C'est très sérieux. Pour en savoir plus.
Le modèle:
La conférence:
Dope Body, c'est ce petit groupe de hardcore MOR sympa qu'on avait pris un peu par-dessus la jambe à la sortie de son Natural History, en juin dernier; pas d'humeur à se laisser gagner par l'excitation, on avait pris note de l'énergie disons, colorée du quatuor de Baltimore mais aussi fait un peu la fine bouche devant sa propension à singer ses aînés, Fugazi, The Jesus Lizard, The Germs et, plus improbablement, The Clash (certes pas le groupe le plus singé ces 10 dernières années, c'est à saluer).
Nous sommes en 1982, et le meilleur zine punk du monde de l'époque, Maximum Rock'n'Roll, sélectionne pour le meilleur label de hardcore du monde de l'époque, Alternative Tentacles Records, 47 groupes du Nevada et nord-californiens.
Du petit, du gros, du citadin, du rural, de l'anecdotique et du majeur, le résultat c'est cette compile qui offre rétrospectivement une charmante cartographie ultra-brute, avec ses lourdeurs et ses fulgurances, ses erreurs minables et ses réussites magnifiques.
1982 > 2012, Alternative Tentacles exhume pour noël son petit trésor de 30 ans en mode coffret-Star Wars, livret illustré de 48 pages et tout et tout.
Tout va bien, on est en 2012, ça fait 22 ans que le groupe hurle sa souffrance, dessine notre monde de merde, et s'apitoie en famille sur la condition humaine.
Et bien rassurez-vous, c'est pas prêt de changer. Tout va bien dans ce nouveau All We Love We Leave Behind, les quelques fautes de goût en plus, on ne peut pas toujours être bon. Converge fait toujours du Converge.
Il y a toujours eu dans le punk hardcore une frange cabotine et potache, à la limite du ridicule, et qui n'intéressant que peu les têtes penseuses du genre, reste cantonnée dans ses/ces caves de campagne où la bière coule à flôt, et où (pour la France du moins) les Berger Allemands trouvent toujours preneurs à l'ASPA.
Malheureusement, ou heureusement, c'est toujours dans ces bataillons que l'on trouve les meilleurs fantassins, toujours prêts à lever l'étendard sanglant de groupes comme feu-I Spy (ex-progagandhi, au début des 90's) destinant à la papauté tout ce que le corps humain compte de sécrétions.
Exemple parfait ajourd'hui avec cette belle bande de bretelles new yorkaise nommées Dipers, emmené par ce qui semble être une petite gloire locale du hardcore, Reed Dunlea, notamment maître des clefs de Shit Hawk Records, et animateur radio sur WFMU.
Bref, sur leur premier 45t, ils nous comptent notamment l'histoire d'un chien de punk crust qui décide de fabriquer sa propre fosse septique... et le pape dans tout ça?
Le méga-festival d'Austin SXSW présentait la semaine dernière un nouveau venu dans la déjà très longue série des band documentaries, Bad Brains: A Band In D.C.
Passons le fait que le film ait déjà reçu l'approbation des grands habitués du sucage de roues (Don Letts, Henry Rollins, Adam Yauch, on cherche encore Thurston Moore); on se réjouit à l'annonce d'une telle nouvelle pour plusieurs raisons:
D'abord, on aime autant les Bad Brains qu'Henry Rollins. C'est un aveu qui vaut également pour le chocolat et les frites, et on n'en fait pas pour autant un documentaire. Mais surtout, les quelques passages du film publiés il y a deux jours sur wired.com nous laissent entrevoir une technique qui s'applique bien au groupe, à savoir substituer l'archive filmée par de l'animation. C'est pas nouveau, mais assez malin lorsque l'on sait que la pénurie d'images d'époque sur les inventeurs du punk hardcore (rappelons que les jeunes futurs frontmen de Black Flag et de Teen Idols découvrent les Bad Brains avant de monter leur propres groupes) a du freiner jusqu'à présent les réalisateurs qui souhaitaient se lancer dans l'aventure.
Il s'est passé un truc cool et assez inhabituel en 2008: en un disque absolument excellent, un groupe de rock français qui ne fait pas du garage est devenu un groupe de rock tout court.
Il s'appellent Papier Tigre, ils sont nantais, ils sont vraiment très bons sur scène (comprendre, secs et crédibles) et vous les avez probablement vu passer quelque part dans votre ville parce qu'en 5 ans d'existence ils ont joué plus de 350 concerts dans plus de 20 pays différents.
Comme pas mal de leurs collègues et amis (Chevreuil/Passe Montagne, Pneu, La Terre Tremble!!!), ils vouent un culte à Touch'n'Go and co, ils jouent sans bassiste et leur batteur a la caisse claire puissante et caractérielle.
Mais ils ont aussi un petit truc en plus sur lequel on a du mal à mettre notre gros doigt, une valeur ajoutée de sauvagerie rock'n'roll
Beauté éternelle de la trame Rank Xerox.
Willona M. Sloan, alias DC Scorpion Girl du zine punk féministe Scorpion, vient de mettre en ligne son énorme collection de flyers de concerts punk et hardcore, ramassés et amassés tout autour de Washington mais aussi en Asie, en France, en Amérique du Sud et au Royaume-Uni sur une période de plus de 10 ans.
Collectionneuse compulsive, Sloan avait plus ou moins abandonné un projet de beau livre qui les rassemblerait tous sur papier glacé, mais a vraisemblablement été rattrapée par la nostalgie (et la fièvre partageuse d’internet).
“Je suis très fière de cette collection de flyers, parce qu’elle atteste du côté fabuleux de la communauté punk, et reflète les liens que j’y ai noués à une époque tendre et formative de ma vie. Ces gens comprenaient et savaient apprécier ma trajectoire, et ont partagé la leur avec moi (…). C’est une collection intime, constituée par des punks qui collectionnaient de leur côté des flyers des concerts organisés à côté de chez eux ou par leurs amis autour du monde. Ils m’ont envoyé ceux qu’ils préféraient; j’ai sélectionné ceux que je préférais à mon tour”.
Le eBook est dispo pour rien sur son site, on ne saurait trop vous conseiller d’aller y faire un tour et de l’enfouir dans un coin de votre propre disque dur.