Pour Dean Blunt, moitié des raisonnablement hypés et, à mon goût, pas assez controversés Hype Williams, la très fine limite entre brillante remise en cause de nos habitudes de bouffeurs de pop et foutage de gueule n'est pas un sujet de questionnement, c'est une raison d'être. Ainsi depuis le temps qu'il sort des trucs avec Hype Williams ou en solo (notamment sur Hyperdub, c'est pas rien) et qu'on l'invite à faire des machins dans les gros centres d'art contemporain, je n'ai toujours pas réussi à me faire mon avis sur ses petits bidules lofi, collages désincarnés et quasi-chansons presque-belles-mais-pas-tout-à-fait-quand-même.
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Dean Blunt: X-Tasy
Olivier Lamm
Dope Body: Leather Head
Olivier Lamm
Dope Body, c'est ce petit groupe de hardcore MOR sympa qu'on avait pris un peu par-dessus la jambe à la sortie de son Natural History, en juin dernier; pas d'humeur à se laisser gagner par l'excitation, on avait pris note de l'énergie disons, colorée du quatuor de Baltimore mais aussi fait un peu la fine bouche devant sa propension à singer ses aînés, Fugazi, The Jesus Lizard, The Germs et, plus improbablement, The Clash (certes pas le groupe le plus singé ces 10 dernières années, c'est à saluer).
Groupshow: Countdown to Naptime (edit)
Olivier Lamm
Pour ceux que ça intéresse pas trop, un group show, en jargon art contemporain, est une exposition collective: on y invite plusieurs artistes à y confronter oeuvres, visions de l'art et "visions du monde" (dans un catalogue, il y aurait écrit "phénoménologisations épocales"), si possible dans l'entente et l'harmonie. En musique, où notes et actions font un langage, la collaboration coule de source. Depuis un siècle que l'improvisation collective est établie comme la deuxième manière la plus naturelle de jouer de la musique en Occident, la "communication" entre les musiciens est même un présupposé de qualité, voire un droit d'entrée a minima pour rentrer dans la catégorie "musique".
Câlin: Menaces & Opportunités
louis vial
Depuis que Black Strobe donne dans le blues rock synthétique en cravates texanes, la France manque cruellement d'un groupe de techno couillu qui n'a pas peur des rythmiques bêtes et méchantes ou des comparaisons avec Nitzer Ebb. Si on nous avait dit que le duo grenoblois Câlin allait reprendre le flambeau de l'electroclash et de la techno-porno à la française, on y aurait certainement pas cru, et pourtant...
Paul Simon: Diamonds On The Soles of Her Shoes (Âme Private Edit)
Olivier Lamm
Il y a deux types de fans de pop sur la Terre: ceux qui aiment et connaissent Graceland et les autres. Paru au coeur de l'enfer esthétique des années 80 (période caisse claire qui claque, solo de Kenny G et basse active) et dans la tourmente d'une polémique pas piquée des hannetons (rappelons que Paul Simon a enregistré à Johannesburg sans ouvrir son caquet sur l'Apartheid) "le disque fondateur de la world music moderne" a enfanté tellement de monstres et de projets crossover ignominieux qu'on a vite fait, même quand on fouille avec perversité les bas-fonds des années 80, de le ranger d'office dans la catégorie "opera non grata".
Peter Gordon & Factory Floor: Beachcombing / C side
louis vial
On a déjà évoqué sur The Drone la déroutante facilité avec laquelle le trio briton Factory Floor s'acoquine avec les légendes vivantes de tout ce qui porte l'étiquette "post-punk". Validés par Chris Carter et Mark Stewart avec lesquels ils ont collaboré, les trois londoniens que la rumeur dit un poil tires-au-flanc mais bourrés de talent, vivent le rêve de tous les post-pubères que le destin, dans sa mystérieuse sagesse, a un jour poussé à mater Synth Britannia sur Youtube. Et maintenant que nos trois héritiers officiels de la musique déviante d'autrefois connaissent la méthode, aucune raison pour eux de s'arrêter en si bon chemin: c'est en effet avec Peter Gordon, le compositeur et saxophoniste affilié à l'avant-garde downtown de la Grosse Pomme, qu'ils s'apprêtent à sortir un nouveau maxi sur Optimo, rien que ça.
Pépé Bradock: Acid Test 07
louis vial
"Can you pass the acid test ?". Cette phrase, attribuée aux expérimentations du docteur Timothy Leary et récurrente dans toutes les recherches Google sur le LSD, pourrait aussi bien résumer le défi proposé par le label Acid Test aux artistes qu'il sollicite, à savoir d'utiliser une TB-303 (cette petite boîte grise synonyme des heures de gloire de la musique estampillé smiley jaune) sans sonner comme un disque sorti sur Trax il y a 25 ans. Un challenge relevé haut la main pour la septième sortie du label californien par le plus énigmatique et le plus respecté des producteurs français: Pépé Bradock.
C.L.A.W.S: That Magik
louis vial
En deux ou trois clics et un passage obligatoire sur Discogs, on a appris que C.L.A.W.S, aka Brian Hock, était un producteur de San Francisco habitué des labels Bar25 et Tigerbass (Kid606, dDamage). Vous l'aurez compris, on ne savait rien du bonhomme avant de tomber au hasard du web sur son morceau "That Magik" qui sort sur Ecstasy, le label de Portland tenu par le trio Miracles Club, très porté sur le son de Chicago pré-90s.
Cristian Vogel: Inertials 45 Dub Mix
Olivier Lamm
Il y a quelques jours, Fact Magazine publiait une double liste des "meilleurs albums techno dont vous n'avez jamais entendu parler". Joyeusement snob, réellement surprenant et bourré à craquer de conseils dignes d'une visite chez un sensei de karaté, l'article (signé en loucedé par un acteur passionnant de la musique électronique dont on doit malheureusement prolonger l'anonymat) fournissait tips précieux pour réévaluer des disques depuis longtemps relégués aux cartons sous le lit (Desert Scores de Ian O'Brien, Beyond Gravity de Nu-Era alias Marc Mac de 4 Hero...) ou partir à l'assaut du Marketplace de Discogs pour tenter de se procurer tous les autres (Dat Jag Vet de Cari Lekebusch, Android Architect de In Sync vs. Mysteron- Painless de The Connection Machine, The Supreme Negative de Portion Reform, vous m'arrêtez si vous connaissez).
Change The Beat: The Celluloid Records Story 1979-1987 (Update)
Louis Vial
S'il y a bien un label représentatif du joyeux bordel qui règnait sur l'axe Paris/New York pendant les années 80, c'est Celluloid. En fait, il y en a deux, aux parcours étonnement similaires: ZE Records et Celluloid, tous deux créés par des Français fascinés par le creuset multi-ethnique et pluri-genres de la Grosse Pomme: Michel Esteban et Jean Karakos.
Basé à Paris, ce dernier, petit magnat du disque français qui a notamment participé à l'aventure Actuel en s'occupant d' Actuel BYG, a d'abord monté Celluloid en signant des licences pour le marché hexagonal. Très vite, il se met aussi à signer des artistes du cru, notamment tout ce qui se fait de plus excitant dans la synth-pop naissante: Mathématiques Modernes, Metal Boys (le side-project des trublions de Metal Urbain), Jacno ou encore Les Garçons, avec et sans Marie.