La seule raison pour laquelle on n'a rien écrit sur Waits and Measures, le nouveau Radioactive Man sorti fin juin après 4 ans de vent du désert, c'est qu'on avait aucun extrait digne de ce nom à vous faire écouter. On est comme ça chez The Drone, y a l'actu coco et puis la priorité au multimédia, quoi. On se rattrape donc comme on peut avec ce mix qu'on aurait été prêt à payer en soupe spéciale pour l'avoir sur notre serveur.
L'inséparable (?) acolyte d'Andrew Weatherhall au sein de Two Lone Swordsmen y allonge, masse et percute quasi exclusivement des morceaux, remixes et fonds de tiroir persos, qu'il saupoudre d'ogives amies groovy compatibles: un Analord parmi les plus fameux de la collec', un reboot de Neil Landstrumm époque techno de la grotte et une tentative en 4/4 du petit maître de la drum'n'bass des années 2010 dBridge. Sans surprise, c'est electro funk cryogénique qui roule, folies acid et basses charnues à tous les étages, avec même un petit détour par la hard house à l'anglaise au milieu pour faire tenir la voûte. De mémoire, la dernière fois qu'on a écouté un mix de Keith Tenniswood c'était pour le Fabric 08 du nom, et ça nous ramène en 2003. On espère juste trouver le bon spot dans la rame de métro ce soir pour apprécier celui-ci comme il faut.

Radioactive Man: Mix for Dazed Digital
Pour la sortie de son nouvel album, Keith Tenniswood fait péter la plaque d'acid.
Hot Chip vs. Major Lazer: Look At Where We Are
Olivier Lamm
Elle en est où la dance US d'après la révolution? Il en est où Diplo depuis qu'il pose sur des photos avec Skrillex, qu'il collabore avec Tiësto et qu'il produit et des clones gréco-galloises de Katy Perry? Il est heureux au moins? Les drop et les kids dans son dernier maxi c'est parce que ça l'amuse ou est-ce que c'est son manager qui le force?
Pour ce qui concerne Major Lazer, Switch est bel et bien parti suite à des "différents artistiques" et on a vu Spinal Tap suffisamment de fois pour savoir ce que ça signifie. Le morceau avec Amber Coffman des Dirty Projectors était co-écrit par sa pomme mais on commençait à avoir vraiment très peur pour Major Lazer Frees the Universe, tome 2 repoussé aux calendes grecques au sujet duquel on ne sait plus rien du tout du tout.
Bertrand Burgalat vs. Gilb'R: Double Peine Remix
Olivier Lamm
Un peu de collusions parisiano-parisiennes pour bien commencer la journée: pour la matière c'est le nouveau simple de Burgalat, éternel papa dépressif et body conscious de la variété qui pense au sujet duquel on s'est toujours bien gardé de tenter le moindre début d'analyse; pour le boulot de retape, c'est Gilb'r, boss de Versatile et vétéran revenu de la house filtrée et de la jungle dont on aime (comme tout le monde) beaucoup le boulot avec I:Cube pour les disques de Chateau Flight.
John Tejada: The Function and The Form
Olivier Lamm
Dans la catégorie stade anal de la house/techno de trentenaire/second couteau, John Tejada est le it-producteur (j'ai toujours rêvé de placer l'expression) de plein de gens bien. Animateur de l'electronica américaine à une époque où elle intéressait littéralement 147 personnes dans son pays (dont 8 à Los Angeles, où il a grandi), cet austro-ricain élégant et trop capable de choses indécemment compliquées avec les gammes et les micros vintage (cf. son projet post truc I Am Not A Gun, avec Takeshi Nishimoto, un guitariste qui utilise tous ses doigts) produit en solo une tech house lumineuse et superbement accueillante malgré ses séquences agencées au cordeau.