Gerd : Download Gift

Un set afro-disco qui sent la maladie en écoute.

07.02.2012, par

Il s’appelle Gerd aka Amplified Orchestra aka Jan Bijl si ça vous parle plus, a sorti un maxi sur Clone, semble ne pas être né de la dernière pluie si l’on en croit son Discogs. Il est hollandais, et on sait pour sûr qu’il a passé sa soirée du 24 septembre dernier à Berlin.

Super info me direz-vous, mais c’est sans compter sur la petite pépite afro-space-disco qu’il vient de poster sur son soundcloud, enregistrée ce même soir aux patines du Horst Krzbrz.

1h50 de mix impeccable façon champagne et collier de perles, pubis fournis et décolletés protubérants, à tendance sueur et aller-retours aux toilettes.


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Suzanne Ciani : Second Breath

Des inédits compilés de la "Delia Derbyshire de la Génération Atari", c'est les synth nerds qui vont être contents.
07.02.2012,
Olivier Lamm

Girls with Big Synthesizers, suite et pas fin.

Longtemps reléguée au Purgatoire de la Musique d’ameublement pour chambre d’adolescente avec des posters de licornes sur les murs pour avoir commis le premier tube new-wage de la radio américaine, la Bostonienne Suzanne Ciani est peu à peu reconnue pour ce qu’elle était avant de tomber dans l’abîme: une pionnière de la musique synthétique.

Apprentie puis amie intime de Don Buchla (deuxième père du synthétiseur américain avec Robert Moog), elle fut parmi les premières à étudier la synthèse sonore générée par ordinateur avec l’immense Max Mathews au tout début des années 70. Après quelques années de prosélytisme pour le son électronique à New York (elle a même tenté de fonder un Electronic Center for New Music au sein du Lincoln Center, vite dégagé faute de financements), elle s’est spécialisée dans le biz beaucoup plus lucratif du jingle commercial.

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Suzanne Ciani
Second Breath
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Xosar : Rainy Day Juno Jam

Xosar, ou ton rêve mouillé dans la stéréo.
03.02.2012,
Olivier Lamm

Xosar, c’est ton rêve mouillé: une techno nerd sublime visiblement élevée par Tonton Legowelt, passionnée de matos vintage et de cinéma japonais chelou (elle a fait un clip avec des images du monumental Hausu de Nobuhiko Ôbayashi) qui fait des instrus de jackin’ techno expérimentale sous tranxene et sample sa propre voix pour alanguir la sauce.

Même si l’artwork de Ghosthaus laisserait supposer une énième horreur witch house, même si on culpabilise de s’être attardé un peu plus que de raison sur son cas alors qu’elle n’a sorti que deux maxis, on se dit que la musique y est quand même un peu pour quelque chose: c’est le très respectable label hollandais Rush Hour, qu’on n’oserait jamais suspecter d’avoir flairé un bon plan marketing, qui a sorti Ghosthaus, qui est excellent de bout en bout.

Preuve par le media, on vous propose “Rainy Day Juno Jam”, petite ballade AFX-ienne liquide et faussement pudibonde qui vient du flip. On remercie Guillaume Heuguet de Foolhouse pour le tip.

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Xosar
Rainy Day Juno Jam
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PressPausePlay

Enfin un documentaire pertinent sur le miroir aux alouettes de la "révolution digitale",' et l'invasion en cours du Grey Goo.
03.02.2012,
Olivier Lamm

C’est un paradigme de notre temps qui se vérifie chaque jour que les Dieux de l’internet font: face à la tempête de la révolution digitale, nous sommes pris dans la quadrature du cercle, paumés dans une terra incognita qui s’étend entre des préceptes moraux tous valables mais aussi absolument inconciliables.

Tous nostalgiques de ce temps de vaches maigres où voir un docu de Herzog ou écouter un album de Drexciya, enregistrer un Mellotron ou monter un clip demandaient des efforts considérables, on stocke sur nos disques durs des tonnes de merveilles qu’une vie entière ne suffirait pas pour qu’on puisse en profiter; on milite simultanément pour la libre circulation de la culture et pour la rémunération des acteurs indépendants, on argumente autant sur la démocratisation de l’art que la rareté du talent, on fustige autant l’élitisme petit-bourgeois des vieux musiciens installés que les kids inconscients qui torchent des tracks sur Ableton live entre un twit et un épisode de Breaking Bad.

Bref, nous sommes tous simultanément des luddites modérés et des technopositivistes dépressifs, et le gros des débats ne se fait pas sur internet, mais dans nos propres coeurs.

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