Quand Quentin Zaltan a révélé au Monde de 2012 l'existence des faramineuses Tapes de jeunesse du digger Gwen Jamois, on les a justement trouvées si faramineuses qu'on accordait un peu du mérite du miracle au travail de tri et d'editing effectué par le boss d'Antinote, oreille attentive et exercée s'il en est. Surtout, on pensait la source miraculeuse tarie pour de bon. On se trompait! Malin, Zaltan restait mystérieux sur la suite et à l'écoute d'Alecot, ouroboros techno de presque 22 minutes mais qu'on n'aurait aucun regret à entendre durer 40 de plus.
Reconnaissons tout de même pour faire notre travail critique que l'effarement est un chouilla moindre: quand les premières Tapes lorgnaient avec trois ou quatre ans d'avance sur les travaux grinçant et novateurs de Speedy J, Mark Broom ou Cristian Vogel, cet "Alecot" de 1992 (1992!) évoque plus "sobrement" un prolongement des minimalistes de Detroit ou, un an à l'avance, les premiers Basic Channel, ceux qui faisaient mine de vous bastonner la gueule avant de vous perdre dans le maelstrom. Les gens de Juno décryptent du pre-Actress dans les matières et les patterns des percussions, on y entend aussi du pré Villalobos pour les effets produits et l'entêtement.
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Antinote
".IUEKE: ALECOT
Olivier Lamm
Zaltan: Quartier Chic
louis vial
Depuis quelques temps, le dixième de nos dronecasters Quentin Zaltan peut voir sa bouille un peu partout sur internet en sa qualité de boss du jeune label Antinote. Nous-même ici, plussoyons à ce coup de buzz bien mérité, puisque nous avons parlé avec dévotion de chacune des sorties orchestrées par le monsieur (Les Iueke Tapes, le Giant Mirrors de Syracuse et le petit dernier d'Albinos, Ritual House Vol.1).
Comme Zaltan est avant tout connu pour ses activités de cavalier du disque et de digger obsessionnel, il arrive souvent qu'on fasse appel à la lui pour des mixtapes et autres podcasts (la semaine dernière, c'était sur le prestigieux mag de Juno). C'est ce qu'a fait Astral Soda, un tout nouveau label bien de chez nous aux ambitions commerciales démesurées puisqu'il ne compte sortir que des cassettes. Le principe de cette première collaboration: une heure de funk français 80s compilé sur les deux faces d'un précieux objet dont vous aurez l'impression qu'il vous a été offert par votre grand frère mélomane lors du réveillon de noël 88.
Albinos: Ritual House Vol.1
louis vial
Après avoir déterré d'obscures reliques techno et sorti le premier EP du groupe local Syracuse dont la musique pourrait se résumer à un savant mélange de François de Roubaix et Haruomi Hosono avec une TR-808, le label parisien Antinote, pour sa troisième sortie, donne sa chance à la house africanisante lo-fi. Pas n'importe laquelle puisque celle d'Albinos, ce producteur-mystère "venu d'un pays dont on ignore le nom", en plus d'être enregistrée live sur un antique Atari, se pare d'un concept très précis.
Tunnel Vision: Fairmont, Zaltan et Projekt74 @ La Villette Enchantée
The Drone
Qui: Fairmont, Zaltan et Projekt74.
Quoi: Le canadien qu'on ne présente plus nous fait l'honneur de sa présence avant de s'envoler pour le Mexique. Avant lui, les pépites proto-house et space disco du boss du label Antinote. Après, la techno très raw d'un jeune projet parisien.
Quand: Le samedi 2 février 2013 à partir de 23h30.
Où: A La Villette enchantée (Paris 19e)
Syracuse: Giant Mirrors EP
Olivier Lamm
Deuxième sortie et premier virage à 180° pour le tout jeune label de Quentin Vandewalle après les tapes tech violentes et stupéfiantes de Iueke.
Cette première oeuvrette d'Antoine Kogut, dont on ne sait rien mais dont on s'imagine sans efforts les rayonnages infinis de vinyles au milieu du salon, n'a effectivement rien à voir avec la techno euro crado du début des 90s et tout à voir avec une pile d'autres trucs cool au code génétique 100% europe continentale, voire franco-français-franchouillard.
Dronecast 010: Quentin "Zaltan" Vandewalle
The Drone
iueke : Tapes
Olivier Lamm
Tout est parti d’un charmant accident. Quentin “Zaltan” Vandewalle, disc jockey et docteur ès disco parmi les plus calés de Paris, est bon ami avec Gwen Jamois, cratedigger fameux et boss d’iueke.com, dealer spécialisé dans la library music et l’avant-garde vintage. Or Jamois a eu plusieurs vies: au début des 90s, il travaillait comme ingénieur du son dans un studio de reggae londonien. Pendant son temps libre, il couchait sur bandes des morceaux techno complètement fracassés, plein de ruptures folles, de funk et de suie.
Jamais sortis, ces tracks dormaient, comme tant d’autres, paisiblement dans un placard. Vandewalle, à qui ça démangeait pas mal de monter un label, a eu vent des-dits morceaux et, malin, a eu la bonne idée d’inaugurer Antinote en les extirpant du néant. L’étrangeté de ces objets a beau tenir à pas grand chose (une purée de delay bizarrement réglé, une courbe synthétique qui lézarde dans une reverb, une machinerie rythmique suffisamment souple pour avoir l’air vivante), la stupéfaction est totale. Surtout quand on se rappelle à quoi ressemblait la techno américaine en 1991.