Faut-il qu'on trouve un prétexte pour parler encore une fois d'Andreï Tarkovski sur The Drone, comme ça, sans actu chaude? Si oui, on en a deux tout trouvés: une envie soudaine de se replonger dans les bandes originales électroniques brutales et dépouillées du pionnier Edouard Artemiev, et la météorite qui s'est désintégrée la semaine dernière au-dessus de la région de Tcheliabinsk qui nous rappelle étrangement l'événement inexpliqué à l'origine de la Zone, dans Stalker.
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".Andreï Tarkovski: Films
Olivier Lamm
I am Divine
Louis Vial
Il n'est pas vraiment admis dans la vaste mythologie de la contre-culture que grandir dans la banlieue de Baltimore (Maryland) avec des parents conservateurs quand vous êtes un jeune homme en surpoids puisse constituer un contexte propice à devenir une égérie underground. C'est pourtant ce qui est arrivé à Harris Glenn Milstead, métamorphosé en Divine après deux ou trois coups de pinceaux sur le visage et une rencontre artistiquement prolifique avec le réalisateur John Waters. Ce destin bigger-than-life, le réalisateur Jeffrey Schwarz, déjà auteur de deux documentaires sur les icônes gays Jack Wrangler et Vito Russo, a tenu à en faire une biopic qu'il promet riche en archives inédites: I am Divine.
Hip Hop Family Tree, Wild Style part 1
Louis Vial
Avec un touchant sens du détail, Ed Piksor alias Brain Rot continue de publier ses épisodes de Hip Hop Family Tree sur le site Boing Boing. On rappelle brièvement le principe pour ceux qui ne lisent The Drone que depuis qu'ils ont pris quelques bonnes résolutions pour 2013: chaque semaine, une planche de BD retrace l'histoire du hip-hop à travers ses protagonistes et événements majeurs.
Papier jauni au préalable, style élégamment vieillot façon Fat Albert... On ne vous refait pas le topo, mais tout est bien fagoté pour vous mettre dans l'ambiance du uptown New York de l'aube des 80s.
TPB AFK
Louis Vial
On vous parlait déjà en 2010 du projet de Simon Klose: réaliser un film sur la cavale de ces trois militants de l'internet libre que sont les fondateurs de The Pirate Bay. A l'époque, le réalisateur suédois avait déjà réuni 200 heures de rush et en appelait à la générosité de producteurs assez audacieux pour croire en son documentaire. Mission accomplie, puisque The Pirate Bay Away From Keyboard est aujourd'hui monté et paqueté, et qu'il sera diffusé gratuitement sur le site officiel du film dans les mois à venir, fidèle au crédo des gaillards auxquels il s'intéresse (la bisbille va même un peu plus loin puisque le trailer du film est actuellement en page d'accueil de The Pirate Bay).
Sol Yurick: 1925-2013
Louis Vial
Avant que The Warriors ne devienne un film culte pour rappers et nerds férus de pop culture, c'était un roman écrit par un type qui a passé sa vie à réfléchir aux inégalités sociales après avoir grandi dans le Bronx au sein d'une famille communiste. Sol Yurick, entre autres activités, a servi dans l'armée pendant le seconde Guerre Mondiale et bossé comme assistant social pour la ville de New York avant de devenir un écrivain au réalisme tenace.
The Warriors, c'est donc son tout premier roman, et également le seul qu'il a écrit à avoir eu du succès. Publié en 1965, le bouquin a treize ans d'avance sur Les Barons de Brooklyn de Harlan Ellison, qui parle avec le même pragmatisme froid des gangs des five boroughs.
Saul Bass: Phase IV
Olivier Lamm
De Saul Bass (1920 - 1996), l'histoire du cinéma a surtout retenu les mirifiques génériques et affiches pour Hitchcock, Preminger ou Stanley Kramer - si mirifiques en fait que les docus qui existent sur lui ne parlent quasiment que de ça, et de la collec de logos totémiques qu'il a dessiné pour Minolta, Warner ou Kleenex.
Mais l'Américain a aussi tenté quelques fois sa chance derrière la caméra. Adoubé par un Oscar pour le documentaire d'animation Why Man Creates, il s'est même lancé en 1974 dans l'aventure du long métrage de grand studio avec Phase IV, fantaisie SF rapidement sanctionnée par un gros bide au box-office mais jamais oubliée par les nerds malgré tous les efforts de la Paramount pour l'enterrer plus profond que l'Enfer.
PAC-MAN The Movie
Olivier Lamm
Magic Trip
Charline Lecarpentier
En compétition avec les choppers d’Easy Rider, le bus de ramassage scolaire Further est l’un des véhicules motorisés les plus emblématiques des 60s. The Drone ne s’est pas trouvé un certain intérêt pour la ferraille et ne s’est pas non plus replongé dans une lecteur de Sur La Route, mais on n’allait pas se priver de vous parler d’un documentaire qui a récupéré les images tournées sous LCD du road trip fondateur pour le psychédélisme.
Eté 64, tandis que l’Amérique flippe en pleine crise cubaine et pleure encore Kennedy, l’écrivain Ken Kesey lui expérimente des drogues et a les poches assez pleines grâce aux ventes de Vol Au Dessus D’un Nid De Coucou pour embarquer des caméras à bord de son bus de ramassage scolaire repeint avec les Merry Pranksters et filmer son trip. Le bus va rouler, ou plutôt zigzaguer, entre la Californie et l’exposition universelle à New York en ayant quelques passagers légendaires sur ses sièges :des types “Pas assez vieux pour être des beatniks, trop vieux pour être des hippies”, dont Neal Cassidy , la personne qui a inspiré Kerouac pour Sur La Route.
Zero Charisma
Thomas Rozec
Zero Charisma ne sera sans doute pas la comédie du siècle, ni même celle de l’année lorsqu’elle verra enfin le jour. Cela dit, le film a la notable qualité de s’axer autour d’un vrai phénomène de société.
Depuis quelques années, on assiste en effet à un surprenant glissement de valeurs, les nerds du monde entier se voyant peu à peu dépossédés de ce qui jusque là constituait leur terrain de jeu réservé – comic-books, jeux vidéos, heroic-fantasy, séries Z, tout y passe, même leur look – par des hordes de hipsters sans gêne. Comme une bonne démonstration fonctionne toujours mieux quand elle passe par l’absurde, Zero Charisma s’attaque à ce qui reste sans doute l’antithèse absolue du hobby cool: les jeux de rôle.
Joe Strummer: Hell W10
Thomas Rozec
Certains crieront au scandale, qu’ils l’avaient déjà vu, que “tout le monde connaît ce truc“, et ils auront peut être raison. Il n’empêche que jusqu’à ce matin, nous ne connaissions de Hell W10 que quelques images, et un vague résumé du pitch. Du coup, comme nos petits camarades de Dangerous Minds ont eu la bonne idée d’en agréger les différents bouts déjà présents sur le Net pour en tirer une version complète tout à fait potable, nous nous sommes dit que nous n’avions aucune raison de ne pas vous en faire profiter.
Pour ceux qui n’auraient pas eu vent de la chose, voilà l’histoire. En 1983, Joe Strummer décide de se lancer dans un projet pour le moins étonnant: un film (enfin, un moyen-métrage pour être exact) de gangsters muet. Du coup, il recrute ses petits camarades Paul Simonon et Mick Jones, et accouche de cette bizarrerie qu’est Hell W10.