Pye Corner Audio, Black Mill Tapes vol.3

Pye Corner Audio capture des fantômes sur des musicassettes et nous les fait écouter.

20.01.2012, par

Dans la myriade de nébuleuses post-internet et hyper nostalgiques à nous être arrivées du Royaume-Uni ces trois, quatre dernières années, celle bien nommée des hantologistes est de loin la plus dense et la plus plus fantomatique. Plus ou moins centralisées par Jim Jupp (alias Belbury Poly) et Julian House (The Focus Group) du conglomérat parapsychologique Ghost Box, les activités ouvertement rétrofuturistes de ce cénacle musicalement informe mais remarquablement cohérent dans ses lubies (les grimoires oubliés d’early electronic music et de musique d’illustration, le folklore feuilleté de l’Old Weird Albion, la tradition du roman horrifique d’Arthur Machen à Algernon Blackwood… bref, reportez vous au fantastique Electric Eden de Rob Young pour y voir plus clair) ne cessent de s’enrichir et de se préciser.Chose chouette pour les nerds, les initiatives les plus captivantes nous arrivent presque toujours saucissonnées dans un fatras mité d’histoires et de délicates mystifications. Dernières occurrences en date, l’Electronic Music in a Classroom de D.D. Denham, sur Café Kaput, et les “transmissions” spectrales de Pye Corner Audio dont on vous parle aujourd’hui.

Dirigée par un “Head Technician” anonyme, cette petite structure déguisée en PME de transfert de bandes analogiques sort depuis 2010 des soi-disant anthologies d’objets trouvés en musicassettes très limitées, et c’est musicalement bien moins anecdotique et emmerdant que ça en a l’air. Parce que le-dit technicien en chef n’est pas seulement un sculpteur doué de matières synthétiques abîmées, c’est un électronicien versatile et palpitant. “Ambient analogique”, “inventions proto-dancefloor”, “manipulations hantées de bandes”, le Head Technician fait tout bien, et compile des missels clair-obscurs durs à classer mais plutôt somptueux. On était donc hyper content de découvrir ce matin, via le Belbury Parish Magazine de Jim Jupp, qu’un troisième volume de ses Black Mill Tapes sortait incessamment, en cassette et en digital, pour trois kopecks. On vous en met un petit extrait, mais on vous conseille surtout de vous perdre dans la petite discographie du label, intégralement streamable sur bandcamp.

Inside The Wave by Pye Corner Audio

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Megaupload fermé, la RIAA et Universal sont attaqués.

On dit merci à Anonymous pour mettre les points sur les i.
20.01.2012,
Clément Mathon

Vous avez tous déjà entendu l’info: le géant de l’hébergement qui te fait patienter 30 sec. avant que tu puisses télécharger ton DivX est tombé hier soir. Une accusation du Département de la Justice américaine formulée comme suit : Megaupload est accusé de “crime organisé, prétendument responsable de piratage en ligne massif et à l’échelle mondiale, à travers Megauplaoad.com et plusieurs sites apparentés, générant plus de 175 millions de dollars de profits criminels et privant ainsi les ayants droit de plus de 500 millions de dollars”. On se régale déjà des réponses massues d’Anonymous.

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Pete Swanson & Rene Hell, For the Ladies

La toute jeune maison d'édition Shelter Press se fait plaisir et sort un disque vinyle.
20.01.2012,
Olivier Lamm

Shelter Press, c’est la toute nouvelle incarnation de Kaugummi Books, émanation small press basée à Bruxelles autrefois spécialisée dans les graphzines d’art et d’illustration qui accompagna largement l’explosion du dessin DIY français: un simple coup d’oeil à l’ancien catalogue vous mettra peut-être sur la voie de l’univers esthétique dont on parle, puisqu’on y retrouve nombre des collaborateurs habituels des indispensables Nazi Knife et Frédéric Magazine comme Frédéric Fleury, Andy Bolus ou Jonas Delaborde. Les habitués de ce singulier underground du dessin savent aussi les liens étroits que ses acteurs entretiennent souvent avec la musique, notamment les multiples avatars de la noise: de Hendrik Hegray (alias Popol Gluant, Helicoptère Sanglante etc.) à Dennis Typhus (Ultra Eczema), nombre de ces artistes sont également musiciens, et il n’est pas rare que les maisons d’éditions se muent en micro-labels spécialisés dans les disque-objets et les éditions limitées.

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François de Roubaix, A vous de jouer Milord

Le génial bidouilleur de la rue de Courcelles en état de grâce.
19.01.2012,
Olivier Lamm

Oh joie, on n’en finit plus d’excaver les perles et les inédits de Françoix de Roubaix. La toute jeune structure audoise Music Box, qui se consacre surtout à la publication de b.o. de grands compositeurs en mode lowkey (l’Emmanuelle 4 de Michel Magne ou la Descente aux enfers de George Delerue, ce genre), a récemment rejoint la danse des rééditeurs du génial bidouilleur de la rue de Courcelles en publiant ses toutes premières musiques de film, composées au milieu des 60s pour son pote de régiment Jean-Claude Roy. Et si cette réédition là vous fait un peu bailler, sachez que le label publie en février la version intégrale inédite de sa bande originale pour la mini-série télévisée A vous de jouer Milord, qui date de 1974, soit le coeur de son état de grâce. Là, il y a de quoi se pâmer.

Vous n’avez jamais entendu parler d’A vous de jouer Milord? Demandez à vos parents, ça devrait leur dire quelque chose. Le héros, joué par Henri Piégay, y dirigeait  ”un groupe d’agents secrets français chargés d’empêcher des espions de s’emparer des secrets du nouveau cerveau électronique de l’AMX-32, un ordinateur révolutionnaire permettant au char français de se déplacer sous l’eau“, Patrick Préjean y jouait un certain Zouroc et Jacques Mauclair faisait le méchant. Mais bref, c’est la musique qui nous intéresse, et elle est belle à pleurer. Auréolée d’un de ses plus beaux et plus gras thèmes synthétiques (déjà présent sur moultes anthologies), composée sur le Putney de la firme britannique EMS (le même que Pink Floyd, Hawkwind et Jean-Mimi), la b.o. est super dense, super électronique, bourrée à craquer de thèmes irrésistibles, d’arpéggiateurs abyssaux et de soundscapes mirifiques. A noter également pour ceux qui connaissent leurs classiques French Disco que les sous-estimés Martin Circus interprètent la version générique de fin du thème (des fois plus c’est con, plus c’est bon). 

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