Le méga-festival d'Austin SXSW présentait la semaine dernière un nouveau venu dans la déjà très longue série des band documentaries, Bad Brains: A Band In D.C.
Passons le fait que le film ait déjà reçu l'approbation des grands habitués du sucage de roues (Don Letts, Henry Rollins, Adam Yauch, on cherche encore Thurston Moore); on se réjouit à l'annonce d'une telle nouvelle pour plusieurs raisons:
D'abord, on aime autant les Bad Brains qu'Henry Rollins. C'est un aveu qui vaut également pour le chocolat et les frites, et on n'en fait pas pour autant un documentaire. Mais surtout, les quelques passages du film publiés il y a deux jours sur wired.com nous laissent entrevoir une technique qui s'applique bien au groupe, à savoir substituer l'archive filmée par de l'animation. C'est pas nouveau, mais assez malin lorsque l'on sait que la pénurie d'images d'époque sur les inventeurs du punk hardcore (rappelons que les jeunes futurs frontmen de Black Flag et de Teen Idols découvrent les Bad Brains avant de monter leur propres groupes) a du freiner jusqu'à présent les réalisateurs qui souhaitaient se lancer dans l'aventure.
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Bad Brains: A Band In D.C.
DJ Food: Kraftwerk Kover Kollektion
Olivier Lamm
A votre avis, combien de reprises du plus grand groupe allemand de tous les temps existe-t-il sur la planète Terre?
La question a l'air prosaïque, comme ça, mais il existe un type qui se l'est posée. Il s'agit de Kevin Foakes alias Strictly Kev, pilier de Solid Steel et dernier membre survivant des brillants DJ Food dont les megamixes pour Ninjatune ou Warp ont bercé notre enfance triphoppesque la moins indigne.
En bon cratedigger bien vener, il collectionne depuis des années tout ce qui a attrait de près ou de loin à Kraftwerk; sympa, il en a fait des mixes pour les amis de Solid Steel, bourrés de documents sonores rares (interviews, instrumentaux, sound fx) mixés à la mano avec force scratches et tours de passe-passe bien old-school.
La bonne nouvelle pour nous, c'est qu'il a tout uploadé sur son soundcloud pour en faire profiter les amis des interwebs. Des heures et des heures d'émerveillement en perspective.
SND vs. NHK : SPLIT
Olivier Lamm
SnD, NHK, Pan, ça fait beaucoup de mots en trois lettres. Mais avec les notes d'explication, ça prend presque tout son sens.
Snd, c'est ce duo super nerd electronica au destin intimement lié à celui d'Autechre d'où est issu le brillant Mark Fell et dont la foi en les algorithmes et la beauté d'un son de synthèse FM isolé dans le désert est un modèle absolu pour une certaine jeunesse qui vit dans les caves.
NHK, c'est le vétéran harsh noiser Kouhei Matsunaga, autre intime d'Autechre qui s'est récemment laissé devergonder par la house music.
Pan, enfin, c'est le label vinyl de Bill Kouligas, dont le superbe catalogue se partage entre drones ordinateurs, drones analogiques et rééditions de classiques pas tout à fait oubliés de la musique expérimentale allemande et française.
Xosar : Juno Plus Podcast 30
Olivier Lamm
Vous vous rappelez de Xosar? On vous parlait il y a quelques semaines de sa house gluante, de sa plastique peu commune chez les nerds fans de matos vintage et de son goût providentiel pour les films du maître maboul Nobuhiko Ôbayashi.
Actuellement occupée à l'enregistrement d'un disque avec Legowelt (son premier admirateur, qui s'est même customisé des machines à son effigie, hum) sous le nom divinement con de Xamiga, la belle (soyez indulgents, on a rarement l'occasion d'utiliser l'expression) vient de lâcher un mix pour Juno Plus enregistré le jour de son anniversaire, dans lequel elle glisse moults inédits grassouillets et quelques vieux classiques deep house (Pepe Bradock, Kerri Chandler, qui ont l'air de particulièrement se plaire dans le paysage).
Le futur possible de The Pirate Bay
Olivier Lamm
Vous vous rappelez des radios pirates britanniques dans les années 60, obligées d'émettre depuis des bateaux ou des plateformes offshores desaffectées pour échapper à la juridiction de l'Empire?
Eh bien Mr Spock de The Pirate Bay vient de relancer le principe et de le projeter dans le futur.
