King Britt est ce genre de mecs dont le CV force le respect et l'admiration jusqu'à en attraper le vertige. Co-boss jusqu'en 2001 du label Ovum, King Britt (c'est son vrai nom) a travaillé avec un bon nombre de poids lourds de la house, du hip hop, de la néo-soul, bref, de la musique noire contemporaine. Depuis 2009, le monsieur est aussi à la tête d'un groupe/label du nom de Saturn Never Sleeps, un projet arty en hommage à Sun Ra, légende du jazz libre notamment connu parce qu'il croyait que ses ancêtres venaient de Saturne et qu'il prônait un retour aux racines interstellaires de l'humanité. D'accord...
Blog
King Britt: A Sonic Journey Into AfroFuturism
louis vial
Siriusmo: Itchy
Olivier Lamm
Ce qui est chouette avec Siriusmo, c'est qu'il est si doué qu'on veut tout lui pardonner. Débarqué du graffiti et de la faille de l'urban music teutonne, habité d'un sens de l'humour vraisemblablement pas si éloigné de celui de Stupeflip, le mec est pourtant capable de tout sublimer, turbines avec cymbales écrasées, pompes éhontées de Oizo ou Jackson ou tracks d'acid jazz chantées en Allemand.
Alpine Decline: Personal History
louis vial
Vu d'ici, le cas du duo Alpine Decline est plutôt difficile à cerner, et essayer provoque quelques sueurs froides. Leur musique a beau être une sorte de "pop-shoegaze" tout à fait pitchforko-compatible, Alpine Decline m'intrigue plus que n'importe quel groupe de métal satanique scandinave et me file presque autant les jetons que la première fois où j'ai écouté Revolution Number 9 des Beatles en fixant la porte entr'ouverte de ma chambre de pré-ado.
Dean Blunt: X-Tasy
Olivier Lamm
Pour Dean Blunt, moitié des raisonnablement hypés et, à mon goût, pas assez controversés Hype Williams, la très fine limite entre brillante remise en cause de nos habitudes de bouffeurs de pop et foutage de gueule n'est pas un sujet de questionnement, c'est une raison d'être. Ainsi depuis le temps qu'il sort des trucs avec Hype Williams ou en solo (notamment sur Hyperdub, c'est pas rien) et qu'on l'invite à faire des machins dans les gros centres d'art contemporain, je n'ai toujours pas réussi à me faire mon avis sur ses petits bidules lofi, collages désincarnés et quasi-chansons presque-belles-mais-pas-tout-à-fait-quand-même.
Dope Body: Leather Head
Olivier Lamm
Dope Body, c'est ce petit groupe de hardcore MOR sympa qu'on avait pris un peu par-dessus la jambe à la sortie de son Natural History, en juin dernier; pas d'humeur à se laisser gagner par l'excitation, on avait pris note de l'énergie disons, colorée du quatuor de Baltimore mais aussi fait un peu la fine bouche devant sa propension à singer ses aînés, Fugazi, The Jesus Lizard, The Germs et, plus improbablement, The Clash (certes pas le groupe le plus singé ces 10 dernières années, c'est à saluer).
Groupshow: Countdown to Naptime (edit)
Olivier Lamm
Pour ceux que ça intéresse pas trop, un group show, en jargon art contemporain, est une exposition collective: on y invite plusieurs artistes à y confronter oeuvres, visions de l'art et "visions du monde" (dans un catalogue, il y aurait écrit "phénoménologisations épocales"), si possible dans l'entente et l'harmonie. En musique, où notes et actions font un langage, la collaboration coule de source. Depuis un siècle que l'improvisation collective est établie comme la deuxième manière la plus naturelle de jouer de la musique en Occident, la "communication" entre les musiciens est même un présupposé de qualité, voire un droit d'entrée a minima pour rentrer dans la catégorie "musique".
Câlin: Menaces & Opportunités
louis vial
Depuis que Black Strobe donne dans le blues rock synthétique en cravates texanes, la France manque cruellement d'un groupe de techno couillu qui n'a pas peur des rythmiques bêtes et méchantes ou des comparaisons avec Nitzer Ebb. Si on nous avait dit que le duo grenoblois Câlin allait reprendre le flambeau de l'electroclash et de la techno-porno à la française, on y aurait certainement pas cru, et pourtant...
Paul Simon: Diamonds On The Soles of Her Shoes (Âme Private Edit)
Olivier Lamm
Il y a deux types de fans de pop sur la Terre: ceux qui aiment et connaissent Graceland et les autres. Paru au coeur de l'enfer esthétique des années 80 (période caisse claire qui claque, solo de Kenny G et basse active) et dans la tourmente d'une polémique pas piquée des hannetons (rappelons que Paul Simon a enregistré à Johannesburg sans ouvrir son caquet sur l'Apartheid) "le disque fondateur de la world music moderne" a enfanté tellement de monstres et de projets crossover ignominieux qu'on a vite fait, même quand on fouille avec perversité les bas-fonds des années 80, de le ranger d'office dans la catégorie "opera non grata".
Peter Gordon & Factory Floor: Beachcombing / C side
louis vial
On a déjà évoqué sur The Drone la déroutante facilité avec laquelle le trio briton Factory Floor s'acoquine avec les légendes vivantes de tout ce qui porte l'étiquette "post-punk". Validés par Chris Carter et Mark Stewart avec lesquels ils ont collaboré, les trois londoniens que la rumeur dit un poil tires-au-flanc mais bourrés de talent, vivent le rêve de tous les post-pubères que le destin, dans sa mystérieuse sagesse, a un jour poussé à mater Synth Britannia sur Youtube. Et maintenant que nos trois héritiers officiels de la musique déviante d'autrefois connaissent la méthode, aucune raison pour eux de s'arrêter en si bon chemin: c'est en effet avec Peter Gordon, le compositeur et saxophoniste affilié à l'avant-garde downtown de la Grosse Pomme, qu'ils s'apprêtent à sortir un nouveau maxi sur Optimo, rien que ça.
Pépé Bradock: Acid Test 07
louis vial
"Can you pass the acid test ?". Cette phrase, attribuée aux expérimentations du docteur Timothy Leary et récurrente dans toutes les recherches Google sur le LSD, pourrait aussi bien résumer le défi proposé par le label Acid Test aux artistes qu'il sollicite, à savoir d'utiliser une TB-303 (cette petite boîte grise synonyme des heures de gloire de la musique estampillé smiley jaune) sans sonner comme un disque sorti sur Trax il y a 25 ans. Un challenge relevé haut la main pour la septième sortie du label californien par le plus énigmatique et le plus respecté des producteurs français: Pépé Bradock.