Le premier à s'être extirpé des méandres de cette exotico-gwada-house dont Teki Latex a un jour décidé d'être l'ambassadeur en France, c'est Bambounou. Peut-être conscient que ses anciens choix artistiques n'avaient à lui offrir qu'un public de clubs de province prêt à danser tous les week-ends sur des remixes de La Chenille, le jeune producteur, au demeurant très talentueux, a fait de la meilleure musique, et puis il a joué au Berghain. Virage bien négocié. Le deuxième chez qui on sent pointer l'envie de ne pas passer sa vie à sampler des rythmes de batucada, c'est French Fries aka Valentino Canzani, qui lui aussi revient de loin.
Blog
French Fries: Everything
louis vial
The Emperor Machine vs. Andrew Weatherall: Like A Machine
Olivier Lamm
Je suis trop content. Une fois n'est pas coutume, je peux utiliser l'expression "les grands esprits se rencontrent" dans un article. Je veux dire, si je ne peux pas l'utiliser dans un article qui parle d'un remix d'Emperor Machine par Andrew Weatherall, je ne pourrai jamais l'utiliser ailleurs.
The Men: I Saw Her Face
louis vial
Paradoxe. Ils sont de plus en plus nombreux, les Brian De Palma en herbe, à recevoir un 5D pour leur anniversaire et pourtant, on n'a jamais vu autant de vidéos low tech déferler sur l'internet peu à peu transformé en autel du Dieu VHS. Le dernier clip en très basse définition et en couleurs saturées qu'on a vu sur Youtube, c'est celui de I Saw Your Face par The Men, extrait de New Moon, leur quatrième album sorti sur Sacred Bones et dont on ne vous a que trop peu parlé. On profite donc de la sortie de ce vidéo-clip tout frais et faussement vieux pour rattraper notre silence honteux.
Death Grips: Lock Your Doors
Olivier Lamm
Salut Internet! T'en as fini avec Death Grips ou pas? Les clips déglingo tournés à la webcam ça te plaît encore? Et les bruits de ta vie sur ton ordinateur en boucle dans un morceau de noise-rap-qu'en-fait-est-pas-du-rap? Nan? T'es passé à autre chose? Les doigts d'honneur, la déconstruction de la rébellion et les gros zizis sur les pochettes de disques virtuelles ça te fait plus rire, même au deuxième degré? Et au troisième? Non plus? T'es passé à autre chose? T'attends juste la prochaine mixtape de Jeremih et le remix de Phoenix par Disclosure?
King Britt: A Sonic Journey Into AfroFuturism
louis vial
King Britt est ce genre de mecs dont le CV force le respect et l'admiration jusqu'à en attraper le vertige. Co-boss jusqu'en 2001 du label Ovum, King Britt (c'est son vrai nom) a travaillé avec un bon nombre de poids lourds de la house, du hip hop, de la néo-soul, bref, de la musique noire contemporaine. Depuis 2009, le monsieur est aussi à la tête d'un groupe/label du nom de Saturn Never Sleeps, un projet arty en hommage à Sun Ra, légende du jazz libre notamment connu parce qu'il croyait que ses ancêtres venaient de Saturne et qu'il prônait un retour aux racines interstellaires de l'humanité. D'accord...
Siriusmo: Itchy
Olivier Lamm
Ce qui est chouette avec Siriusmo, c'est qu'il est si doué qu'on veut tout lui pardonner. Débarqué du graffiti et de la faille de l'urban music teutonne, habité d'un sens de l'humour vraisemblablement pas si éloigné de celui de Stupeflip, le mec est pourtant capable de tout sublimer, turbines avec cymbales écrasées, pompes éhontées de Oizo ou Jackson ou tracks d'acid jazz chantées en Allemand.
Alpine Decline: Personal History
louis vial
Vu d'ici, le cas du duo Alpine Decline est plutôt difficile à cerner, et essayer provoque quelques sueurs froides. Leur musique a beau être une sorte de "pop-shoegaze" tout à fait pitchforko-compatible, Alpine Decline m'intrigue plus que n'importe quel groupe de métal satanique scandinave et me file presque autant les jetons que la première fois où j'ai écouté Revolution Number 9 des Beatles en fixant la porte entr'ouverte de ma chambre de pré-ado.
Dean Blunt: X-Tasy
Olivier Lamm
Pour Dean Blunt, moitié des raisonnablement hypés et, à mon goût, pas assez controversés Hype Williams, la très fine limite entre brillante remise en cause de nos habitudes de bouffeurs de pop et foutage de gueule n'est pas un sujet de questionnement, c'est une raison d'être. Ainsi depuis le temps qu'il sort des trucs avec Hype Williams ou en solo (notamment sur Hyperdub, c'est pas rien) et qu'on l'invite à faire des machins dans les gros centres d'art contemporain, je n'ai toujours pas réussi à me faire mon avis sur ses petits bidules lofi, collages désincarnés et quasi-chansons presque-belles-mais-pas-tout-à-fait-quand-même.
Dope Body: Leather Head
Olivier Lamm
Dope Body, c'est ce petit groupe de hardcore MOR sympa qu'on avait pris un peu par-dessus la jambe à la sortie de son Natural History, en juin dernier; pas d'humeur à se laisser gagner par l'excitation, on avait pris note de l'énergie disons, colorée du quatuor de Baltimore mais aussi fait un peu la fine bouche devant sa propension à singer ses aînés, Fugazi, The Jesus Lizard, The Germs et, plus improbablement, The Clash (certes pas le groupe le plus singé ces 10 dernières années, c'est à saluer).
Groupshow: Countdown to Naptime (edit)
Olivier Lamm
Pour ceux que ça intéresse pas trop, un group show, en jargon art contemporain, est une exposition collective: on y invite plusieurs artistes à y confronter oeuvres, visions de l'art et "visions du monde" (dans un catalogue, il y aurait écrit "phénoménologisations épocales"), si possible dans l'entente et l'harmonie. En musique, où notes et actions font un langage, la collaboration coule de source. Depuis un siècle que l'improvisation collective est établie comme la deuxième manière la plus naturelle de jouer de la musique en Occident, la "communication" entre les musiciens est même un présupposé de qualité, voire un droit d'entrée a minima pour rentrer dans la catégorie "musique".