D’emblée, soyons honnête: le hip hop n’a jamais été le genre musical le plus gay friendly qu’il soit.
C’est même un euphémisme, tant il est vrai que certains des artistes les plus en vue du genre n’hésitent pas à traiter tout le monde de “fag” à longueur d’albums, à l’instar de Kanye West.
Seulement voilà, à la Nouvelle Orléans, on ne bêle pas forcément avec le troupeau.
Alors que la ville se remet peu à peu de l’ouragan Katrina, un nouveau genre fait fureur dans les clubs, et commence lentement à s’exporter à travers le pays : le Sissy Bounce.
Association de “Sissy” (“femmelette” en VF) et de “Bounce”, sous-divison du hip hop typique du coin, construit sur un flow ultra saccadé et des beats electro très marqués, le terme à le mérite d’être clair: il s’agit principalement de hip hop fait par des dragqueens et/ou des homosexuels optant pour un discours résolument féministe.
Même s’ils rejettent l’appellation de “Sissies”, ses pratiquants peuvent difficilement nier l’évidence du mouvement, les artistes et les performances se multipliant.
Le plus étonnant reste que les concerts ne sont absolument pas destiné à un public strictement gay. La popularité des représentants phares du genre – Big Freedia (prononcez “Frida”), Katey Red ou Vockah Redu – va bien au delà des cercles d’initiés, et gagne une population de plus en plus mixte.
En se penchant un tant soit peu sur l’histoire artistique de la Nouvelle Orléans, les choses s’éclairent.
La ville a traditionnellement été un berceau pour les performers gays et trans, notamment en ce qui concerne la danse et la musique. Ce qui est donc regardé avec curiosité par le reste des States devient absolument ordinaire une fois passées les frontières de la Louisiane.
Le New York Times vient tout juste de consacrer un excellent reportage sur ce phénomène qui entame actuellement la conquête de la Côte Est.
En bonus, une petite sélection de vidéos des artistes mentionnés plus haut.
La tentation d’employer le mot “culte” à tout bout de champ est trop grande lorsqu’il s’agit d’un groupe qui à fait un petit quelque chose dans les 90′s, et qui revient aujourd’hui avec un disque. On va éviter l’écueil et tâcher de relayer ça correctement, et sans superlatif.
Samedi dernier, The Drone et
C’est le week-end, c’est l’été, c’est l’heure d’aller danser.