Techno allemande 1.0.: des années avant les interwebs, le Berghain et les brunches dans le Mitte au même prix que dans le Marais, la capitale de la techno européenne était déjà Berlin et son épicentre était le Tresor.
Installé dans sa première vie dans un centre commercial desaffecté à deux pas de Potsdamer Platz, ce monstre de night-club accueillit entre 1991 et 2005 99,7% des gens de la musique électronique qui se danse et servit de point de chute sur le continent à peu ou prou tous les pionniers de la techno américaine (Robert Hood, Jeff Mills, Juan Atkins, Joey Beltram, Eddie "Flashin'" Fowlkes) quand ceux-ci venaient constater l'étendue de la révolution qu'ils avaient lancé (et tâter un peu de deutschmarks bien mérités par la même occasion).
Quant au label du même nom qui tomba de la cuisse de la boîte, il devint vite l'une des maisons techno les plus importantes du monde, publiant autant les parrains de Detroit (UR et Jeff Mills, Robert Hood, Drexciya, Eddie Fowlkes) que les pousses européennes (Cristian Vogel, Surgeon, Pacou, Neil Landstrumm). Aujourd'hui, le club existe toujours mais a perdu pas mal de sa superbe dans les yeux des puristes en déménageant dans une ancienne usine sur Köpenicker Straße.
Histoire de se rappeler au bon souvenir des anciens et des gamins qui auraient découvert l'extase techno au Silencio ou à Coachella, le label édite en DVD SUbBerlin, documentaire de 2008 tourné en allemand dans le texte par Tilmann Künzel, en même temps que l'inévitable bande-originale pour l'accompagner (pleine de classiques de Pacou, Scan7, Stewart Walker ou Underground Resistance/X-101). Il paraît qu'il y a même un sticker dans la boîte.
Blog
SubBerlin : The Story of Tresor
Olivier Lamm
Main Attrakionz : cLOUDLIFE
Olivier Lamm
Le cloud rap, c'est cette épidémie nébuleuse (on a faillu écrire "nuageuse", duh) qui fait rapper les MCs sur les animaux mignons, la mécanique quantique et les yeux de Dieu dans les gateaux au chocolat plutôt que sur les bonnes meufs et les voitures, et qui pousse les producteurs à sampler Vangelis ou Imogen Heap plutôt que Curtis Mayfield.
L'initiateur improbable de cette lame de fond molle et visqueuse qui se propage avant tout via les interwebs est bien sûr Lil B, dont la superbe célérité de rappeur n'a d'égal que le n'importe nawak impénétrable de ses envolées, et son futur Seigneur de guerre s'appelle A$AP Rocky, rookie surdoué et sur-hypé de Harlem qui vient de signer un contrat d'un million de dollars avec RCA.
Mais les petits maîtres de ce non-mouvement pété sont sans conteste Main Attrakionz, duo d'Oakland autoproclamé meilleur groupe de rap de tous les temps dont la mixtape 808s and Black Grape II (qui vient d'être rééditée sur Type, le label pas marrant de Xela) fit découvrir à beaucoup le talent plutôt indécent du gamin Clams Casino.
Jean Rollin : Fascination - Requiem pour un vampire
Olivier Lamm
Une double b.o. qui sort sur Finders Keepers, un docu anglais visible sur Vimeo: deux bonnes raisons d'écrire un truc sur feu Jean Rollin, pape de la série Z d'horreur branché vampires à forte poitrines.
Disparu en 2010 à l'âge de 72 ans, Rollin n'a évidemment pas besoin de The Drone pour une énième réhabilitation (Yvan-Pierre Kaiser et Damien Dupont ont réalisé le documentaire définitif sur le monsieur l'année dernière) mais on est heureux de constater que son aura ne cesse de grandir à l'étranger.
Passionnés de longue date, les Anglais de Finders Keepers (dont fait partie l'ami Sean Canty de Demdike Stare) bossait depuis une éternité avec Rollin lui-même sur une série de versions intégrales de ses musiques de ses films, dont celle très psyché rock composée par Pierre Raph pour Requiem pour un vampire (1972) et celle bricolée au synthé par Philippe d'Aram pour Fascination (1979).
Après un petit contretemps technique, la chose est désormais disponible en musicassette bicolore, disque vinyle 10 pouces ou disque compact. On va faire un tour chez Finders Keepers?
White Hills: Frying on this Rock
Clément Mathon
En mars prochain, attérissent sur le vieux continent le trio space rock new yorkais White Hills, et le 27 du même mois, ils sont au Glaz'art aux côtés de Desappears et Booze, à l'occasion de la 7ième édition de nos petites sauteries Les Bonnes Manières.
L'occasion était trop belle pour ne pas se fendre d'un petit mail à leur label Thrill Jockey (OOIOO, Trans Am, Tortoise, Mouse on Mars...), et leur demander une écoute de leur dernier EP Frying On This Rock, sorti le 4 janvier.
Katy B : Witches Brew (Diplo Remix)
Olivier Lamm
Encore un post pour mettre une photo de fifille en grand sur l'écran? Oui, un peu. David vient même de me demander si j'écrivais un premier truc pour la shitlist (il y avait un pub pour Pitbull sur Vevo).
