Le maître et l'élève, suite.
14.05.2013,
Clément Ibagne
Souvenez vous, il y a quelque mois on vous parlait de cette collaboration technoïde entre le jeune pousse Blawan et le vénérable Surgeon avec Trade, où l'apprenti rencontrait le maître dans un obscur maelstrom de beats tapageurs et de distinction. Eh bien, Zeitgeber c'est un peu la même chose et en high level: Lucy, boss de Stroboscopic Artefact, qui s'acoquine avec Speedy J, vétéran des années 90.
Grand trublion techno, contemporain d'Unit Moebius, depuis le début des années 90 et ses premières sortie chez Plus 8 ou Warp, le Hollandais n'a jamais quitté son petit bonhomme de chemin, précédé pas mal de modes et surtout bousculé plusieurs fois ses propres petites habitudes. La première fois, c'était en 1997, avec Public Energy No
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Réédition magique d'un classique de l'an 2002.
07.05.2013,
Olivier Lamm
Internet est en train de nous rendre chèvres. A la moindre explosion, à la moindre réédition fabuleuse, le Détective à 1000 têtes reprend du service pour nous perdre dans un labyrinthe de doutes. Et le pire c'est qu'on ne doute plus parce qu'on devrait, mais juste parce qu'on peut.
Les attentats de Boston sont un coup monté pour décridibiliser les gens du Tea Party. L'inédit dingue d'Iueke dont on vous parlait la semaine dernière n'a pas vraiment été enregistré en 1992. Cette page discogs du maxi de 2002 où figure la version originale du "Two" de Mark Broom est un fake ourdi par Token, le petit label belge qui fait semblait de le rééditer et qui en veut à votre porte-monnaie. Tout le monde sait bien qu'en 1992 et en 2002, les producteurs techno étaient une bande de singes primitifs tout juste capables de percuter des gros silex ensemble pour faire des gros beats à danser défoncés aux TAZ (rien à voir avec votre MDMA moderne, Mademoiselle). Et Mark Broom, AKA le seul mec au monde à avoir osé sortir un album de minimal titré Acid House n'est pas ce génie industrieux qui, avec à peu près 300 sorties à son actif dont une grosse pile en collaboration avec Baby Ford, Dave Hill ou Plaid, a révolutionné la musique électronique anglaise à tout jamais. Non.
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Si t'en reveux y'en re n'a.
30.04.2013,
Olivier Lamm
Quand Quentin Zaltan a révélé au Monde de 2012 l'existence des faramineuses Tapes de jeunesse du digger Gwen Jamois, on les a justement trouvées si faramineuses qu'on accordait un peu du mérite du miracle au travail de tri et d'editing effectué par le boss d'Antinote, oreille attentive et exercée s'il en est. Surtout, on pensait la source miraculeuse tarie pour de bon. On se trompait! Malin, Zaltan restait mystérieux sur la suite et à l'écoute d'Alecot, ouroboros techno de presque 22 minutes mais qu'on n'aurait aucun regret à entendre durer 40 de plus.
Reconnaissons tout de même pour faire notre travail critique que l'effarement est un chouilla moindre: quand les premières Tapes lorgnaient avec trois ou quatre ans d'avance sur les travaux grinçant et novateurs de Speedy J, Mark Broom ou Cristian Vogel, cet "Alecot" de 1992 (1992!) évoque plus "sobrement" un prolongement des minimalistes de Detroit ou, un an à l'avance, les premiers Basic Channel, ceux qui faisaient mine de vous bastonner la gueule avant de vous perdre dans le maelstrom. Les gens de Juno décryptent du pre-Actress dans les matières et les patterns des percussions, on y entend aussi du pré Villalobos pour les effets produits et l'entêtement.
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La techno selon Errorsmith et Fiedel, hardcore, brillante, débile profonde.
25.04.2013,
Olivier Lamm
Question qui fâche du jour: MMM méritent-ils vraiment la hype démesurée qui entoure systématiquement les sorties de leurs maxis? Parce qu'on parle tout de même de deux Allemands quarantenaires tout frêles, aux cheveux poivres et sel, dont le premier (Fiedel) a un seul maxi solo à son actif en quinze ans de carrière et le deuxième (Erik Wiegand) est certes un poil plus productif (voir son oeuvre démoniaque en solo et ses disques avec Soundhack) mais est avant tout un informaticien qui mixe avec un crayon virtuel et une palette graphique. Pourquoi donc la house, la vraie, avec son cortège d'oiseaux sexy et de ghetto credibility, aurait-elle choisie ces deux clampins teutons pour s'incarner un peu plus fort qu'ailleurs?
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Actress dans ta galerie d'art.
17.04.2013,
Olivier Lamm
Plus le temps passe et plus sa street cred gonfle sur les réseaux, moins Darren Cunningham ne semble avoir quelque chose à carrer de la dance music. Promis comme un retour aux sources UK Garage, son dernier maxi par exemple (le bien titré Silver Cloud) ressemblait plus à la longue agonie d'un disque dur PCMCIA qu'à un banger de two-step futuriste.
Un peu plus près encore d'un drip de pigment sur une toile de Pollock dans une galerie de l'Est End, il remixe aujourd'hui l'une des plages de l'étrange Luftbobler du plasticien Dinos Chapman (moitié des controversés Chapman Brothers, notamment connus pour avoir "parasité" des aquarelles supposément peintes par Hitler dans une expo de 2008) et c'est encore un peu plus pire et encore un peu plus fascinant.
