toujours un exploit.
Emptyset: Trace: 2005-2009
Olivier Lamm
Si vous êtes adepte des oeuvres récentes du duo britannique Emptyset, il y a de fortes chances que ces quelques tracks de post-techno martiales et plutôt péchues vous prennent par surprise.
Véritables descentes dans l'abîme du bruit primordial, les très lacunaires Medium et Demiurge étaient de fait les bouts de queue de comète d'un long processus de réduction qui aura vu le duo passer de disciple plutôt sexy de la branche Pan Sonic/Thomas Brinkmann/Sleeparchive de l'arbre techno minimale au son du quatrième jour de la Création.
Scorpion Violente: Si Satan avait un synthé
Guillaume Loiret
Au début t'as trouvé ça louche, dégueu sur les bords. Cette pochette sado-sataniste, ces allusions pédo-porno, ces leads flippants, ce nom étrange. Mais t'y es revenu. C'était malsain mais inévitable. Ça puait la Mosel Bier mais t'as reniflé quand même. Ça sonnait comme un duo glauque entre Alan Vega et Donna Summer, et t'as commencé à aimer ça. T'as fermé les yeux et t'as vu un clip tourné par Gaspard Noé starring Francis Heaulme. T'avais mis un pied chez Scorpion Violente, et c'était trop tard pour revenir. Ce soir, tu peux assouvir tes instincts violents en allant les écouter au Point FMR.
Les Disques des Brocantes : Montreuil (93)
Les Disques Brocantes
Ça ressemble à une reprise de championnat. Cette après-midi, c’est la première fois depuis le début de l’année, dans une salle non chauffée à Montreuil (métro : Robespierre). Mais l’impatience triomphe de la pluie et du froid. Quatre-cent participants, promet l’annonce. Entrée libre. Sitôt franchi le périmètre, je sens les premiers frissons courir le long de mon échine. C’est reparti. Je me lance la tête baissée. Pourtant je suis sûr que ça ne va pas être terrible. Pendant la trêve, j’ai dû perdre certains automatismes. Et un peu de souplesse. A mi-parcours, le score est toujours nul. Quand soudain l’occasion se présente. Et quelques instants plus tard, il est là, au fond du sac : mon premier disque chiné de l’année. C’est un Steely Dan, Aja, pressage américain d’origine.