Rien ne va plus au royaume de la musique électronique sérieuse. Carlos Giffoni fait de l’acid house et des chansons au piano, les gars des Yellow Swans font de la hard tech et Prurient pleurniche comme Bon Iver.
Et là, on est le 21 février 2012 et Peter “Pita” Rehberg, adorateur de stridences digitales et label manager le plus jusqu’au boutiste de l’internationale électronique, vient d’annoncer qu’il créait avec Mark Fell un sous-label d’Editions Mego consacré à la HOUSE MUSIC. Si on était en 1998, ça serait l’équivalent esthétique d’une inversion des pôles.
Le sous-label en question s’appelle Sensate Focus (on vous laisse regarder dans google images ce que ça signifie), le site de Mego le décrit comme un “new label for neat House tracks” et les maxis sont livrés avec un crayon papier, comme ça, pour la plaisir.
D’après ce qu’on a capté, le premier maxi est anonyme, les deux morceaux qu’on y trouve s’appellent “X” et “Y”, et ils sonnent exactement comme du Mark Fell débridé et qui aurait sorti la tête de sa thèse de recherche en synthèse sonore algorithmique non-euclidienne – comprendre de la computer house au cordeau, nerdy, super anglaise, avec des sons de drums et des samples de voix qui auraient pu tomber d’à peu près n’importe quel disque UK garage sorti entre 1991 et 2012.
De là à penser qu’il est l’auteur des dits morceaux, c’est un pas qu’on vous laisse franchir à votre guise (si vous en avez envie). Et le morceau qu’on vous soumet est hyper bien.
“Dans les années 60, une quantité importante de musique expérimentale et nouvelle a été enregistrée et sortie sur disque. Regardez qui était à la tête des maisons de disques à l’époque. Pas des jeunes hippies. C’était des vieux qui fumaient le cigare. Ils jetaient un oeil au produit et disait : “J’en sais rien! J’ai aucune idée de ce que c’est! Enregistrez moi ça, sortez le et on verra ce que ça donne.” On était mieux lotis avec ces mecs, qu’avec les soit-disant jeunes hippies qui sont aux manettes aujourd’hui et décident de ce que la population devraient voir et écouter.”
On serait bien passé à côté si
Dans la forêt des petites maisons de disques zarbies qui ont émergé des provinces britanniques ces deux, trois dernières années, Public Information est à la fois l’une des plus insaisissables et des plus précises.