Quand on a rencontré Suuns il y a un an à l'occasion de leur premier album, on avait pas mal percuté sur un truc: leur infatuation somme toute singulière pour la musique de Plastikman. Pas que le quatuor canadien soit le premier à revendiquer l'influence de la techno (un jour, on fera un livre noir de tous les groupes pourraves qui ont cité "Aphex Twin" au moins une fois dans une interview), non, le plus étonnant c'est que chez eux, ça s'entend. Les délateurs du groupe citent plutôt l'énième placage de plans krautrock ou les singeries embarassantes de Radiohead, ils n'ont pas tort non plus et pourtant: le groupe nous intéresse au moins par sa manière très singulière d'envisager le bruit et la monotonalité et quelque chose dans leur deuxième Images du Futur (titre en français dans le texte) nous dit qu'on avait pas tort.
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Exclusive
".Suuns: 2020
Olivier Lamm
SWZK: SWZK
Olivier Lamm
Jusque là, l'histoire de Swayzak ressemblait à une sorte de longue et lente déliquescence depuis l'amour de l'art jusqu'aux toilettes du Showcase. Débarqué en plein tsunami progressive avec peu ou prou le premier album de minimal house allemande enregistré par des Anglais (Snowboarding in Argentina, qui a ses ardents défenseurs sur discogs), le duo faisait le bonheur des petits rats de chez Hardwax et ambitionnait d'abord de tutoyer Chain Reaction ou Perlon sur leur propre terrain, un je-ne-sais-quoi d'aquosité typiquement britannique en plus dans les rouages. Puis il y eut l'electropop, l'electroclash, l'envie de pépettes et Dirty Dancing, un album affreux qui plongea David Brown et James S. Taylor dans une piscine de champagne mais signa leur arrêt de mort dans les milieux autorisés. Si on doit être complètement honnête, c'est ce Swayzak là dont on a entendu parler en premier, si bien qu'on a vite fait de les enfermer à clé dans le tiroir "rien à foutre" du grenier. Et puis on a reçu S_W_Z_K, on s'est précipité pour l'écouter parce qu'il y avait écrit "Tresor" sur la photocopie et les Dieux de Groove nous sont témoins, on est quasi tombés amoureux.
Can: The Lost Tapes
Olivier Lamm
A l'annonce de la sortie d'un triple disque d'inédits du plus grand groupe de rock allemand de tous les temps, la première question qu'à peu près tous les intéressés se sont fébrilement posés a légitimement été: "Oui mais on parle de vrais inédits ou d'une série d'outtakes et de jams pourris?" Premier élément de réponse trop facile à détourner, le "Millionenspeel" qui nous a été livré en pâture au printemps était tellement effectivement ahurissant qu'on a d'abord craint l'arbrisseau en or massif qui cachait la forêt de pins en plastique. En deuxième sur l'argu marketing et en premier dans les Liner Notes qui accompagnent le coffret, l'absence de nostalgie et de sentimentalité des trois survivants du groupe, qu'on croît sur parole, est affichée comme le meilleur des filtres à merde. Dixit Irmin Schmidt:
"There is something that all four Can members have in common: we are very unsentimental, and not very gifted for nostalgic emotions. And that makes it easier to judge something in cold blood, to decide if it’s good or not. And if it’s tapes from so long ago, you judge it, really, like it is by somebody else.”
Egyptology: The Skies
Clément Mathon
Levons tout de suite un mystère qui n'en est pas un, et donnons du biscuit aux pourfendeurs de la partialité: l'un des auteurs de ce petit bijou prog électronique 100% analo, qui devrait soit accompagner à merveille les premiers rayons de soleil de 2012, soit servir de tube de l'été aux prédicateurs de fin du monde, est en poste dans notre rédaction. Il va donc falloir me croire sur parole les gars, quand je vous dis que ce disque recevrait ses quatre clés quand bien même ledit co-auteur de The Skies n'évoluait pas entre nos murs.
