Je vous parlais il y a trois jours du tropisme de la jeune génération pour le son Metalheadz, voilà qui me conforte dans ma théorie: derrière ses atours de flaque de mercure, ce "Funny Love" doit tous ses tons et son ambiance à sa nappe nébuleuse et abyssale, directement tombée de ces tracks de deep jungle dystopique dont les wonderkids de Metalheadz en premier avaient le secret.
Bien sûr Kevin Martin était déjà un daron pour les junglists de 93 (faut-il vous rappeler The Bug, Techno Animal, Ice et tous les autres projets de cet Andrew Weatherall du dub industriel?) et il n'a jamais donné directement dans le découpage d'amen breaks à 160 BPM; quelque chose pourtant dans King Midas Sound, le trio qu'il forme avec les vocalistes Roger Robinson et Kiki Hitomi de Dokkebi Q, sent le Londres mid 90s par tous les pores.
Affiliable à l'école Massive Attack du dub pour la voix de Robinson et à la vieille école Ninja Tune pour les tempi, la musique chafouine du trio d'en distingue pourtant par ce je-ne-sais-quoi de hardcore et d'anti-lounge qui nous fait voir Blade Runner et des scènes de guerrilla urbaines même dans ses déploiements ambient et ses tapis de vocalises à la limite de l'horreur nu soul. "Funny Love" est d'ores et déjà le morceau le plus beau du Aroo EP, à sortir le 20 avril qui vient pour le Record Store Day.
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dub
".King Midas Sound: Funny Love
Olivier Lamm
Cyclopean : EP
Olivier Lamm
Parmi les nouveautés discographiques dont il nous est un peu compliqué de parler sur ces pages, il y a ce coffret de Miles Davis qui vient de sortir et qui donne à entendre pour la première fois de l'histoire le "lost band" de la Grande Ere de transition 1969-70, avec Chick Corea au piano électrique, Wayne Shorter au sax ténor et au soprano, Dave Holland à la contrebasse et Jack DeJohnette à la batterie. Dans la mesure où c'est le disque le plus excitant que j'ai écouté cette semaine et que la seule raison pour laquelle je m'abstiens de vous en parler est qu'il faut bien poser des barrières quelque part, c'est un peu frustrant. Heureusement pour tout le monde, il y a eu les années 60 et, au hasard, ce groupe de rock marxiste allemand qui a eu la bonne idée de décider que les barrières, ça commençait à bien faire; c'est entre autres grâce à Can, donc, que je peux vous parler aujourd'hui de jazz électrique en loucedé.
Mark Stewart: Exorcism of Envy
Olivier Lamm
Dans l'absolu, Exorcism of Envy n'est pas une très belle chose. C'est plutôt une tambouille, une purée mal mélangée, une vilaine marine mal faite à la truelle et au couteau. Du haut de ce volcan, 30 ans de prescience et de sorcellerie nous regardent pourtant. Depuis que le Pop Group a volé en éclat à l'orée des 80s, Mark Stewart a enfanté avec les New Age Steppers ou sa Maffia (la bande Tackhead/On-U-Sound) à peu près tout ce que la ville de Bristol compte de gens, genres et sous-genres intéressants.
The Orb ft. Lee Scratch Perry: Hold Me Upsetter
Olivier Lamm

Bien sûr tout le monde a déjà bossé avec Lee "Scratch" Perry, y compris Andrew WK, les Beastie Boys ou Sasha Grey, et on ne peut pas vraiment dire que la musique moderne en soit jamais vraiment sortie grandie. En même temps, c'est comme pour les clips à la Die Antwoord, personne l'oblige.
Dans le cas de The Orb (et au contraire de, disons, Peaking Lights), il ne viendrait à l'esprit d'aucun mélomane d'accuser Alex Paterson et Thomas Fehlmann de céder aux sirènes de la mode: le dub fait partie au moins pour un tiers du code génétique du groupe de Paterson depuis la première milliseconde de sa création, et l'on sait les sublimes mutations que Fehlmann a fait subir au genre sur ses disques solo (tous formidables, dude). Surtout, on parle de plus qu'un featuring en passant pour faire joli sur MTV puisqueThe Observer in the Star House, qui sort en septembre dans tous les formats possibles et imaginables, est un album entier chanté par l'Upsetter dans son intégralité.
Dub Echoes
Olivier Lamm
Fan de reggage roots ou pas fan de reggae roots, on s'est tous penchés un jour sur le cas du dub originel par necessité parce que 87,6 des musiques qui faisaient notre quotidien avaient le code génétique qui pointaint vers Kingston et le Studio One de Sir Coxsone et de son stagiaire à tout faire Lee Perry.
"Is it the sufferation? Is it the climate? Is it the weed?": personne n'a jamais su expliquer comment un genre techniquement si sommaire émergé d'une si petite île paumée dans la mer des Caraïbes avait pu essaimer autant dans l'Occident pop; personne n'a jamais pu affirmer le contraire non plus.
Lee Scratch Perry : The Upsetter
Clément Mathon
De la couronne de lauriers en veux-tu en voilà (Melbourne, Athènes, SXSW, Edimbourg…), un film conté par une tête d’Hollywood pas dégueu, j’ai nommé Benicio Del Toro, un couple de réals qui a déjà fait ses preuves en matière de docu/fiction musique, graffiti et contre-culture en tout genre (Red Apples Falling, Bomb The System, ou encore The Carter, portrait du très jeune et prêt à marier Lil’ Wayne) : The Upsetter : The Life & Music of Lee Scratch Perry serait-il enfin le docu définitif sur l’inventeur du dub?
Dauwd: Could it Be & Shimmer
Clément Mathon
Inconnu au bataillon, Dauwd raffle la palme du buzz sur le web ce matin, avec deux tracks dubby surgis de nulle part, offerts en téléchargement gratuit.
Basé à Liverpool, ce producteur à la tête de Dalaï-lama esquissé à la bombe ne dit pas grand chose sur lui-même si ce n’est l’info récupérée sur son futur label, Pictures Music (Lapalux, Koreless, Dark Sky): ces deux petites perles sortiront en vinyle dans “quelques mois”…
Anika
Sei A: White Rainbow
Camille Larbey
Il s’appelle Andy Graham, mais son nom de scène est Sei A et ça se prononce “Say A”. Ce Glaswegien (de Glasgow, donc) est à ranger dans la catégorie Techhouse et commence tout doucement à faire parler de lui. Son premier LP, Editing Shadow, sorti en 2008 chez les parisiens de Missive Music, contenait déjà quelques perles comme Master Of One, State Of Us et Ether.
Immédiatement repéré par ses pairs, il se voit confier pas mal de remixes, dont des relectures de Terence Fixmer, Booka Shade et Monaque. Pour le sport, Sei A se fait une version dubstep (téléchargeable) de A Day in the Life des Beatles. Et le pire, c’est que ça marche !
Anika @ Le Divan du Monde
Thomas Rozec
Vous l’aurez sans doute remarqué, si vous faites partie des habitués du Drone, on a un certain faible pour Anika.
Son album est collé à l’auguste platine de la rédaction depuis plus d’un mois et demi, et nous ne nous lassons pas d’entendre sa voix branlante et son accent germanique, plutôt bien mis en valeur par les productions kraut/dub/pop de Geoff Barrow et ses camarades de Beak>.