Autant vous le dire tout de suite, Adrien Durand, moitié du duo Trésors, partage les bureaux de The Drone pour mener à bien ses activités de bookeur. Dès lors, vous devez vous demander comment on va pouvoir parler de la musique de Trésors tout en gardant notre esprit critique acéré et notre côte "à nous, on ne nous la fait pas" que vous adorez tant. Si si, vous adorez ça. Eh bien on vous répondra qui si la musique est bien, elle est bien, rintintin. Et on va te les streamer mon gars, ces remixes dubstepo-electronico-noiseux de Pleine Lune, single issu du premier album du duo parisien, Missionnaires.
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Steve Moore
".Trésors: Pleine Lune (Remixes)
louis vial
Steve Moore : Horror Business (Update)
louis vial
Après une année 2012 riche en sorties qui n'auront cessé de faire le faire grimper dans l'estime des nerds (dont nous sommes) et qui le suivent avec dévotion, le toujours super prolifique et toujours obsessionel Steve Moore continue de pisser du synthscape Goblin-esque et vrombissant et réédite lui-même des inédits dénichés dans son grenier.
Ceux qui adulent ses b.o. sous le nom de Gianni Rossi seront donc aux anges d’apprendre qu’il va sortir en vinyle, tout spécialement pour le Record Store day et sur le label Light In The Attic, une vraie musique de film réalisée en 2005 pour un documentaire de Christopher P. Garenato sur les réalisateurs de séries B d’horreur, Horror Business (c’est ce qu’on appelle avoir de l’à propos).
Mise en abyme oblige, ces onze miniatures pseudo symphoniques mais remarquablement attifées, ambiance Cinecittà en carton, ont l’air de sortir tout droit d’un vrai giallo poucrave réalisé par un second couteau, mais comme (presque) à chaque fois, on marche à fond. On ne retire donc pas notre mandat d’arrêt pour tous les wannabe Carpenter de la Terre, mais on renouvelle la dérogation pour le sieur Moore.
Steve Moore: Tyken's Rift
Olivier Lamm
On ne vous lâche pas la grappe avec Steve Moore. Le Zombi à gauche de la scène a beau enchaîner les cassettes, les maxis et les side-projects avec une pléthore suspecte (entre les opus et les remixes signés de son nom ou ceux de Gianni Rossi et Lovelock et les collabos au long cours avec Titan, Miracle et Zombi, le décompte file un méchant tournis), tout reste au mieux précieux, au pire sacrément distingué.
Une petite année après un hommage plein pot et plutôt possédé à notre auguste JMJ national, il se fait un petit plaisir prog en rejoignant l'écurie Cuneiform (la dernière grande maison prog en activité) et en lâchant l'ordi et la sculpture à l'échelle de Planck dans le séquenceur. Les plages de Light Echoes ont été enregistrées en deux prises maximum, généralement en une seule, en se perdant doucement dans les matières et les boutons de quelques vieux synthés américains branchés les uns dans les autres. Et ce qui sort a beau toujours parler du futur avec effroi, on s'approche vraiment de la zone de confort ultime de l'alt kid mélomane du 30 août 2012.
Lovelock : Burning Feeling
Olivier Lamm
Lovelock, c'est un peu l'exutoire salace de Steve Moore, le coup de zoom sur cet endroit longtemps secret de son cerveau où notre prog head notoire pour son fétichisme aigu pour John Carpenter, Goblin et les synthétiseurs analogiques américains caresse des culs de déesse en même temps que les souvenirs les moins avouables de sa jeunesse sonique: l'italo disco vraiment crado, le disco funk qu'écoutait votre cousin de Caen et les génériques metal FM synthétiques de séries télé signés Jan Hammer ou Mike Post. J'espère que les allergiques au Grand Revival Permanent incrustré dans toutes les fibres de notre temps ont déjà quitté la pièce, parce que la nostalgie de Moore est, à l'instar de celles d'Ed DMX de DMX Krew ou Alden Tyrell, du genre coriace et concentré.