Les mecs sont malins. Ils ont un morceau avec le mot "miroir" dans le titre à mettre en images, alors ils remontent direct à la source de la source des belles images avec des miroirs dedans.
Moment iconique du film noir en général et du cinéma d'Orson Welles en particulier, la scène finale de La Dame de Shanghai a tellement essaimé dans le cinéma et dans nos têtes que les remonter chichement dans iMovies a quelque chose du sacrilège obscurantiste (pour une raison que je ne m'explique pas, j'ai cette case en tête tirée de Superdupont dans laquelle Bruce Lee porte le coup de grâce au super-héros de Gotlib et Lob héros en versant des glaçons dans son ballon de Pomerol).
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".Julio Bashmore / Kowton: Mirror Song
Olivier Lamm
Xosar: The Calling
Olivier Lamm
Suite des aventures étranges et réjouissantes de la charmante Xosar, qui n'en finit pas de nous étonner par sa faculté surnaturelle à faire de la bonne house vintage et des âneries. Son quatrième maxi solo sous le bras, la BFF de Legowelt a surtout passé ses deux ou trois derniers weekends à bricoler un clip pour "The Calling". Une fois de plus c'est aussi zarbi qu'irresistible.
Discodeine featuring Kevin Parker: Aydin
Olivier Lamm
Ce n'est pas encore aujourd'hui qu'on va arriver à passer une pancarte autour des cous des gars de Discodeine. Adeptes sur leur premier long d'un compactage élégant mais inexplicable de disco house ralentie et d'électronique de pointe, Morando et Pilooski passent un cap supplémentaire avec "Aydin".
Mais qu'y entend-on de si étrange pour qu'on s'en étonne? Beaucoup de trucs jamais entendus ensemble, en fait: des cordes à la Jean-Claude Vannier, un gimmick oriental qui ondule entre deux tonalités, une guitare surf et la voix de Kevin Parker de Tame Impala. Au bout surtout, c'est une vraie chanson comme on en avait pas entendue bricolée par Morando depuis le "Hey Bonus" d'Octet (ici, un classique).
Ceephax: National Grid
Olivier Lamm
On s'extasiait il y a deux mois sur le très, très beau "Cro Magnox" de Ceephax, premier extrait éponyme de son nouveau triple LP pour le label belge Weme. Et deux mois plus tard, on trouve qu'on avait raison: Cro Magnox est non seulement le meilleur album de Ceephax à ce jour (en comptant les K7, il y en a eu 14 depuis 1999) mais le meilleur album de musique électronique anglaise de ces derniers mois.
Vraisemblablement, tout ce dont Andy Jenkinson avait besoin pour prendre de la hauteur et avancer dans son art, c'était donc d'un peu de profondeur de champ pour projeter les paysages en 3D fil de fer qu'il a dans la tête. Véritable "bande-son de film imaginaire" comme plus personne n'ose encore en faire (enfin, presque plus personne), Cro-Magnox nous balade dans ces paysages VHS-post-retro-futuristes de carte postale vintage qu'on n'en peut déjà plus de revoir mais pile à la bonne distance, à mi-chemin entre la sincérité du nerd sincère et la nonchalance du bon gros wanker. Bingo, ses p'tites conneries IDM acid-rephlex millésimées prennent des teintes inédites et la somme de leurs parties et mélodies fait le disque d'electronica le plus épais et le plus long en bouche qu'on a entendu depuis un bon moment.
The Soft Moon: Want
Olivier Lamm
On aime bien The Soft Moon. On aime même beaucoup The Soft Moon. On vous a passé leur dernier disque dans le poste et on l'a sélectionné dans notre Toplist de l'année passée. Les rythmes jouées sur des plaques de tôles, les bras lacérés avec un bic, les breteastonellisseries sous le soleil de Californie, on a tout acheté en bloc, on a mis les pouces en l'air, on a dit "roulez jeunesse".
Mais faut-pas-pousser-mémé. J'ai maté le clip de "Want", là. C'est un remake de "Smack My Bitch Up" par Romain Gavras et Darren Aronofsky. Ça craint un max. La caméra subjective, les gros plans et les inserts de bacilles à la Requiem for a Dream, le gars encapuchonné de dos et en contre-plongée, le glaviot sur le pare-brise de la voiture, les lignes de coke et le shot de vodka, le tag caliméro sur le mur qui dit "what's wrong with me": tout ça c'est interdit dans l'absolu alors réuni dans un clip pour illustrer une chanson tribalo-misérabiliste? Ça va pas la tête?
