La programmation sur le site officiel du festival.
Blog
La playlist de la Villette Sonique 2013
Clément Mathon
Jessica 93 : Who Cares
Clément Ibagne
Il y a quelque chose de pourri au royaume de Teenage Menopause Records. Attention, qu'on s'entende bien, quand je dis pourri, comprenez magnifiquement chaotique. Chaque nouvelle sortie est l'occasion de prêcher l'apocalypse avec un peu plus de conviction, de prolonger la débauche, de pousser l'orgie toujours plus loin. J.C.Satàn, Catholic Spray, Scorpion Violente, chacun y va de sa petite hérésie et alors qu'on pensait avoir tout vu tout entendu, Jessica93 rejoint la secte avec un premier LP, conjointement sur Teenage Menopause, Et Mon Cul C'est Du Tofu? (label au roster à faire tourner de l'oeil et à l'URL la plus belle des interwebs indie français) et Music Fear Satan (disquaire à la cool à Paris). Autant dire une belle oeuvre collective.
Derrière son pseudo de skyblog (rigole pas, on en a trouvé un!), se cache non pas une femme, mais un homme: Geoffroy Laporte, c'est son nom, est le one-man-band le plus shoegazo-ménopausé du crew. Il nous gratifie d'un Who Cares bien cold et bien dark, à ranger quelque part entre Frustration et The Soft Moon. Celui qui en parle le mieux, c'est encore notre très copyrighté e-confrère de J'irai verser du Nuoc-Mam Sur Tes Tripes, Who Cares est un disque où "chaque titre est comme une cigarette tachant le bleu doux de la nuit, fumée lentement et avec abandon avant l'assaut final sur le monde". En un mot, incandescent.
Judah Warsky: Garden of Love
Olivier Lamm
J'ai entendu dire que c'était la journée du nu sur Facebook. Outre le fait que l'existence même de ce genre d'initiatives a minima dans notre monde largement desengagé me surprendra toujours (et que ce ne sont pas les alternatives pour poster des insanités qui manquent), la coïncidence arrange bien mes petites affaires: plus la peine de vous tricoter un pénible laïus analytique sur le régime de l'image destroy dans les vidéo clips des artistes Pan European, il me suffit de vous dire que ce clip mélange fiérots toros bravos mugissant dans la poussière au ralenti et gros plans d'amour saphiques éclairés à la lava lamp pour être pile-poil dans le sujet du jour (et vous faire cliquer plus vite que votre ombre, bande de petits salopiots).
Outre la jolie lingerie des jeunes filles (et un titty flashing remarquable à 1.11), la deuxième vertu de cette collection de séquences coquines réalisée par une certaine Laurie Lassalle est de nous redonner envie d'écouter le joli album joliment intoxiqué du Chicros en goguette Judah Warsky sorti il y a un peu plus d'un an, et notamment de ce joli moment d'intensité placé en avant-dernière position de sa face B. D'autant que les paroles sont piquées à un fameux poème de William Blake, ce vieux pote mystique qui discutait avec les anges en faisant des rondes dans les bas-fonds de Mayfair.
Qu'aurait-il eu à dire sur ces taureaux et ces tétons, le vieux Barde? Dans la mesure où The Garden of Love évoque "le naturel de la sexualité et la manière dont les religions organisées repriment nos désirs naturels", je pense qu'il aurait trouvé ça "cool".
Sensate Focus: 1.6
Clément Ibagne
What's new du côté de chez Sensate Focus ? On vous à déjà parlé de ce sous-label de Mego qui, avec Mark Fell comme seul vrai maître à bord, continue son avancée dans la house music chirurgicale découpée au scalpel. Le projet n'était pas une réelle suprise: Mego et Mark Fell en particulier n'ont jamais cachés leur attache quasi-religieuse pour une production musicale algorithmico-scientifique guindée (je vous laisse aller lire les descriptions des albums de Mark Fell sur le site de Mego, les non-initiés passeront rapidement leur chemin). Le neuf donc, c'est un nouvel EP et un nouveau compagnon de jeux: Sasu Ripatti, qui lui aussi de son côté, mêle depuis longtemps la house à ses ambiances sonores bizarroïdes (voir son audacieux et précurseur Vocalcity sous le nom de Luomo sortie en 2000).
