Surgeon, Ed Rush & Nico, Tommy Four Seven, Factory Floor - la liste des gens avec qui le Londonien Alistair Wells a travaillé main dans la main ou à distance en dit long sur sa couleur préférée: le Noir profond, celui qui colle à la rétine et qui ne renvoie pas la lumière même à l'état liquide.
Très actif depuis le début des naughties, le boss de Perc Trax s'est bâti une sorte de rempart martial et malin contre la montée en puissance des hippies gentils de Border Community, et ce des lustres avant le retour en grâce des Luke Slater, Female et autres British Murder Boys. Capable à l'instar d'un Regis de finesses tubulaires fabuleuses comme de bourrineries indus à peine croyables, Perc pratique depuis 2002 la répétition ad nauseam, les aplats dissonants, les coups de kicks de 909 dans le foie et de caisses claires en acier trempé dans la mâchoire.
En mode furtif depuis la sortie tardive de son ambitieux premier album l'année dernière, l'Anglais revient ces jours avec un EP cas d'école qui s'ouvre sur le morceau le plus violent de sa carrière mais qui contourne autrement largement la techno. Entièrement bricolé au piano et aux SFX morbides, le morceau qui clôt le maxi ressemble même à du Caretaker. Perfide et beau.
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Le nouvel album des New-Yorkais multipédales en écoute intégrale.
12.06.2012, Marie Hamoneau
On vous a pas mal matraqué avec A Place To Bury Strangers ces derniers temps (là, là, et ici aussi).
On s'en excuserait presque s'il n'y avait Worship, début de révolution twee chez nos fabriquants de boucan et de pédales qui nous touche presque autant que la fin de Rocky.
En ce jour de vent et de pluie digne d'un douze novembre à Nottingham, on vous propose de l'écouter en entier. Que le spleen soit avec vous.
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On n'en avait pas tout à fait rêvé, Frank Ocean l'a quand même fait, le prog'n'b est né.
12.06.2012, Olivier Lamm
Ca fait des mois, voire des années qu'on théorise un peu partout l'émergence hypothétique du prog'n'b, explosion rose fluorescente qui verrait la famille majoritaire de la pop occidentale contemporaine se délester du format radio au profit des non-formats à rallonge audacieux et/ou pompiers du rock progressif. On l'a humé de loin chez The Weeknd, Kanye ou le In The Closet d'R. Kelly, les amphytrions r'n'b veulent étirer leur bluettes de 3.30 en soap à tiroirs ou blockbusters à rebondissements et la musique va devoir suivre à grands renforts d'arrangements laser, de ruptures de ton et de pêches orchestrales dantesques. Déjà engoncée jusqu'au cou dans les dizaines de mutation qu'elle subit chaque mois, la pop music de 2011 pourra-t-elle en sortir grandie?
Le meilleur des inédits du plus grand groupe de rock allemand de tous les temps sort cette semaine. Exclu.
11.06.2012, Olivier Lamm
A l'annonce de la sortie d'un triple disque d'inédits du plus grand groupe de rock allemand de tous les temps, la première question qu'à peu près tous les intéressés se sont fébrilement posés a légitimement été: "Oui mais on parle de vrais inédits ou d'une série d'outtakes et de jams pourris?" Premier élément de réponse trop facile à détourner, le "Millionenspeel" qui nous a été livré en pâture au printemps était tellement effectivement ahurissant qu'on a d'abord craint l'arbrisseau en or massif qui cachait la forêt de pins en plastique. En deuxième sur l'argu marketing et en premier dans les Liner Notes qui accompagnent le coffret, l'absence de nostalgie et de sentimentalité des trois survivants du groupe, qu'on croît sur parole, est affichée comme le meilleur des filtres à merde. Dixit Irmin Schmidt:
"There is something that all four Can members have in common: we are very unsentimental, and not very gifted for nostalgic emotions. And that makes it easier to judge something in cold blood, to decide if it’s good or not. And if it’s tapes from so long ago, you judge it, really, like it is by somebody else.”
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