Zola Jesus: Sea Talk

Dans sa tête, c'est Twin Peaks, ça s'entend et ça se voit.

le 09 septembre 2010, par Thomas Rozec

Depuis quelques années, on emploie à tort et à travers le terme “lynchéen” – ou “lynchien”, les deux étant de toute façon des néologismes dégueulasses, on fait comme on veut – pour qualifier films, séries, disques, peintures…

Bref, tout ce que le monde de l’art peut produire et qui aurait le malheur de rappeler un tant soi peu les ambiances de David Lynch.

Certains y verrons la marque de l’influence majeure et multiple d’un créateur unique, d’autres celle du manque patent d’imagination des journalistes, qui se contentent de balancer les mêmes deux-trois références un peu classes à longueur de papiers.

Pour le coup, The Drone va se tirer un obus de mortier dans le pied, puisqu’après cette belle diatribe contre notre profession, nous allons, nous aussi, employer le terme “lynchéen”.

Mais comme on est plus malins que les autres, ce sera à la fois en pleine connaissance de cause, et totalement justifié, car nous allons nous en servir pour qualifier le travail de Zola Jesus.

Cette jeune fille du Midwest – du Wisconsin, pour être précis – excite de plus en plus le monde de l’indie, à coups d’EPs, puis d’albums, où elle mélange un peu d’indus, de new-wave, de goth et de pop.

Elle y balance, de plus, sa voix, qui fait parfois étrangement penser à celle de Karin Dreijer Andersson, alias Fever Ray (avec qui elle est d’ailleurs en tournée, et dont elle fait la première partie ce soir à l’Olympia).

Vous l’aurez compris, chez la petite Zola, l’ambiance est plutôt déglinguée, avec le papier-peint qui se barre, la mousse qui sort des fauteuils et tout ça.

Non contente de faire dans le mi-glauque mi-onirique – ce qui la rapproche déjà de Lynch -, elle s’est, de plus, fendue il y a quelque temps d’une reprise de “Lady in the radiator“, le fameux morceau qu’on entend dans Eraserhead.

Pour le coup, la filiation est indéniable, et c’est donc drapés d’une légitimité en béton armé que nous pouvons réaffirmer que Zola Jesus à quelque chose de “lynchéen”.

La preuve avec le clip de “Sea Talk”, tiré de son tout nouvel album “Stridulum II” – qu’on ne saurait que trop vous conseiller – et réalisé par Jacqueline Castel, déjà responsable des vidéos de Moon Duo et de Blank Dogs.

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