Aucun critique censé ne le répétera jamais assez, la rencontre de la musique classique (canal historique, 1567 - 1920) et de la musique électronique est une très mauvaise idée. Sur l'échelle des mauvaises idées motivées par les mirifiques avancées techniques de ces trente dernières années, il est même très possible que ça soit la pire de toutes. On ne parle pas des expériences plus ou moins foireuses, plus ou moins fantastiques qui ont lieu toutes les semaines dans les sous-sols de l'IRCAM à la suite de Varèse et Stockhausen, ni des adaptations fantasques de Walter Carlos ou Isao Tomita pour synthés modulaires. Non, on pense plutôt à toutes ces vilaines tentatives symphoniques qui éludent kitschement un demi-siècle d'avant-gardes et remontent direct à la Grande Musique pour tenter le casse chez les officiels de la culture: sans même compter tous ces moments embarrassants ou des cordes se sont tapé l'incruste dans des mauvais disque d'electropop, on pense aux tentatives poucraves de Jeff Mills avec un orchestre philarmonique, aux collages précieux - chichiteux du Mexicain Murcof, au Best Of de Carl Craig re-arrangé par l'enfant prodige Francesco Tristano.
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ambient
".Biosphere: L'incoronazione di Poppea
Olivier Lamm
Brian Eno: Imaginary Landscapes
Olivier Lamm
Eno en 1989 n'est pas exactement Eno à l'acmé de la créativité: il zone dans les disques d'ambient de seconde zone avec les éternels buddies Daniel Lanois et Harold Budd, il a accouché deux ans avant The Joshua Tree dans un étonnant confort esthétique et The Orb ou The KLF n'ont pas encore lancé la vague chillout qui le re-sacrera une nouvelle fois, deux trois ans plus tard, pape des gobeurs de pilules et de patchouli.
Mais le monde est ainsi fait qu'il y a toujours quelque part dans le monde un réalisateur ou un rock critic pour écrire, interroger ou s'extasier sur Brian Eno, et que Brian Eno a toujours quelque chose d'intéressant à dire.
Kira Kira: Cutthroat Roundabout
Olivier Lamm
Du mystère des nations de son. Depuis ce jour heureux mais glacial où l'Australien Ben Frost a eu l'idée de s'exiler en République d'Islande pour y prendre possession des Greenhouse Studios, tous les musiciens du coin (et Odin sait qu'ils sont nombreux) se sont mis au diapason de son ambiant orchestral assombri et mysticisé au metal arty, à la musique industrielle et à Arvo Pärt. Aujourd'hui, c'est à la semi-vétérante Kristin Björk Kristjansdottir de plonger dans le précicipe.
Shackleton: Music for the Quiet Hour, The Drawbar Organ EPs
Olivier Lamm
Sérieusement, combien sont-ils parmi les garçons de la bass music anglaise à s'octroyer le droit de rester volontairement et en permanence en retrait du jeu des trends?
Mergrim: Sgustok Magazine Podcast 027
Camille Larbey
Régulièrement, armé de translate.google.com, je m'attarde chez Sgustok, un sympthique webzine biélorusse qui met en avant des artistes d'après-demain. Aujourd'hui, Sgustok a filé les clés de la boutique à Takahisa Mitsumori, a.k.a. Mergrim, un producteur japonais aux cheveux soyeux, également membre du crew mophOne et boss du label Moph Records.
Sur ce podcast fort plaisant, Mergrim mixe la quasi-totalité de son album "Invisible Landscape", mais dans le désordre et avec quelques versions live. Ce qui nous permet donc d'apprécier son savoir-faire. Coté musique, il tape dans la sainte trinité "Glitch / IDM / Ambient" : ça c
Rod Modell : LWE Podcast 113
Olivier Lamm
Evidemment, la dub techno est le genre le plus emmerdant qui soit. Toujours les mêmes pochettes de paysages estoniens sous la neige, toujours les mêmes titres abscons, toujours les mêmes noms de label avec "echo", "dub" ou "deep" dedans. Pour peu, cette reproduction par symetrie axiale absurde nous ferait presque oublier la radicalité sépulcrale des premiers Maurizio ou Basic Channel.