Mais l'album de Katy B, il est produit par des gars de la scène en hoodie tout gris (Geeneus, Benga) et dans la catégorie "UK Funky et jungle old-school pour le Monoprix", il fait pas mal le job (c'est même le seul, en fait).
Alors certes "Witches Brew" part d'un jeu de mots intolérable, c'est de loin la chanson la plus embarassante d'On a Mission et le clip est absolument horrible.
Mais le gars Diplo est encore capable de transformer le caca en coca, et il nous le prouve encore une fois avec un joli remix en épisodes où il recycle plein de vieux tricks et de vieilles manies Baltimore. Du coup la gamine évite la shitlist de justesse, j'ai pu mettre ma photo et tout le monde est content.
Antinote 001 Release Party
Olivier Lamm
On vous parlait récemment de la naissance d'Antinote, tout nouveau label du docteur ès disco Quentin "Zaltan" Vandewalle, et de sa toute première sortie de brutal techno stupéfiante, le Tapes de iueke.
Et ben voilà, le disque tout beau, tout noir arrive incessamment et Antinote organise sa toute première release party pour l'évenement.
La famille et les déjà nombreux amis (Check Morris, Gilb'R, Ygal Ohayon, Eargasm Lodge DJ's, Cosmo Vitelli, DDD, Redhotcar, Anteros & Thanaton, Vidal Benjamin) se bousculent déjà pour pour participer au baptême, et ils ont promis d'amener quelques disques et de répéter leur plus belle danse du ventre. Zaltan nous a toutefois prévenus: ce ne sera pas une RAVE PARTY intense comme la musique qu'on peut entendre sur le maxi, mais plutôt "une bonne fête groovy".
Rendez-vo
Un Theremin dans le cul d'un blaireau empaillé.
David Pais
David Cranmer, spécialisé dans la création d’instruments de musique a fabriqué ce splendide “Badgermin”, en intégrant un Theremin PAiA au corps inanimé d’un blaireau empaillé.
Oui. Un blaireau empaillé.
Chapeau l’artiste.
Graffiti: Fun or Dumb? (1976)
Clément Mathon
Quel puits sans fond que les films éducatifs nord-américains. Nous sommes en 1976, Jean-Michel Basquiat a 16 ans et commence à peine à inonder Manhattan de SAMO, et le plus grand adversaire des graffiti artists, le maire de New York Ed Koch, n’a pas encore déclaré la War On Graffiti, que déjà le système éducatif américain prend le problème très au sérieux. Pour preuve ce 13 minutes diffusé dans les classes, saucissonné d’un savoureux jingle composé pour l’occasion et posant la question: le graffiti, sympa ou débile?
Mises en scène foireuses dudit délit, foire au mauvais goût sur les murs en carton-pâte érigés pour les besoins de la production, vrais-faux débats entre élèves pas contents et personnel éducatif absolument au fait de la pratique, on remercie Dangerous Minds pour avoir levé cette petite sucrerie.
The Feeling Of Love & Ty Segall: SPLIT
Clément Mathon
Un split de Ty Segall avec The Feeling of Love, c’est un peu comme les Visiteurs en Amérique, c’est notre manière à nous de célébrer l’exception française outre-atlantique.
Et qui plus est lorsqu’un de nos plus beaux ambassadeurs du garage signe, la veille de sa prochaine mini-tournée aux Etats-Unis, un split avec un homologue californien en la personne de Brian Lee Hughes aka Ty Segall.
En mars prochain en effet, le trio messin s’envole pour le Golden State pour trois concerts auxquels vous n’assisterez probablement pas, que le simple fait de mentionner rappelle à nos chers détracteurs, qu’un bon groupe, c’est aussi un groupe dont l’écho se fait entendre hors nos petites frontières. (Aux Etats-Unis, The Feeling of Love s’est fait une place au chaud chez Kill Shaman à côté de Thee Oh Sees.) La preuve avec leur trois dates, et ce split en écoute plus bas.
BODYGUARD : Silica Gel
Olivier Lamm
On voulait attendre la mise en ligne de l’interview (très prochainement sur nos ondes), mais le monsieur nous a précédé.
C’est pas grave, priorité au direct, on surfe sur l’actu quand même.
BODYGUARD, c’est le nouveau nom de plume de BEBETUNE$, dernier projet ultra connecté du grand James Ferraro.
Histoire de ne rien déflorer, on ne va pas vous faire ici le curriculum vitae du garçon que certains considèrent comme l’un des musiciens les plus importants de notre temps chelou.
Pour ce qui concerne cette nouvelle mixtape épique à choper gratis ici, sachez au moins que BEBETUNE$ marque une étape importante dans le régime de l’Américain. Autrefois collé à sa table de montage VHS et à son quatre-pistes agonisant, il sortait en moyenne dix albums en CD-R par an; depuis le fabuleux Far Side Virtual, Ferraro est passé à Protools et il soulage désormais son rendement étonnant comme tout le monde, sur internet.