Acculé par le climat de répression active qui sévit aux quatre coins du monde occidental depuis les affaires SOPA/PIPA, ACTA et Megaupload, l'éminent site de torrents suédois dont les serveurs restent cachés hors de portée dans plusieurs endroits tenus secrets en Suède, Russie et Belgique (dixit un officiel du site, "TPB is set up in a very special way to make sure that it will stay up. This means that no one really knows exactly where the servers are, but we've made sure to stay out of the United States of Arrogance and some other countries where the governments do not like free speech") a annoncé au détour d'un post qu'il travaillait à une solution "extraordinaire" pour héberger ses serveurs "front", c'est-à-dire ceux qui redirigent les internautes vers le contenu du site: des drones miniatures, contrôlés en GPS depuis la terre ferme.
Andromeda Mega Express Orchestra : Rainbow Warrior
Olivier Lamm
Un peu de post Zappa-Zorn-Gil Evans bien délire, on n'a pas trouvé de meilleure manière pour bien commencer la semaine.
Comme son nom l'indique, l'Andromeda Mega Express Orchestra est un big band un peu dément (un vrai journaliste aurait probablement utilisé le mot "foutraque") dont le but avoué est d'égaler en densité les myriades de richesses déjà accumulées par ses dix-huit membres. Ce qui fait du monde au balcon.
Brackles: Lovebox Juxebox #14
Olivier Lamm
Pour cause de sous-effectif et de météo capricieuse, on est passé à côté de deux trucs cool la semaine passée: la sortie d'un nouveau maxi magistral de Todd Edwards et ce mix retro du gamin Brackles, 25 ans au compteur et DJ hyperactif de la scène garage UK depuis plus d'une décennie.
Connu pour ses prods plutôt irresistibles de post-dubstep rapide, gouailleur et sans chichi sur Planet-Mu, Apple Pips ou Blunt Robots (le label qu'il co-dirige avec Shortstuff), ce petit ponte de Rinse FM s'apprête à sortir son premier album.
Papier Tigre : I'm Someone Who Dies
Olivier Lamm
Les Majorettes ont la cote chez les rockers français. On en a par exemple vu invoquer une présence extraterrestre dans le Analog Wheel de Yeti Lane, comme si cette brave Coccinelle se retrouvait dans Rencontre du Troisième Type.
Chez Papier Tigre, elle font le job de manière plus classique: elle se roulent après comme dans French Connection et elles pètent quelques trucs au passage comme dans French ConnectionII.
Sauf bien sûr qu'on est dans un appartement d'indie kid, et que la route est semée de cd Sonic Youth et de platines vinyle. Bref, c'est de la bonne came en stop motion peut-être réalisée avec un iPhone pour faire du score dans youtube, et ça se finit en vrai crash impressionnant.
On en profite pour rappeller que le nouveau Papier Tigre vient de sortir, et qu'il est super.
Emptyset : Medium
Olivier Lamm
Sortez les candélabres, débouchez la bouteille d'eau bénite, ouvrez votre exemplaire relié en peau humaine du Praktisches Bibellexicon, Emptyset sortent déjà un nouveau grimoire.
Quelques mois après la sortie de l'éprouvant (et très impressionnant) Demiurge, les disciples les plus probes et les plus sexy de Pan Sonic prolongent un peu l'effroi avec un nouveau 5 titres pour Subtext qui les voient s'éloigner un peu plus loin encore de la post-techno sévère qui a fait leur réputation chez les danseurs en noir, et retourner un peu plus profond dans l'abîme de bruit primordial où ils ont vu le jour. Comme par hasard, la pochette de Medium affiche les arcades d'un cloître et les droneurs en soutane de Sunn o))), Sister Iodine ou Blut Aus Nord ont l'air de ricaner au coin du couloir: pourtant élaborées dans des logiciels de synthèse hyper poussée, les matières du duo ressemblent de moins à moins à des aplats numériques et de plus en plus à des boules de magma électriques.
On ne dansera pas une seconde sur Medium, donc, mais on verra beaucoup d'images apparaître dans l'obscurité. Croyez le ou pas, mais Other, en écoute ci-dessous, est presque le morceau le plus sémillant de la galette.
When I Sold My Soul to the Machine
Olivier Lamm
L'underground techno hollandais, c'est un peu comme la Triple Alliance Internationale de l'Est autour de Strasbourg ou Gamble & Huff à Philadelphie: un coquelicot mystérieusement éclos dans un océan de bitume et d'indifférence sans que personne ne sache vraiment expliquer pourquoi.
Ainsi l'émergence à La Haye, au coeur des années 90, de la scène rave underground autour de Bunker, Hotmix et des soirées Acid Planet reste comme l'un des temps forts de l'histoire de la techno européenne.