Patrick Vian: Oreknock
Olivier Lamm
De la difficulté de trouver sa voie quand on est fils d'un grand Monsieur, blah blah blah. Comme son patronyme l'indique, Patrick Vian est le fils de Boris, écrivain adoré, songwriter essentiel, chroniqueur-trompettiste-passeur de jazz swing et Dieu jamais oublié de Saint-Germain-des-Prés.
Né au milieu de la Guerre, orphelin de son père dès 1959, Patrick est le contraire d'un enfant de la balle même si Jean-Paul Sartre, via l'affection qu'il portait à sa mère Michelle, le soutint en poussant Red Noise, son premier groupe (catalogué "pre-punk" par internet) dans les revues de l'époque. Ainsi quand il parle aux médias français aujourd'hui, c'est pour évoquer les plats préférés de Papa, Jacques Prévert qui picole à la fenêtre, Sartre qui signe des pa
KMFH: Crushed
Olivier Lamm
Que les connaisseurs nous pardonnent, on a été très long à la détente pour vous parler de ce vrai beau événement qu'est le premier album officiel de Kyle Hall.
La raison en est à la fois simple et compliquée: on aime plutôt bien la musique de ce wonder kid de Detroit, on suit volontiers ses activités de musicien et les actualités de son label Wild Oats; mais vie-sur-internet oblige, on est aussi passablement saoulés par les cotes délirantes des artisans house de Detroit dès qu'ils sont sociopathes (=ils sont encore sur myspace), qu'ils font des maxis lo-fi (=ils enregistrent leurs morceaux comme des cochons) et qu'ils sont adoubés soit par Omar S, soit Theo Parrish, soit les deux.
Ty Segall: Sleeper
Clément Mathon
Vous ne l'aviez pas vu venir celle-là! Ben nous non plus. La maison mère de Ty Segall, Drag City, nous annonce pourtant la suite de Twins sorti en septembre dernier, pour le 20 août 2013. Teaser Serge:
Holden: Renata (Daphni Remix)
Olivier Lamm
"Holden remixé par Daphni": on a même pas honte de l'écrire, on a fretillé à plusieurs extrémités à la simple lecture des deux noms dans la même phrase.
Rappelons rapidement les faits pour nous justifier de cette fan-béatitude: James Holden est actuellement en pleine prépa préliminaire de la sortie de son très attendu deuxième album, le grandiose The Inheritors (qu'on dit grandiose en connaissance de cause, on l'a grâce à une bonne amie) quand le Canadien Dan Snaith continuer de cruiser tranquillement au-dessus des nuages, en état de grâce mérité depuis la sortie de l'album plus ou moins définitif de Daphni.
Lucy & Speedy J : Zeitgeber
Clément Ibagne
Souvenez vous, il y a quelque mois on vous parlait de cette collaboration technoïde entre le jeune pousse Blawan et le vénérable Surgeon avec Trade, où l'apprenti rencontrait le maître dans un obscur maelstrom de beats tapageurs et de distinction. Eh bien, Zeitgeber c'est un peu la même chose et en high level: Lucy, boss de Stroboscopic Artefact, qui s'acoquine avec Speedy J, vétéran des années 90.
Grand trublion techno, contemporain d'Unit Moebius, depuis le début des années 90 et ses premières sortie chez Plus 8 ou Warp, le Hollandais n'a jamais quitté son petit bonhomme de chemin, précédé pas mal de modes et surtout bousculé plusieurs fois ses propres petites habitudes. La première fois, c'était en 1997, avec Public Energy No
Issakidis: Karezza
Olivier Lamm
Combien sont-ils, dans la house française, à avoir fait muter la French Touch sans la renier? Ici, on les compte sur les doigts de la main: I:Cube, Jackson, Krikor, Pépé Bradock... Et puis le grand Georges Issakidis. Affilié à la scène par ses amitiés (les gens du Pulp et de Kill the DJ) et sa collaboration dans The Micronauts avec Christophe Monnier, auto-posté sur sur la touche pour son amour du matos rare et des logiciels de pointe, "le plus grand excentrique de la scène électronique française" (dixit cette bio) fait surtout partie des plus farouches inventeurs de formes de notre exception culturelle électronique. A la fois savant, virilement indus et irresistiblement lascif, plein de funk et de matières instables, son midtempo gris-coloré parade exactement à mi-chemin de Moroder et Autechre. La seule rançon de cette merveilleuse singularité musicale élaborée loin des modes et des banquets, c'est sa rareté.