PS: Comme on est pas rancunier, on viendra quand même te voir habillés en noir le 15 avril prochain au Trabendo.
Colin Stetson: In Mirrors / And In Truth
Marlène Boutevin
Joli dyptique hivernal (qui tombe certes un peu mal sur nos nerfs, mais le réalisateur pouvait pas savoir) pour présenter le gros morceau New History Warfare Vol. 3: To see More Light par les deux bouts de son ambition démesurée.
On vous en parlait à l'occasion du leak du rêche et cathartique "High Above A Grey Green Sea", le saxophoniste le plus ahurissant des années 2010 envisage son troisième opus (sortie le 30 de ce mois, notez le dans vos carnets) comme une conclusion. Il fallait donc que tout y soit dit, que les épisodes précédents y soit résumés, qu'il ressemble à un univers. On y reviendra bientôt en détails et en vidéo, mais on peut d'ores et déjà écrire "dont acte".
Dro Carey: Casanova Breakneck
louis vial
Parmi les bidouilleurs à succès d'estime de la nébuleuse Trilogy Tapes/Hinge Finger, on compte Dro Carey, jeune australien fan de la chanteuse à forte poitrine à qui il doit son sobriquet, et capable de produire à peu près toute les musiques qui se composent en home studio. De la post-dubstep néo-burial à l'avant-house intello-craquelante qu'il façonne sous le nom de Tuff Sherm, Dro Carey a (presque) tout essayé depuis le début de son encore jeunette mais prestigieuse carrière puisqu'il a déjà signé sur Ramp (FaltyDL, SBTRKT, Computer Jay) et donc, si vous suivez, sur le label de Will Bankhead, The Trilogy Tapes.
Death Grips: Lock Your Doors
Olivier Lamm
Salut Internet! T'en as fini avec Death Grips ou pas? Les clips déglingo tournés à la webcam ça te plaît encore? Et les bruits de ta vie sur ton ordinateur en boucle dans un morceau de noise-rap-qu'en-fait-est-pas-du-rap? Nan? T'es passé à autre chose? Les doigts d'honneur, la déconstruction de la rébellion et les gros zizis sur les pochettes de disques virtuelles ça te fait plus rire, même au deuxième degré? Et au troisième? Non plus? T'es passé à autre chose? T'attends juste la prochaine mixtape de Jeremih et le remix de Phoenix par Disclosure?
Dean Blunt: X-Tasy
Olivier Lamm
Pour Dean Blunt, moitié des raisonnablement hypés et, à mon goût, pas assez controversés Hype Williams, la très fine limite entre brillante remise en cause de nos habitudes de bouffeurs de pop et foutage de gueule n'est pas un sujet de questionnement, c'est une raison d'être. Ainsi depuis le temps qu'il sort des trucs avec Hype Williams ou en solo (notamment sur Hyperdub, c'est pas rien) et qu'on l'invite à faire des machins dans les gros centres d'art contemporain, je n'ai toujours pas réussi à me faire mon avis sur ses petits bidules lofi, collages désincarnés et quasi-chansons presque-belles-mais-pas-tout-à-fait-quand-même.
The Death Set: I Miss You Beau Velasco
louis vial
Mars 2011: Johnny Siera, leader du Death Set, nous confie à quel point la route a été sinueuse et jonchée de nids-de-poule pour son groupe d'electro-punk hystérique (c'est ainsi qu'on s'est toujours plu à qualifier leur musique). A l'époque, les trublions sortent d'une période difficile faite de visas américains trafiqués et d'un album (Michel Poiccard) accouché dans la douleur et les larmes provoquées par la perte de leur meilleur pote et membre fondateur Beau Velasco. On y compte d'ailleurs un morceau explicitement dédié au regretté guitariste, I Miss You Beau Velasco, pour lequel le groupe australien basé à Brooklyn vient de sortir un clip réunissant tout plein de proches du bonhomme en guise d'ultime hommage.