Au milieu de cette mélasse, l'Américain Rod Modell est presque l'exception qui confirme la règle. Echappé du terreau ambiant post-industriel de la première moitié des années 90s, il a publié une poignée d'albums réputés sous divers pseudos obscurs (Waveform Transmission, CV, Global Systems Silently Moving) avant de fonder avec DeepChord la réponse américaine la plus précieuse à Basic Channel, justement. Jouissant depuis The Coldest Season d'une nouvelle notoriété très méritée dans les cénacles nerd berlinois, il enchaîne depuis deux, trois ans les baleines blanches ambient techno avec une verve et une rapidité estomaquante. On ne lui en veut pas: les disques sont toujours les mêmes, mais ils sont tous formidables.
Là, il fait un gros mix pour Little White Earbuds sur lequel il joue beaucoup sa propre musique et celle de son inséparable partner in crime Stephen Hitchell (Intrusion, CV313, Echospace), mais pas seulement (Andy Stott, Mike Huckaby, Claro Intelecto, Mike Dehbert...). Les grosses nappes delay-ées typiques du genre sont au rendez-vous, bien sûr, mais elles s'évaporent aussi à l'occasion pour laisser place à une sorte de deep techno lente et boueuse, hyper texturée, qui dépasse largement le cadre de la vieille tradition. C'est très beau, presque novateur même. Two thumbs up pour le vétéran, sa musique de fond est bonne, bonne, bonne.
Loops Of Your Heart: And Never Ending Nights
Clément Mathon
On ne s’attendait pas à reparler si tôt de la nouvelle plus belle moustache de l’électro, mais c’était sans compter la proposition du label colognais Magazine de vous faire découvrir en avant-première trois des sept titres du nouveau projet de l’homme derrière The Field, Axel Willner.
Voici donc à nouveau le roi de la boucle, dont on vous laisse découvrir l’interview et la bio, sous l’avatar Loops Of Your Heart (on se réinvente pas comme ça hein), aux manettes d’un projet ambiant, que le communiqué de presse nous décrit comme “reflétant l’expérience d’Axel visitant l’Allemagne”. Un carnet de voyage hypnotique produit grâce au même arsenal de synthés et de samples mystérieux utilisés sur The Field.
Jonathan Fitoussi: Pluralis
Clément Mathon
Y’a du neuf dans la cave des psychés parisiens de Pan European Recordings, et on a failli passer à côté. Au début de ce mois de novembre, la maison mère de Koudlam, Etienne Jaumet, Sir Alice, Aqua Nebula Oscillator, ou encore Service, sortait Pluralis, soit le nouveau projet tout en nappes analogiques de Jonathan Fitoussi.
A Radio France, Jonathan travaillait au G.R.M. pour Groupe de recherches musicales, une sorte de laboratoire rattaché à l’INA très branché électroacoustique, qui planche H24 à l’élaboration des génériques de demain, et qui pour finir de planter le décor, compte parmi ses membres d’honneur un certain Jean-Michel Jarre. Au GRM donc, Jonathan rencontre un autre passionné de musique au mètre, Alexandre Bazin, avec qui il monte Two Colors. Et c’est alors pour ma part la première fois que j’entends parler de cet amoureux de la nappe analogique.
Le revoici donc aujourd’hui tout seul, avec un Ambient work bien de chez nous, entièrement en écoute sur le bandcamp de Pan European.
Flourish: Midnight Oracle
Camille Larbey
Pendant longtemps, ce Canadien a officié sous son véritable patronyme, Jesse Somfay. Mais depuis un an, il utilise le moniker de Flourish pour laisser libre cours à ses envies minimales. C’est Zaubernuss (sous-label de Traumschallplatten), qui accueille son deuxième et prometteur EP – Black Blizzard (Summer Like Sour) - dont le clip de Midnight Oracle est extrait.
Blanck Mass: Land Disasters
Thomas Rozec
Benjamin John Power, non content d’avoir un patronyme über-cool et d’être la moitié de l’excellent duo Fuck Buttons, est désormais un artiste solo. Plutôt que de choisir l’évidence qui aurait été de se rebaptiser Power John, et bien que cela nous aurait mis en joie, le jeune anglais s’est choisi le nom de Blanck Mass (oui, ça fait un peu Black Mass) et dévoilera son premier album le 21 juin prochain.