Histoire d'écarter tout malentendu pour le tout-venant qui viendrait à tomber sur cette page : cette sélection n'a pas volonté, comme nous avons pu l'entendre à maintes reprises, à verser dans quelque ironie que ce soit. Nous n'aimons vraiment pas ces disques. Pour de vrai. Voici les 20 croutes discographiques de l'année.
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indie
".La Shitlist 2012 de The Drone
The Drone
The Flaming Lips with Friends: Moonchild
Olivier Lamm
Pas fastoche de se forger une opinion cohérente sur le cas Flaming Lips là, aujourd'hui, en novembre 2012. Vieux fans un peu trimballés, un peu malmenés, on a suivi la vieille bande à Wayne dans la plupart de ses shifts récents (le reset remarquable Embryonic, la tentative VIP Worldwide d'Heavy Fwends avec les monstres post-internet Bon Iver ou Ke$ha) mais on a un peu défaillé sur les chansons de 6 heures, Zaireeka en mode youtube et les jams de 24h vendus dans des crânes humains. Avouons pour ces 3 cas qu'Internet et nos petites vies surconnectées ne nous auront pas laissé le temps d'y consacrer l'attention qu'ils méritaient probablement - mais que voulez vous, des jams de 24h, il faut au moins 24h pour voir à quoi ça ressemble. Pour le classique de la pop repris en intégralité - ici, le premier et légendaire premier album de la première mouture de King Crimson - rappelons que le groupe nous avait déjà fait le coup avec le monument Dark Side of the Moon, que c'était sans le vieux compagnon Dave Fridmann à la console et que c'était vraiment pas terrible.
Dronecast 035 : Fairmont
The Drone
Beak>: Mono
Olivier Lamm
Cadeau de fin d'année de la part du meilleur power trio en activité (j'ai la flemme d'aller déterrer des contre-exemples): un nouveau maxi totalement inédit pour le 10 décembre, histoire pourquoi pas de rappeler leur excellent >> au bon souvenir de notre Toplist de fin d'année qui du coup ne contiendra peut-être pas que du rock français. Et puis comme on l'a déjà écrit ici et là, ce n'est pas demain la veille qu'on va bitcher sur Geoff Barrow.
Japanther: She's the One
Olivier Lamm
Tout le monde ne le sait peut-être pas, mais produire un beau clip en 2012 c'est limite la croix et la bannière. Pendant que Woodkid compte les liasses de billets pour produire ses blockbusters HD, le prolétariat indie doit jongler entre l'autofinancement via papa et maman, les pécules chichement concédées par l'état, le conseil régional ou le PMU local, le crowdfunding voire (en dernier recours) pitchforkmedia.com. Et c'est pas les 100 millions de giga uploadés chaque seconde sur Youtube qui vont permettre à la filière de se relancer.
David Shaw and The Beat: So It Goes
Olivier Lamm
La chance de David Shaw, c'est son grain de voix. Il se trouve qu'il est tout proche de celui de Dave Gahan, moins le fameux devenir-chèvre qui gâche (très) légèrement l'organe sensationnel du frontman de Depeche Mode depuis qu'il arrêté de se piquer (NB pour les Depeche Mode Maniacs qui passeraient par là, vous me faites pas peur).
The National Jazz Trio of Scotland: Jingle Bells
Olivier Lamm
Je vous dis "album de Noël" vous me répondez guimauve au gui, Bing Crosby, Mariah Carey, les 37 versions de "Jingle Bells" par Sinatra ou Barbra Streisand, à la rigueur Destiny's Child ou Phil Spector si vous avez le coeur collectionneur. Côté indé, les tentatives ont forcément plus de gueule mais il y a un gros souci: les tentateurs sont presque toujours des vrais bigots (Low = mormons, Sufjan Stevens = chrétien chelou). Comme l'explique pas mal ce vieil article du Guardian, le principe même d'album de Noël est antithétique de l'essence de la pop (plastique, rebelle, distanciée) et c'est inextricable, puisque les pires sont ceux qui contournent la contrainte en jouant l'ironie.
Reveille, Chris Cohen: Split
Ophélie Livert
On va dire que les grands esprits se rencontrent. Juste au moment où le hip et pertinent Captured Tracks de Brooklyn lui donne sa chance en publiant Overgrown Path, Chris Cohen se fait aussi débaucher par le non moins pertinent mais beaucoup plus parisien (ergo beaucoup moins hip) Clapping Music pour un split 45 tours qu'on aurait bien vu décoré d'un gros coeur en volume, recouvert de pilou.
Chris Cohen: Optimist High
Olivier Lamm
On a commencé à vous en parler dès qu'on a pu, Chris Cohen sort tout bientôt son premier disque sous son nom et c'est beau à chialer. Pas qu'on soit une seconde surpris: l'ex Deerhoof récemment passé par White Magic a déjà publié avec The Curtains et Cryptacize quelques unes des chansons les plus épatantes et (discrètement) ébouriffantes de ces dernières années. Sous l'influence d'un arc-en-ciel de références plus ou moins incongrues (Beefheart, Duke Ellington, les Residents, Bach, le mambo, le highlife d'Afrique de l'Ouest ou la pop thailandaise des 60s) et d'un amour immodéré pour les jeux de forme, Cohen a fait de son songwriting un terrain de jeu à la fois douillet et dangereux, molletonné à la surface mais couvert de reliefs et de périlleuses dépressions en son for intérieur.
Thee Oh Sees: Putrifiers II
Olivier Lamm
Allons y pour une fois sans ambages, le nouveau Thee Oh Sees est super. Ce n'est bien entendu pas si rare que Thee Oh Sees sortent un disque super (le dernier Oh Sees super en date est peu ou prou toujours le dernier Oh Sees en date) mais John Dwyer étant présentement l'un des derniers tatoués d'Amérique, deux côtes confondues, à ne pas être affecté par ce tsunami de désaffection générale pour la chose indie qui nous touche tous (c'est du sérieux, même Ariel Pink est devenu ringard), l'événement devrait au moins nous tenir la semaine.