C'est un film dont en entend parler partout autour du monde depuis qu'il a été présenté à la Quinzaine des réalisateurs l'an passé et qui ébaubit et fait jaser les spectateurs à peu près partout où il est montré. Pourtant c'est un documentaire, au dispositif très minimaliste, quasiment exclusivement composé d'extraits de films et dont les intervenants n'apparaissent jamais à l'écran. Réalisé par Rodney Ascher, un réalisateur de clips passionné par le cinéma, les images et leurs étranges ondes de choc dans la société (son précédent court, The S from Hell, se concentrait sur les traumatismes causés par le logo de Screen Gems, sous-division de la Columbia pour ses programmes de télévision), Room 237 s'int&
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Olivier Lamm
Pitchfork Classic: The Soft Bulletin
Olivier Lamm
1998. L'indie pop est au top, les gens achètent encore des cédés, Mercury Rev empilent les statuettes et les médailles pour leur Deserter's Song de l'an passé. Pendant ce temps là, les brillants Flaming Lips d'Oklahoma City, groupe déjà vétéran de "rock weirdo pas franchement successful", pédalent encore et toujours dans la semoule. Steven Drozd est accro à l'héroïne, leur seul et unique hit remonte à 1993 et Zaireeka a fait un flop pour la raison plutôt sensée qu'il s'agit du seul disque de l'histoire de la pop que personne ne sait comment écouter, y compris ceux qui l'ont fait. Les gens de Warner Bros, leur label, commencent à faire sérieusement la gueule. Et puis sans trop savoir quoi faire de leurs trente doigts, les Lips retournent en studio avec leur fidèle metteur en bruit Dave Fridmann pour enregistrer ce qui va devenir l'album le plus important de leur carrière, "un disque sans guitares, mais pas à la Kraftwerk, plutôt à la Walt Disney".
The ten best house documentaries of all time
Louis Vial
Beatport n'est pas seulement ce supermarché de la tech-house un peu boudé par les enfants. Parfois, la partie "news" du site nous replonge dans quelques archives toujours agréables à consulter, comme quand on pouvait y trouver une sélection des dix meilleurs documentaires sur la techno de Detroit. Aujourd'hui, Beatport remet ça et publie un choix pertinent de dix docus sur l'histoire de la house music. Comme on les a déjà tous vus et que vous n'avez peut-être pas assez d'heures à tuer, on vous résume brièvement chaque documentaire: vous n'avez plus qu'à faire votre marché.
Kink: un documentaire sur kink.com
Olivier Lamm
Etonnant comment le porno, au fur et à mesure que sa consommation s'est banalisée grâce à youporn et consorts, est devenu digne et tolérable chez les éditeurs et chic à mettre en évidence sur la table basse chez les consommateurs. Sans même évoquer le succès du Tag Parfait ou la collection (certes vite arrêtée) "L'âge d'or du X américain" de Wild Side, les gros lecteurs et auditeurs de France Culture ont pu s'en mettre plein la panse d'histoires croquignolettes avec des zizis et du poil dedans via The Other Hollywood (chez Allia), ou le classieux Dictionnaire des films français pornographiques et érotiques (16 et 35m) édité chez Serious Publishing sous la direction de l'excellent Christophe Bier (immense cinébisophile bien connu des zonards de la Cinémathèque et des amateurs de mauvais genres).
Lint: The Movie
Olivier Lamm
Peu connu des lectorats comics tradi voire bédé indé, Jeff Lint est, de fait, plus réputé même chez les connoisseurs de contre-culture pour pour ses déboires avec Hollywood et ses thèses démentes sur l'assassinant de JFK (qui aurait été achevé par la balle tirée sur Lincoln par John Wilkes Booth après qu'elle ait ricoché de mur en mur pendant 98 ans) que son oeuvre elle-même. Son biographe, le romancier britannique Steve Aylett, le décrit comme l'auteur de "quelques-unes des oeuvres de science-fiction satiriques les plus étranges et les plus inventives du 20ème siècle" quand l'immense Alan Moore (V pour Vendetta, From Hell, Les Watchmen etc.) préfère le présenter comme "un homme extraordinaire aux activités extraordinairement variées... dont je déteste la plupart".
TPB AFK
Louis Vial
On vous parlait déjà en 2010 du projet de Simon Klose: réaliser un film sur la cavale de ces trois militants de l'internet libre que sont les fondateurs de The Pirate Bay. A l'époque, le réalisateur suédois avait déjà réuni 200 heures de rush et en appelait à la générosité de producteurs assez audacieux pour croire en son documentaire. Mission accomplie, puisque The Pirate Bay Away From Keyboard est aujourd'hui monté et paqueté, et qu'il sera diffusé gratuitement sur le site officiel du film dans les mois à venir, fidèle au crédo des gaillards auxquels il s'intéresse (la bisbille va même un peu plus loin puisque le trailer du film est actuellement en page d'accueil de The Pirate Bay).
I Dream of Wires: The Modular Synthesizer Documentary: Extended Interviews
Olivier Lamm
Ça fait des mois qu'on l'attend, celui-là, mais on ne vous en voudra pas de sortir le carton "nerd": un docu long et dense sur les synthétiseurs modulaires, ces monstrueux machins plein de knobs, d'orifices et de câbles multicolores qui recouvraient les murs des savants fous de la musique électronique avant que le miracle de la technologie ne les transforme en mini-pianos en plastique dans les clips de Partenaire Particulier. Il n'aura échappé à aucun lecteur de The Drone qu'ils font leur retour en force dans les studios depuis, en gros, que les laptops ont fini de perdre leur aura occulte, et ce autant comme accessoire de déco nouveau-riche (coucou Deadmau5, coucou Billy Corgan) que comme vraie machine à faire muter la musique. Ça méritait donc bien un petit documentaire.
Sound City
Clément Mathon
Frank Zappa - Peefeeyatko
Olivier Lamm
C'est lundi, il caille sa mère, l'épidémie des tops de fin d'année a commencé, il y a Grimes partout dedans. Le seul événement musical notable de la journée est l'annonce de la sortie imminente d'un nouveau maxi de Burial. J'ai mal au bide. Je vous propose donc en recours de décrocher avec moi le wagon du train-train de l'hyper information et de vous emmitoufler dans une grosse couette imprimée Tron pour mater un docu mortel sur Zappa. Dont on fête l'anniversaire de la mort exactement demain (on vient de me le glisser dans l'oreillette).
One Man Metal, Black Metal's Unexplored Fringes
Olivier Lamm
Mine de rien, c'est un vrai petit exploit que viennent de réaliser les gens de Noisey, la rutilante plateforme vidéo-musique de Vice, Dell et Intel: attraper in the flesh messieurs Leviathan, Xasthur et Striborg pour les filmer dans leur antre (=à la maison) et sans corpse painting pour les grimaces et les interroger sur la profondeur de leur âme en peine. Rappelons rapidement pour le néophyte qui ne recevrait pas la newsletter hebdomadaire du disquaire san-franciscain Aquarius Records que ces trois broyeurs de noir solitaires ne sont pas seulement le gratin de la frange valiumisée du hipster black (celui qui sort en vinyle 180 grammes sur Southern Lord ou Norma Evangelium Diaboli), ce sont des vrais sociopathes des familles, secrets, agoraphobes, et éventuellement psychopathes à leurs heures les plus sombres.