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Encore un label branché techno et habits noir. Mais promis ça n'a rien à voir avec Gesaffelstein.
11.04.2013,
Clément Ibagne
Décidément la techno n'en finit pas de s'habiller en noir. Encore quelques mois et quelques sorties et on pourra même parler de Génération avec un grand G : l'idéal sombre qui nourrissait nouvelles et autres « histoires extraordinaires » d'Edgar Allan Poe et des autres chantres du romantisme noir semble avoir envahi les esprits et la techno comme asservie par le bruit: ça tabasse sombre, ça tabasse lugubre, ça tabasse même brutal pour le plaisir d'être brutal, comme s'il fallait purger dix ans d'hégémonie de tech house sans âme, de minimale tout juste décorative et de musique électronique pour pub de produits laitiers. Comme si la techno devait enfin reprendre ses droits, aussi, revenir à son Eden ou au moins souiller, profaner et violenter ce qu'il reste de toute ces choses inommables qu'elle a engendré.
La tendance, dont on ne cesse de parler chez The Drone, continue en tout cas de s'étendre et de se reconfigurer et ça nous plaît : il faut assister à l'une des soirées In Paradisum où les fluokids d'hiers (d'abord attirés par le passé de Mondkopf) investissent le dancefloor comme autant de néo-satanistes venus célébrer le sabbat au moment de l'eucharistie dominicale.
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Idéal pour rêver à l'hiver au milieu de l'été, quand l'été sera arrivé.
01.04.2013,
Olivier Lamm
Gros regain d'activités dans le camp des diggers de noir de Demdike Stare! En deux mois, on a eu droit à un beau mix mystère sur cassette noire qui commence avec la 23ème plus belle b.o. de Morricone, un maxi dark jungle complètement pété et nonchalamment titré "Test Pressings" et donc cet inattendu Faint Hearted ("petite nature"), premier album de Miles Whittaker en solo et sous son nom après dix ans de discographie sous couvert (MLZ, Millie, Suum Cuique ou avec Gary Howell dans l'étrange Pendle Coven).
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Legowelt à la plage, Legowelt dans son studio, Legowelt à la salle de jeux d'arcade.
29.03.2013,
louis vial
On s'inquiétait: Legowelt n'avait rien produit de nouveau depuis presque trois mois. Ok, il a tourné, fait tout plein de mixes, mais comme il nous avait habitué à une sur-productivité jouissive et surtout unique malgré la prolifération des musiciens hyperactifs, on commençait à sérieusement se demander si Danny Wolfers ne s'était pas fait cambrioler son studio, ou un autre drame du genre. Vous pouvez donc imaginer notre soulagement quand on a vu que le producteur batave était toujours bien inspiré au milieu de tous ses vieux synthés d'amour, et qu'il avait même enregistré un nouveau morceau destiné à finir sur une petite cassette audio et à être partagé gratuitement sur l'internet.
.1
Legowelt
Cruise Till The Sun Shines
00:05:23
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Un seul être vous manque...
26.03.2013,
Olivier Lamm
S'il y a un musicien qui manque au temps présent, c'est bien James Holden. Cas rarissime (limite pathologique) de musicien-créateur-rétenteur, le boss de Border Community n'en fait qu'à sa tête face "aux disques qui n'ont pas besoin d'exister parce qu'ils existent déjà en partie ailleurs" (dixit cette notule) et à la nouvelle norme de la musique-électronique-sur-Internet où 2 mois de silence équivalent à une mort clinique. Du coup il produit peu, très peu, et c'est très frustrant parce qu'il produit bien, très bien. Outre son silence relatif de ces dernières années, la meilleure preuve en reste son seul et unique et tout riquiqui album de 2006 qui était si chiche en viande que certain hurlent encore à l'arnaque. Si seulement ces foutues 38 minutes de musique n'étaient pas si foutrement bonnes, si seulement elles ne mettaient pas tant de musique pas mal à l'amende, on aurait hurlé itou et on aurait laissé James Alexander Goodale Holden à l'histoire et aux 385 remixes trance-y progressive-esque qui l'ont fait connaître et je parie que le Monde ne s'en serait pas si mal porté. Mais voilà, elles étaient bonnes, ces 38 minutes, elles le sont toujours 7 ans après, et la progéniture (Nathan Fake, Luke Abbott, Fairmont...) a beau redoubler d'efforts pour tenir la boutique depuis, on crie famine.
.1
Holden
Gone Feral (41BC)
00:06:22
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La techno monotone de 1992 est-elle encore de la techno monotone en 2013?
25.03.2013,
Olivier Lamm
Vous vous rappelez des Tapes de Iueke, ces tracks dingues de techno grinçante sorties du placard par Quentin "Zaltan" Vandewalle en janvier dernier pour inaugurer son Antinote de label? Enregistrées pour de vrai à l'orée des années 90, elles semblaient tellement proches des considérations esthétiques de notre temps qu'on humait presque le canular.
Dans le cas de Ü, c'est presque la même histoire: une soi disant excavation qui résonne trop fort avec l'esprit du temps pour avoir l'air honnête. Ne serait-ce la page discogs de Börft Records et le vague souvenir que j'ai d'avoir lu le nom du label dans un numéro d'Octopus en l'an 2000, j'aurais sans doute conclu à une nouvelle fiction ourdie par les gens de Digitalis, coutumiers du fait (cf. le superbe album du pseudo océanographe Jürgen Müller, supposément "redécouvert" il y a deux ans avec la belle histoire pour enrober).
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