Ok, aucun de ces deux morceaux n'est une vraie nouveauté: la reprise du "Welcome to the Machine" de Pink Floyd a été enregistrée pour une compil du mag britannico-vieux-con Mojo et "0898" fait partie du beau bundle d'inédits tombés de la cuisse de >>; mais figurez-vous que bientôt c'est le Record Store Day et que l'Invada de Barrow & co., label pas avare en objets discographiques croquignolets, réédite la paire en maxi limité.
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krautrock
".Beak>: Welcome to the Machine / 0898
Ophélie Livert
Groupshow: Countdown to Naptime (edit)
Olivier Lamm
Pour ceux que ça intéresse pas trop, un group show, en jargon art contemporain, est une exposition collective: on y invite plusieurs artistes à y confronter oeuvres, visions de l'art et "visions du monde" (dans un catalogue, il y aurait écrit "phénoménologisations épocales"), si possible dans l'entente et l'harmonie. En musique, où notes et actions font un langage, la collaboration coule de source. Depuis un siècle que l'improvisation collective est établie comme la deuxième manière la plus naturelle de jouer de la musique en Occident, la "communication" entre les musiciens est même un présupposé de qualité, voire un droit d'entrée a minima pour rentrer dans la catégorie "musique".
Cyclopean : EP
Olivier Lamm
Parmi les nouveautés discographiques dont il nous est un peu compliqué de parler sur ces pages, il y a ce coffret de Miles Davis qui vient de sortir et qui donne à entendre pour la première fois de l'histoire le "lost band" de la Grande Ere de transition 1969-70, avec Chick Corea au piano électrique, Wayne Shorter au sax ténor et au soprano, Dave Holland à la contrebasse et Jack DeJohnette à la batterie. Dans la mesure où c'est le disque le plus excitant que j'ai écouté cette semaine et que la seule raison pour laquelle je m'abstiens de vous en parler est qu'il faut bien poser des barrières quelque part, c'est un peu frustrant. Heureusement pour tout le monde, il y a eu les années 60 et, au hasard, ce groupe de rock marxiste allemand qui a eu la bonne idée de décider que les barrières, ça commençait à bien faire; c'est entre autres grâce à Can, donc, que je peux vous parler aujourd'hui de jazz électrique en loucedé.
K-X-P: Flags and Crosses
Olivier Lamm
On vous le confie d'emblée en douce, on aime pas beaucoup beaucoup le nouveau K-X-P. Pire que ça, le promo traîne au bureau depuis plus d'un mois et il me semble bien qu'on ne l'a jamais écouté en entier. Il semblerait qu'il se soit passé des belles choses dans la vie intime du briscard Timo Kaukolampi (Op:l Bastards, Larry and the Lefthanded, Disko Anne & Karvaopelit avec la belle Annie Lilia Berge-Strand), ce dont on se réjouit bien sûr à titre empathique (on ne souhaite le malaise de personne) mais ce qui nous désole surtout pour la musique.
Fairhorns : Doki Doki Run
Frédéric Gendarme
Comme nous, vous adorez Beak>, comme nous vous avez bien raison. Mais du coup, n'oubliez pas aussi d'aller fouiller dans la myriade de projets que les trois comparses fomentent dans leur coin : Geoff Barrow avec son Drokk, sa vache à lait et ses Quakers, Billy Fuller avec son Fuzz Against Junk et ses singeries beefheartiennes et Matt Loveridge, sa Team Brick, ses drones de 20 minutes et ses solos de flutes traversières. Dernier projet tombé du paluchon qu'il trimballe sur le dos : Fairhorns, nouvelle incartade kraut truc évidemment signée sur Invada Records.
Beak>: Mono
Olivier Lamm
Cadeau de fin d'année de la part du meilleur power trio en activité (j'ai la flemme d'aller déterrer des contre-exemples): un nouveau maxi totalement inédit pour le 10 décembre, histoire pourquoi pas de rappeler leur excellent >> au bon souvenir de notre Toplist de fin d'année qui du coup ne contiendra peut-être pas que du rock français. Et puis comme on l'a déjà écrit ici et là, ce n'est pas demain la veille qu'on va bitcher sur Geoff Barrow.
Yeti Lane : The Echo Show Bonus Edition
Clément Mathon
En mars dernier, Les deux ex-Cyann & Ben s'étaient taillés une bonne place au chaud dans notre toplist de fin d'année (ouai, elle arrive bienôt, elle et sa cousine), avec leur The Echo Show, toujours en écoute d'ailleurs.
De cette tentative brit-pop de salir de romantisme la musique mécanique teutonne (ou l'inverse), dont on ne regrette (toujours) que la pochette lol-kraut un peu évidente, le duo en tire aujourd'hui sept titres inédits compilés par Clapping Music.
On y trouve ce qu'on suppose être des chutes de studio, des reworks et trois remixes dirigés par des gens très convenables, School of Seven Bells, Egyptology (la plus belle copie si vous me demandez), et Sonic Boom (gros fainéant, il a remixé le plus Spacemen 3 des morceaux de l'album, mais cool quand même).
Dronecast 027 : Cave
The Drone

CAN : Dead Pigeon Suite
Clément Mathon
On en a déjà raconté des caisses sur ce magnifique The Lost Tapes de Can, dont nous avons eu en plus l'honneur d'héberger quelques extraits en écoute.
Un coffret d'inédits, et je cite Olivier Lamm "du plus grand groupe de rock allemand de tous les temps".
Camera : "Ausland"
Marie Hamoneau
Camera, ce sont trois jeunes Berlinois qui se sont fait une spécialité : la "Guerilla Krautrock". Leur truc à eux, c'est d'exhumer le son des productions allemandes des 70's façon Cluster, Neu!, Can et consorts, et de jouer dans des endroits aussi improbables que sur les quais du U-Bahn à quatre heures du matin, dans des toilettes publiques, des squats (dont le mythique Tacheles), ou encore dans des évènements très officiels comme le très prestigieux festival international du film de Berlin, avant que les flics ne viennent les déloger. Ils en sont tellement fiers qu'ils exhibent leur impressionnante liste de concerts comme un trophée sur leur Myspace.
En fait, ces trois Teutons n'en avaient rien à faire de sortir un disque. C'est Bureau B (Cluster, Faust, Hans-Joachim Roedelius), ré-éditeur maniaque de boulettes motoriques, qui a dû les pousser pour qu'ils franchissent la porte du studio et enregistrent un premier album entièrement instrumental, "Radiate!". Ce disque, qui sortira début août, est une snthèse mignonne des expérimentations kraut de leurs concitoyens et des plages psychédéliques texanes à la Black Angels. Ils se sont même fait repérer par les légendes vivantes Michael Rother (Neu!, Harmonia) et Dieter Moebius (Cluster, Harmonia) pour jouer en première partie de leurs concerts. On vous met un titre en écoute, et des petits extraits pour patienter jusqu'à août.