On réédite Strumming Music de Charlemagne Palestine, pièce maitresse de la musique minimaliste yiddish-dissidente

Et en plus, ça ressort sur les Séries Shandar. Que demande le peuple ?

12.04.2017, par

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À la fin des années 70, Charlemagne Palestine commence sérieusement à en avoir sa claque de la clique des minimalistes new-yorkais, flairant déjà le plan marketing à plein nez et le pillage à venir de faiseurs médiocres et mal intentionnés - et oui, l'homme était déjà bien visionnaire.

Il se détache alors progressivement du big five de la ville (soit Tony Conrad, La Monte Young, Terry Riley, Philip Glass, Steve Reich), et, comme le rappelle notre collaborateur Rubin Steiner dans un portrait publié chez Gonzai en 2014, commence alors à se livrer à un comportement auto-destructeur, bilieux envers ses pairs, hostile envers son public, délaissant un temps son travail enfin. 

Mais en 1974, alors que parait la même année le tout aussi "séminal oublié" Four Manifestations On Six Elements, Charlemagne Palestine vient de passer cinq ans à peaufiner son grand-œuvre, Strumming Music, triturant la pédale forte et les cordes de son piano Bösendorfer pour en tirer une note continue qu'il voulait sublime (et dont les cordes relachées se frotteraient ensemble), perpétuant sa quête monomaniaque du golden sound (chimérique son d'or qu'il cherchait avant tout dans les consonances, l'harmonie et la chaleur qu'il opposait à la musique atonale et à l'intellectualisation de la musique sérielle alors en vogue).

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(c) Bradley Buehring

À ce moment-là, le terme minimaliste n'est pas encore tout à fait officialisé (et donc pas encore récupéré, puis galvaudé), Charlemagne Palestine parsème déjà ses disques et notes de pochettes d'argot yiddish (dont le terme "strumming" qui signifie "raclement" possède une forte connotation sexuelle), n'est pas encore réhabilité pour un public indie par Sonic Youth, mais décore déjà les scènes sur lesquelles il joue de peluches-totems d'animaux mignons, ou simplement empaillés. 

Le disque qui en résulte, divisé en deux pistes, est effectivement le témoignage d'un artiste en quête de sublime, en train de chercher puis de trouver un nouveau langage, qui représente certes une simple page d'une œuvre pléthorique et protéiforme (l'homme compte aujourd'hui près de 80 albums au compteur, mais est également plasticien), mais qui en constitue un des tournants les plus marquants, ou en tout cas les plus identifiés. Charlemagne Palestine a toujours réfuté le terme de minimaliste, le trouvant beaucoup trop réducteur, empesé, ne faisant pas justice à la luxuriance et à la fluidité de sa musique, qu'il préfère nommer sous le terme plus engageant et élastique de "continuum maximaliste". Et lorsqu'on écoute les harmonies en cascade qui forment la charpente de Strumming Music, l'intensité qui ne faiblit tout au long de la pièce pas mais qui semble au contraire ne former qu'un long et continu crescendo, on ne peut que comprendre cette réticence. 

Après The Theatre of Eternal Music de La Monte Young et Four Organs / Phase Patterns de Steve Reich, c'est au tour d'un autre grand totem de la musique répétitive d'avoir droit à sa réédition en grande pompe, via les retrouvées Séries Shandar, label de réédition qui ressort les classiques de l'écurie française légendaire dont il tire son nom

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Commentaires
2
12.04.2017 par Oldbag :
Et ce n'est que le début des réjouissances "Shandariennes", car bientôt aussi sera réédité "Sand" (1977) une merveille signée du Suédois, Ragnar Grippe.
12.04.2017 par zzzz :
Tiens / Tony Conrad était-il aussi connu / re-connu que les autres mastodontes du minimalisme susmentionnés ? J'ai quelques doutes ...
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