On vous parlait il y a quelques jours de In Paradisum, nouveau label chapeauté par l'ami Mondkopf et la bonne âme Guillaume Heuguet dans la continuité de leurs belles soirées consacrées (en gros) au versant dur et lyrique de la techno.
Bonne nouvelle, ils enchaînent déjà avec le premier maxi d'un relatif newcomer dont on ne sait presque rien mais dont la page discogs nous apprend qu'il est actif dans le milieu de l'IDM science-fictionnesque qui aime les titres en latin, le sound-design ultra élaboré et les pochettes en noir et blanc(territoire défriché en premier par le super nerd Richard Devine).
Pour l'insondablement titré Dressed Like A Bubblegum, il change complètement de cap et fonce tout droit vers l'Enfer. Le morceau titre est un monstre viril mid tempo d'electro drexciya-enne, gorgé de mélodies visqueuses et de violence, dont la colonne vertébrale est une seule et unique séquence synthétique tweakée de main de maître jusqu'à la plénitude bruitiste. Ca nous fait un peu penser à ça et c'est un très gros compliment.
Rendez-vous demain soir au Rex Club pour juger sur pièces, puisque le garçon invoquera son robot-Arès en live à la In Paradisum, aux côtés des excellents Ancient Methods.
Somaticae: Dressed Like A Bubblegum
Troisième référence et première découverte de taille sur In Paradisum.
Le Ton Mité : Version d'un ouvrage traduit
Olivier Lamm
Vous n'avez peut-être jamais entendu parler de lui, mais McCloud Zicmuse est un grand monsieur de l'underground indie américain.
Plus ou moins actif depuis le milieu des années 80, ce barge parmi les barges de K Records anciennement basé à Olympia qui a tourné avec Old Time Relijun, Deerhoof, Tender Forever, L'ocelle mare, Calvin Johnson ou le Club des Chats a tout un cortège de fans hyper classes en Europe, aux Etats-Unis et au Japon (où il collabore à l'occasion avec le grand Tori Kudo de Maher Shalal Hash Baz).
Son truc? Un naïvisme unique qui le voit autant chanter sur la météo que frôler les harmonies du free jazz le plus étrange, militer pour la dissonance ou filer la banane aux buveurs de bière trappiste avec son remarquable trio Hoquets (sans doute son projet le plus connu à ce jour).
The Experimental Tropic Blues Band: The Best Burger
Clément Mathon
On ne vous a pas parlé du Experimental Tropic Blues Band (rip off belge de garage à haute tension façon Randy, Dirtbombs, Bellrays et autres fans avoués du MC5...) jusqu'à présent, parce que au delà d'une super pochette, et une référence au bouclard de rencontre à Brooklyn le mieux noté sur notfortourists.com, leur Liquid Love, album produit par John Spencer, compile certes tous les codes du genre, et du coup on n'y croit pas trop.
Conrad Schnitzler: Endtime
Olivier Lamm
Conrad Schnitzler s'est discrètement éteint au coeur de l'été dernier. Météore permanent, esprit libre complètement désinvesti du jeu du business pop, ce plasticien de formation dont le premier mentor fut Joseph Beuys a activement participé à la révolution électronique allemande en tordant et influençant profondément deux de ses institution dans leur prime jeunesse bruitiste et fantaisiste: Tangerine Dream et Kluster.
La majeure partie de sa carrière, il l'a pourtant passé dans l'ombre, enchaînant dès 1971 les pépites d'electronica minimale et dénuée de toute facilités mélodiques, dont une bonne dizaine de classiques formellement visionnaires, pendant que ses collègues tutoyaient les étoiles et les paillettes. Fabuleusement prolifique, il a publié tellement de disques à compte d'auteur que sa discographie complète ressemble à une forteresse ou un bottin téléphonique.