Piano Chat: Ours Molaire
Thomas Rozec
Créé sur les cendres de Ladybird Lala Band, Piano Chat est l’alias que s’est choisi le Tourangeau Marceau Boré pour se lancer en solo. Mais plutôt que de nous refaire une énième fois la complainte du héros solitaire avec sa guitare en bois – ou, pire, son ukulélé -, il a très judicieusement décidé que, même tout seul, il pouvait faire beaucoup de bruit.
Mute Night Sampler
Thomas Rozec
Pilier fondamental de la musique moderne depuis que son géniteur, Daniel ‘The Normal’ Miller a eu la bonne idée de signer coup sur coup le regretté Fad Gadget et, surtout, Depeche Mode, en 1980, Mute reste, malgré les 31 ans qu’il a pris dans le nez, un très chouette réservoir de talents. Pour illustrer la constance de sa qualité, le label anglais nous fait le privilège de nous offrir une petite sélection de cinq titres inédits, signés par les derniers arrivés sur son éminent roster.
Cadeau bonus: il se lance également dans une série de Mute Nights, des shows itinérants à travers l’Europe, où son catalogue est à l’honneur. Première étape à Paris, à la Flèche d’Or plus précisément, mercredi 29 juin prochain, avec un plateau plutôt sympathique, pour lequel nous avons l’opportunité de distribuer, avec grand plaisir, quelques invitations.
Gold Panda: MPB
Thomas Rozec
On savait depuis la maternelle que le panda était un animal sympathique, mais en recevoir la preuve directe a quelque chose de rassurant, comme si l’on nous confirmait que nos croyances d’enfants pouvaient être préservées dans ce monde d’adultes cyniques… Blague à part, remercions grandement Gold Panda, puisque c’est bien de lui qu’il s’agit, qui vient tout juste de balancer sur le Net un inédit extrêmement agréable répondant au nom de MPB – donc, oui, BPM à l’envers, fastoche.
Arandel: In D#3 (Sinner DC Remix)
Thomas Rozec
Si vous faites parties des habitués des lieux, le nom d’Arandel vous est forcément familier. Certes, tout comme nous, à part son pseudonyme, son étonnante musique électro-organique et sa nationalité (il est Français), vous ignorez à peu près tout du bonhomme, et c’est bien normal: ce jeune homme, révélé par Agoria et son label InFiné, cache son identité, pour des raisons qu’il nous avait détaillé lorsque nous l’avions rencontré l’an passé. Cela dit, cet anonymat volontaire n’enlève absolument à la qualité de ses productions, qui suscitent d’ailleurs un intérêt croissant.
La preuve: son premier LP, In D, vient d’être remixé par une poignée de talentueux personnages, dont les relectures s’apprêtent à être compilée pour former un In D Remixed, prévu pour accompagner la sortie de la version vinyle de In D, le 20 juin prochain. Et autant vous le dire tout de suite, le résultat fait extrêmement plaisir à entendre.
Jad Fair: Beautiful Songs
Thomas Rozec
Souvenez-vous, c’était un temps où Internet n’existait pas et où la seule possibilité offerte aux musicovores boutonneux que nous étions alors d’alimenter leur obsession de la nouveauté était de compulser avec frénésie les pages de quelques magazines de référence, dans lesquelles nos idoles du temps nous livraient les secrets de leurs discothèques.
C’est ainsi que bon nombre d’entre nous ont découvert Jad Fair. Très précisément – et nous sommes persuadés que certains se reconnaitront -, ce fut grâce à Kurt Cobain, qui en 1993 embarqua son groupe, Half Japanese, en première partie de la tournée de Nirvana, et n’eu de cesse, jusqu’à la fin, de clamer haut et fort son amour pour les pop-songs lo-fi du camarade Jad.
James Pants: Love Craft
Thomas Rozec
Avec ce nom d’album à faire se pâmer d’amour tous les geeks du monde, on ne pouvait que se prendre de sympathie pour James Pants. D’autant plus que ses deux précédents LPs, Welcome et Seven Seals, ne nous avaient pas laissé de marbre. Aussi, c’est avec un grand plaisir que nous vous proposons de découvrir ce Love Craft où aucun Cthulhu ne vient troubler la fête.