L’histoire est presque trop belle pour être vraie. En 1973, Jiri Kantor, un millionnaire tchécoslovaque, a l’idée subite de créer une communauté d’artistes, unis par les expérimentations musicales électroniques et le goût pour l’architecture moderne, au beau milieu de la forêt de Bialowieska, en Pologne. Baptisée The Endless House, la tentative utopique ne fonctionne pas du tout et s’arrête au bout de six semaines. Aujourd’hui, le label anglais Dramatic Records a décidé d’exhumer les traces de cette aventure avortée pour en tirer une compilation.
Les résidents devaient se produire en public tous les trois ou quatre jours, le reste du temps étant dévolu à la composition, dans des studios richement agrémentés en synthés à modulation tous neufs et autres accessoires luxueux. Toute cette petite bande vivait ensemble, dans la drôle de maison pointue que vous pouvez admirer ci-dessus.
Voilà pour la version officielle. On en pense ce que l’on veut – Jiri Kantor a donné quelques interviews (jamais en vis-à-vis, bizarrement) où il assure que tout cela est véridique – mais ça ressemble tout de même beaucoup à un énorme canular. D’autant plus que les titres de ladite compilation de Dramatic sonnent certes un peu vintage, mais pas nécessairement totalement d’époque. On pourra toujours objecter que l’ensemble a été remixé, remasterisé et un poil dopé niveau basses, mais bon…
Cela dit, que l’histoire soit bidon ou pas, cela n’enlève rien à la qualité de cet étrange objet musical. La preuve avec six extraits, à écouter ci-dessous et à télécharger juste après le player. Par ailleurs, nos camarades de FACT avaient eu la bonne idée de commander un mix hommage à la Endless House aux têtes pensantes de Dramatic, que vous trouverez ici.
Johannus Arpensium – Ostend (Invisible Cities)
Walter Schnaffs – I am Germany
Rasmus Folk – Pavel
Rasmus Folk – Coupé
Klaus Pinter – Soul Flipper PART 2
Klaus Pinter – Bewussseinweiterung
En pleine période de révolution dans le monde arabe, on aurait pu penser que Danny et Tiffany Preston auraient, pour leur deuxième album, poussé plus loin leur concept d’electro bledarde, directement inspirée d’Omar Souleymane. Ca aurait pu être la b.o parfaite du renversement d’un bon vieux dictateur, mais 
